COMMERCE EXTÉRIEUR DES ÉTATS-UNIS DE 1880 À
(En millions de dollars.) Moyennes. ExpOTtations. Imporlalions. ToUL
Ce qui caractérise cette période jusqu'en 1899 iaclu-
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sivement, c'est la stagnation relative des importations qui dure presque depuis 1873, puisqu'on cette année elles s'étaient élevées à 642 millions de dollars et qu'en 1899 on les retrouve à 697 millions. Dans Tintervalle, cependant, elles étaient montées à 854 millions pour l'exercice 1 893 ; mais la formidable crise qui avait éclate cette année-là et avait tant diminué la puissance de consommation des Américains les avait fait vivement reculer ensuite. Les exportations, après avoir montré d'abord, elles aussi, de 1880 à 1890, une stagnation relative qui contrastait avec la grande expansion de la décade antérieure, avaient atteint 1 milliard 30 millions pour l'exercice 1892. Comprimées pendant la crise et revenues à 807 millions en 1895, elles se sont phénoménalement développées de 1896 h 1901. Depuis lors, on les a vues, de nouveau, rester stationnaires, fléchir même un peu, tandis que, sous l'influence de la richesse publique très fortement accrue, les importations ont commencé de réaugmenter à leur tour à partir de 1899 et ont atteint, pour 1902 et 1903, des niveaux plus élevés que jamais. Même en tenant compte de ce tout récent mouvement de hausse, l'accroissement des importations reste depuis vingt-cinq ans sensiblement inférieur à celui des exportations.
Pays exportateur avant tout, les Etats-Unis se distinguent ainsi des grandes et anciennes nations commerciales de l'Europe : l'Angleterre, la France, môme l'Allemagne qui, jeune par rapport à ses voisins de l'Ouest, est déjà mûre si on la compare aux États-Unis. Ces contrées européennes qui ont beaucoup de capitaux, qui doivent très peu h l'étranger, mais à qui l'étranger doit, au contraire, beaucoup, qui ont une population dense, à laquelle leur sol ne suffit pas h procurer la nourriture, achètent plus au dehors qu'elles ne vendent, et soldent
la différence avec une partie du revenu de leurs placements. Les États-Unis, qui ont encore de très fortes dettes vis-h-vis de l'Europe, sous forme d'obligations de chemins de fer et môme de dettes hypothécaires, qui n'ont presque pas de capitaux placés à l'extérieur parce qu'il leur a été plus avantageux jusqu'ici d'employer les leurs à la mise en valeur de leur territoire, s'acquittent des intérêts et réduisent même le principal de ces dettes par l'excédent de leurs exportations sur leurs importations. L'activité de la production agricole et industrielle est si considérable en Amérique que cet excédent régulier des exportations se maintiendra, sans aucun doute, très longtemps.
Quant au commerce de transit et de réexportation, qui joue un rôle si considérable en Angleterre, en Belgique, en Hollande, et qui ne manque pas d'importance même en France et en Allemagne, il est très faible aux États-Unis, ce qui s'explique par leur position géographique. Sur 1.420 millions de dollars de marchandises exportées en 1902, il se trouvait un peu moins de 28 millions de dollars d'articles étrangers, tout le reste, soit 1.392 millions de dollars, étant des produits indigènes. Encore ce chiffre de 28 millions de dollars de réexportation est-il le plus élevé qui ait jamais été atteint en aucune année, à l'exception de 1865, oii elles s'élevèrent à 29 millions.
Nous commencerons, ainsi qu'il est d'usage de le faire, l'analyse du commerce extérieur des États-Unis par les importations. Elles ont fort augmenté, on l'a vu, au cours de ces dernières années et cette hausse, coïncidant avec un développement extraordinaire de la production américaine, paraît montrer que le développement industriel des États-Unis, si menaçant qu'il puisse être pour l'Europe sur divers marchés, ne lui
enlèvera pas du moins leur marché propre. Bien au contraire, h mesure que leur richesse augmentera ils deviendront, pour le reste du monde, de meilleurs clients. Comme le disait très bien le Commercial and Financial Chronicle, de New-York, « chacun se trouvant prospère et gagnant de l'argent, les importations doivent nécessairement augmenter sur toute la ligne, aussi bien en ce qui concerne les articles de luxe, que les objets de première nécessité et les marchandises dont l'activité du commerce accroît la consommation ». Quand un peuple s'enrichit en produisant beaucoup, il achète de plus en plus au dehors, Texpérience universelle le prouve; la baisse qui peut se produire sur certains articles est compensée par l'apparition de nouveaux courants d'échange et, dans l'ensemble, l'importation s'accroît en se diversifiant.
Les statistiques des importations américaines les répartissent assez ingénieusement en cinq catégories, ce qui fait bien ressortir l'évolution qui s'est produite depuis vingt ans dans cette branche du commerce. Nous extrayons des tableaux publiés par les Monthly Summaries of Commerce and Finance of the United States les chiffres suivants :