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IMPORTATION AUX ÉTATS-UNIS DES PRINCIPALES MATIÈRES PREMIÈRES

(En millions de dollars.) 1880. 1890. 1000. 1901. 1902.

Fibres végétales 9.4 20.5 26.4 22.9 31.5

Soie brute 13.8 24.3 45.3 30.0 42.6

Caoutchouc et gulta .... 9.6 14.8 31.8 28.8 25.1

Peaux 30.0 21.9 57.9 48.2 58.0

Fourrures 2.5 2.2 6.6 6.3 9.8

Produits chimiques 41.4 41.6 54.7 53.5 57.0

Laine 23.7 15.3 20.3 12.5 17.7

Coton 0.6 1.4 8.0 6.8 12.2

Bois 8.4 13.5 15.8 15.6 20.3

Etain 6.2 6.9 19.1 19.8 19.5

Fer et acier bruts 27.0 8.1 5.5 3.8 10.0

On ne remarque de diminution depuis vingt ans que sur la laine et le fer ; pour la première, ceci est dû partie au tarif douanier, partie à l'augmentation des troupeaux ; pour le second, c'est le résultat de l'énorme développement de la puissance des hauts fourneaux américains ; en dehors des périodes d'activité tout à

fait extraordinaires, comme 1902, où la consommation de fer et d'acier a été telle que l'importation s'est relevée, il est clair que la production nationale doit maintenant suffire à la consommation. L'importance prise par les importations de coton dans le pays cotonnier par excellence est curieuse. Elle résulte de ce que l'industrie américaine s'est beaucoup diversifiée et se sert de coton d'Egypte pour la fabrication de certains articles fins. Il convient d'observer qu'en général, par suite de la baisse des prix, l'augmentation des quantités importées est plus forte que celle des valeurs. Il en est ainsi notamment de la soie, dont les importations ont passé de 3 millions et demi de livres (de 453 grammes) en 1880 à plus de 14 millions en 1902.

ïiCS articles d'alimentation importés aux États-Unis sont pour une très large part des denrées tropicales, à la production desquelles leur territoire ne se prête pas. Nous n'entrerons donc pas dans le détail des variations qu'ils ont subies depuis vingt ans et qui sont presque toujours dans le sens de l'augmentation. Signalons simplement les principaux : le sucre et les mélasses, 56 millions de dollars en 1902, chiffre anormalement bas, dû à l'attente de la détaxe des sucres cubains (en 1901, ces importations s'élevaient à 91 millions, ce qui est normal) ; le café, 71 millions de dollars ; le thé, 9 millions, en décroissance presque constante depuis 1875 ; le cacao et le chocolat, 7 millions ; les fruits, 21 millions de dollars , les légumes (primeurs des Bermudes et des Antilles), 7 millions. Deux articles intéressent particulièrement la France : les vins, 9 millions de dollars, en progrès sur 1894, mais en recul sur 1892 et 1893 où ils avaient atteint 10 millions; et les spiritueux, 4 millions et demi, en progrès constant (3 millions seulement en 1892).

Quant aux articles manufacturés, le développement de rindustrie n'en ralentit pas l'importation, nous l'avons observé déjà. Parmi les textiles, qui sont les principaux, les cotonnades étaient importées, en 1892, à raison de 28 millions de dollars; en 1902, à raisoD de 44 millions; en 1903, de 52 millions. Les soieries entraient pour 31 millions de dollars en 1892, pour 32 millions et demi en 1902, pour 36 millions (dont 16 millions de France) en 1903 ; ici, il y a évidemment moins de progrès à cause de l'immense développement pris par l'industrie américaine de la soie. Pour les lainages seuls, on observait une chute profonde, 38 millions et demi en 1892 et 19 millions seulement en 1903; et cependant l'industrie de la laine a moins progressé en Amérique que les autres industries textiles : le recul est donc dû plutôt à un affaiblissement relatif de la consommation. Pour les cuirs, les chiffres ont peu varié : 13 millions en 1892, 11 millions en 1902 et 1903. Parmi les articles de luxe proprement dits, la joaillerie passe de 14 à 26 millions de dollars, la porcelaine reste stationnaire aux environs de 9 millions. Ces résultats permettent d'espérer que, sauf en temps de crise, les États-Unis resteront un grand marché pour l'industrie européenne, ce qui est une perspective rassurante.

L'influence vraiment redoutable pour l'Europe du développement de la puissance économique du Nouveau-Monde se manifeste par l'accroissement très rapide des exportations, qui est le trait le plus saillant du commerce extérieur des Etats-Unis pendant les dernières années du xix® siècle. 11 n'est d'ailleurs que la conséquence des progrès extraordinaires de la puissance de production du pays. On sait quelles alarmes a suscitées en Europe, durant les années 1900 et 1901 surtout, (( l'invasion américaine » ; le Vieux-Monde s'est

VU sur le point d'être envahi par les produits deTindustrie du Nouveau, comme il l'était depuis longtemps par ceux de son agriculture. Depuis, ces craintes se sont calmées à la suite du recul observé en 1902, et partiellement maintenu en 1903, dans les exportations des États-Unis. Nous aurons à examiner ce que signifie ce recul et si, de même qu'on avait été un peu prompt à prendre peur, on ne s'est pas trop vite rassuré ; mais il convient, d'abord, d'exposer les faits, et de voir quelles sont les principales denrées que l'Amérique vend au dehors.

De même que pour les importations, les statistiques américaines divisent les articles exportés en plusieurs grandes classes qui sont les produits agricoles, miniers, forestiers, des pêcheries, les articles divers et les produits manufacturés. Nous donnons ci-dessous ^ la part de ces diverses catégories dans l'importation totale, à diverses époques depuis 1880, en laissant de côté seulement les produits des pêcheries et les « articles divers » dont la valeur n'a jamais atteint 10 millions de dollars et qui, réunis, ne font pas plus de 1 p. 100 de l'ensemble des exportations américaines :

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