‹ Les Types de Bacilles Diphtériques: Valeur Thérapeutique Du Sérum Antidiphéritique AntimicrobienChapitre 9 sur 52 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Lorsqu'en moins de huit ans les travaux de Loeffler, Roux, Yersin, Behring et Kitasato, eurent amené la découverte du bacille diphtérique, élucidé le rôle de la toxine soluble dans la pathogénie de la diphtérie, permis l'immunisation du cheval et établi de façon indiscutable le pouvoir thérapeutique du sérum antitoxique, on put croire achevée l’étude du bacille et de la sérothérapie diphtériques ; et à juste titre, en effet, puisque depuis le Congrès de Budapest, tous les travaux parus sur ces questions ont à peine touché sur des détails l’œuvre de ces grands bactériologistes.

Peut-être même la solidité reconnue et l'aspect imposant de cette œuvre ont-ils détourné quelque temps les expérimentateurs de certains côtés secondaires de l'étude du bacille diphtérique.

Pendant des années, on semble hésiter à rechercher ou à admettre l'existence d'autres substances toxiques dans ce bacille que la toxine de Roux et

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Yersin, à se demander si le sérum de Roux n'avait pas d’autres propriétés que celle de neutraliser la toxine solubleet s’il n'était pas possible, par certains artifices de préparation, d’y développer ces propriétés adventices afin de les utiliser, soit au laboratoire, à résoudre des questions controversées telles que celle des rapports des bacilles dits vrais ou pseudo-diphtériques, soit en clinique, pour se rendre compte si de tels sérums n'avaient pas une valeur thérapeutique particulière.

Nous exposerons plus loin tous ces travaux ; mais dès maintenant nous ne pouvons omettre les noms de Nicolas, qui le premier constata les propriétés antimicrobiennes du sérum antidiphtérique et de Louis Martin qui précisa les conditions où elles prennent naissance et reconnut leur action sur les lésions locales chez le malade.

Depuis plusieurs années, nous nous sommes adonné à l’étude de l’agglutination du bacille.diphtérique.

Favorisé, sans doute, par les circonstances qui nous avaient placé dans un milieu où arrivaient des malades-contaminés en des lieux très divers et souvent fort éloignés les uns des autres, nous avons pu - reconnaître ainsi plusieurs types de bacilles diphtériques.

Il est actuellement à la mode, semble-t-il, de subdiviser à l'infini les espèces microbiennes. Après les typhiques et les paratyphiques, les divers dysentériques de Shiga, Flexner, Hiss, Strong, Sonne ; les méningocoques et paraméningocoques de Dopter ou

les méningocoques À, B, C, D, de Nicolle: les pneumocoques [, Il, III, IV, et les streptocoques multiples des bactériologistes de l’Institut Rockefeller ; après même les bacilles tétaniques I. IL. IL. IV. de Tulloch, voici une autre espèce réduite en morceaux.

En dehors de l'intérêt spéculatif du fait, il y a cependant une excuse valable à couper ainsi un microbe en quatre, fût-ce même en cinq ou six et elle réside en ceci, que lorsqu'on veut traiter une infection causée par un de ces microbes par un sérum antibactérien, sans s’astreindre à déterminer le type en cause chez chaque malade, le sérum doit être polyvalent.

Nous avons vérifié cette nécessité au cours d’une épidémie de diphtérie très grave qui sévissait dans la région lyonnaise et que nous avons suivie pendant près de deux ans, en expérimentant la valeur thérapeutique, chez l’homme, d’un sérum antidiphtérique à la fois antitoxique et antimicrobien, comparée à celle d’un sérum purement antitoxique.

Cette étude, dont nous exposerons les résultats, nous à montré la supériorité du sérum mixte, surtout en ce qui concerne les accidents très spéciaux de la diphtérie, que constituent les paralysies.

Mais avant d’aller plus loin, qu'il nous soit permis sinon de payer, au moins de déclarer nos dettes de reconnaissance.

Et tout d’abord à la mémoire de Jules Courmont, de qui nous garderons toujours le souvenir du

meilleur Maître qui fût, du « Patron » dans tout le Ë

noble sens littéral que devrait toujours garder ce mot.

Comme dans une famille dont il eût été le chef, il faisait naître tout naturellement autour de lui la confiance, l'affection, le dévouement ; si bien qu'à le voir de trop près, on pouvait parfois l’aimer avant de l’admirer. Depuis qu'il n’est plus, lPadmiration n’a fait que croître chaque jour.

Nous lui devons entre autres choses de nous avoir ouvert les portes du laboratoire d'hygiène de la Faculté de Médecine et de nous avoir confié le service des sérums de l'Institut bactériologigue de Lyon. De cela, et plus encore de son affectueuse bienveillance à notre égard, nous garderons le souvenir le plus profond.

Au cours du dernier entretien que nous avons eu avec lui, quelques heures avant qu'il ne disparüt, nous avions pu lui exposer les idées directrices de ce travail; nous sommes heureux de le dédier à sa mémoire.

Notre Maître, le Professeur Paul Courmont, nous a permis de poursuivre, tant au Laboratoire d'Hygiène de la Faculté de Médecine, qu’à l'Institut Bactériologique de, Lyon, nos recherches de laboratoire et limmunisation de nos animaux producteurs de sérum ; non content de s'intéresser à nos travaux, il nous a, donné à de nombreuses reprises les marques de la plus grande bienveillance, et nous sommes heureux de lui témoigner ici notre reconnaissance et notre attachement.

Messieurs les Docteurs Levrat, Péhu, médecin

des Hôpitaux, le professeur Mouriquand, ont bien voulu nous autoriser à employer les différents sérums au traitement des malades du Service des Diphtériques de la Charité de Lyon, soit pendant que nous avions l'honneur d’être leur interne, soit après que nous eùmes quitté ce service. Nous leur en adressons l’expression de toute notre gratitude.

Enfin, nous sommes heureux de remercier ici M. Douglas Flattery, à la libéralité duquel nous avons dû de pouvoir continuer plus facilement notre travail.

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