‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 99 · S1.—QUELQUES MOTS DE PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

S1.—QUELQUES MOTS DE PRÉAMBULE

7 N second tôme qui s’est fait un peu attendre en sera-t-il moins bien accueilli ? Il nous semble, | aimables lectrices, que nous pou- \vons facilement nous rassurer sur Jf] ce point, puisque c’est avec vous que nous comptons. Qui mieux que vous, sait qu'entre les Mig mains d’une religieuse, la plume 4" doit avoir de fréquentes heures de repos? De plus, les recherches # historiques dans le passé sont tou-

jours longues et difficiles, et trèssouvent infructueuses ; que de

temps l’on consüme à se rassurer sur l'exactitude

“ d’une date, d’un fait, d’un nom, d’un détail, qui marque et qui parle !”

Jusqu'à présent, nous n’avons rendu compte que des soixante et une premières années de l’établissement des Ursulines en ce pays. C'est là ce que nous aimons à appeler l’époque des Fondatrices, reconnaissant et honorant comme telles, non-seulement Mme. de la Peltrie, la Vén. Mère de l’'Incarnation, et ses deux premières compagnes ; mais encore les deux religieuses du Grand Couvent de Para, qui s’empressèrent de venir partager les misères de la fondation, et dont l’une prolongea sa laborieuse carrière jusqu’à l’année 1695. Aïnsi qu'on a pu le voir, ces véritables mères de notre famille cloîtrée, sont dignes de servir à jamais de modèles, à toutes les générations qui leur succèderont au Monastère, et voilà pourquoi nous sommes entrée dans un plus ample détail de leurs travaux et de leurs vertus. Maintenant, nous avons à démontrer succinctement que ce précieux héritage a été apprécié à sa valeur et fidèlement exploité, par celles que la Providence a choiïsies et amenées sur le vieux rocher de Québec, pour y poursuivre l’œuvre des premières Ursulines. Comme notre âme jouit d'avance des détaiis que nous pourrons offrir à {a piété de nos lectrices !

À l’année 1700 où nous nous sommes arrêtée, une supérieure canadienne gouvernait le Monastère. Désormais, la Nouvelle-France n’aura plus à recourir à lAncienne, pour recruter ses communautés de femmes; grâces aux vertus qu’il a emportées de la mèrepatrie, le Canada sera assez fort et assez religieux pour offrir au service de Dieu les enfants de ses premières familles. Parmi ces jeunes filles se trouveront encore de ces âmes énergiques, capables de s'élever à une

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sainteté éminente, et d: soutenir l'œuvre au milieu des orages du dix-huitième siècle.

Nous continuerons donc avec la même bonne volonté, ces récits intimes et familiers du cloître, n’avant d'autre ambition que îe tenir à la fidélité de ;’annaliste et à la naïvete qui convient au sujet.

Ce second tôme se partage encore naturellement en trois livres. Le premier s'étendra jusqu'à la Conquête.

En feuilletant de nouveau nos vieux manuscrits, nous nous sommes félicitée de ce que, sous le titre ‘‘ Les Ursulines de Québec,” il nous était permis d’initier nos lectrices à une foule de traditions qui, pour elles

comme pour nous, ne seront pas dépourvues de charmes.

Ces traditions diront aussi ce qu’est un cloître où l'on enseigne la jeunesse, et comment nos Mères ont entendu dans tous les temps leur séparation du monde, de ses distrac‘ions et de ses intérêts; comment elles ont su apprécier les hommes et les choses. On verra que les Ursulines de Québec, fidèles à l’esprit de la bienheureuse fondatrice de l'ordre, Ste. Angèle, ont pris à cœur de suivre les différentes phases par où passait le pays: c’est ainsi qu'elles se sont toujours trouvées en état de munir leurs élèves de leçons pr.iques, leçons d’autant plus efficaces que la jeune fille les reçoit dans un plus grand calme d'esprit, et au milieu d’une atmosphère qui ne peut que favoriser le développement de cette précieuse semence. Au reste, laissons aux faits le langage de l'évidence.

L'Histoire de notre Monastère continuera d’être “ intinement liée à l’histoire de la colonie,” et à démontrer, il nous semble, la justesse de ces remarques du R.

P. L'Hermite, déjà citées dans l’Introduction : ‘ L'histoire des Congrégations religieuses est une des parties les plus intéressantes de l’histoire de l'Eglise. Ces familles pieuses, composées de personnes travaillant aux mêmes œuvres et obéissant aux mêmes lois, ont une importance des plus marquées dans le monde catholique. Aussi, c’est un bonheur pour qui aime l'Eglise de parcourir les annales de ces divers corps religieux...Le cœur est à l'aise dans cette atmosphère de piété, l'esprit luimême gagne à cette lecture et recueille au passage mille détails historiques. C’est là un privilége du récit religieux. Il touche aux faits les plus instructifs, il est allié à tous les souvenirs et à tous les noms illustres de l'Histoire.”

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