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DÉVELOPPEMENT DE L INDUSTRIE AMERICAINE

Comment, dès lors, estimer la valeur vraie, la valeur nette si Ton préfère, des objets fabriqués? Aux Census de 1870, 1880 et 1890, on avait essayé d'obtenir quelque chose d'approchant, en déduisant de la valeur des produits manufacturés la valeur totale des matériaux et matières premières employés par les diverses indusLi-ics, ce qui, pour 1890, avait donné 4 milliards 210 millions de dollars. Le Census de 1890 appelait ce dernier nombre valeur nette des produits manufacturés; mais cette valeur apparaissait comme inférieure àcelle des matières premières qui avaient servi à les faire, ce qui était, comme dit le rapport sur le Census de 1900, « une absurdité statistique ».

En réalité, ce qu'on obtient en déduisant ainsi, de la valeur des objets manufacturés, la valeur de tous les matériaux employés, ce n'est pas la valeur nette des produits, c'est simplement la valeur qui a été ajoutée à ces matériaux par les manipulations industrielles auxquelles on les a soumises. Pour obtenir la véritable valeur nette, il faut y joindre la valeur que possèdent les matières premières lorsqu'elles sont tout à fait brutes, lorsqu'elles entrent pour la première fois dans un établissement industriel. Afin de pouvoir se livrer à cette évaluation, les bulletins du Census de 1900 ont divisé en deux classes les matériaux dont se sert un établissement industriel : 1** matières premières achetées à l'état brut (telles que le coton brut, la laine brut.e, la soie grège, les grains, les animaux, les minerais, etc.) ; 2° matériaux achetés à l'état partiellement manufacturé (telt' que le fer, l'acier, même la fonte brute, le bois équarri, la farine, les filés, les tissus, etc.). Les prix des matériaux de la deuxième catégorie se trouvent, d'autre part, portés sur les bulletins relatifs à d'autres établissements (qui leur ont fait subir leurs précédents degrés de

transformation) comme valeurs des produits de ces établissements. La somme totale de ces prix représente donc la somme des doubles emplois qui existent dans l'estimation de la valeur brute des objets fabriqués. Or, la valeur des matériaux partiellement manufacturés employés par l'industrie américaine en 1900 était de 4 milliards 634 millions de dollars; il en résulte que la valeur nette des produits s'obtient en retranchant ce chiffre de celui de 13 milliards 14 millions de dollars qui représente la valeur brute. Cette valeur nette des produits manufacturés américains serait ainsi de 8 milliards 370 millions de dollars ^

Elle peut se subdiviser, dit le Census, en 2 milliards 389 millions de dollars de matières premières proprement dites (non compris les matériaux partiellement manufacturés), 322 millions et demi dépensés pour le combustible et les transports, enfin 5 milliards 659 millions de dollars représentant la valeur ajoutée aux matières premières par les diverses transformations que leur a fait subir l'industrie.

Nous avons tenu à suivre le Census dans ce calcul, peut-être un peu aride, de la valeur nette des objets

1. Il est bien évident qu'il ne peut s'agir ici que de calculs approchés. Si l'on cherchait des précisions absolues on pourrait faire bien des objections à la méthode employée pour arriver à. déterminer cette valeur nette : d'abord, il est impossible d'établir une distinction absolue entre les matières premières tout à fait brutes et celles qui ont subi un commencement de transformation industrielle, puis lorsqu'on déduit de la valeur brute totale des produits, celle des matériaux partiellement manufacturés, comptés au prix où les ont payés ceux qui les transforment, on estime ceux-ci plus chers que ne les comptent ceux qui les ont fabriqués ; il conviendrait détenir compte des transports, des profits des intermédiaires, etc. Mais il ne faut pas demander à ces statistiques générales plus qu'elles ne peuvent donner, c'est-à-dire des approximations.

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