‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 21 sur 99 · LA LA · texte numérisé non relu

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de faits ou d'événements. Non, c’est avant tout, et par dessus tout, un corps intelligent qui s'organise, puis se modifie avec les époques, perpétuant son œuvre en perpétuant les vertus dont les Fondatrices ont déposé le fécond et précieux germe, chacune exploitant ce trésor selon la mesure de sa grâce. Une Biographie dans le cas présent, c’est donc la mise en action d’une ou de plusieurs vertus spéciales, que telle sœur a été chargée par la Providence de perpétuer dans sa Communauté. Celle-ci a un don, celle-là en a un autre, selon le langage de l’Apôtre, mais tout vient du même Esprit et doit retourner à la gloire du même Maître.

Nous pensons que si l’on réunissait les générations, telles qu’elles se sont trouvées à vivre aux différentes périodes de cette Histoire, nous y découvririons un ensemble complet des plus belles vertus, dont chaque membre ressent l'influence et partage le mérite, d’après les priviléges mêmes de la vie de Communauté. Quel puissant encouragement ! Oui, nous l’avouons ingénument, cette pensée de l’avantage qui revient de la vie de communauté nous semble suffisante, pour décider promptement à un sacrifice entier et généreux de toute propriété personnelle : car, quelque bonne idée que l’on ait de soi-même, il faut convenir qu’il n’y a toujours qu’à gagner à l'échange.

Nous continuerons donc avec le même intérêt à faire connaissance avec nos Mères. Leurs noms ne diraient rien au cœur, s’il ne s’y rattachait quelque douce image des qualités et des vertus par lesquelles elles se sont rendues chères à leur saint Institut, dont le mot d'ordre se résume en ce peu de paroles : “ Ne jamais faillir à l'honneur de remplir, à l'égard des

jeunes filles qui leur sont confiées, l'office des bons Anges.”

Da fière Genebièbe Bourdon de St, Joseph, première Arsuline Canadienne,

On n’a pas oublié, sans doute, le charme dont s’est entouré le nom de Marie de St. Joseph, au commencement de cette Histoire. Nous sommes heureuses d'ouvrir sous un nom d’aussi bon augure, les Notices Biographiques de ce second tôme, les offrant en hommage au grand et spécial protecteur des vocations religieuses du Canada.

Comme l’ont vu nos lectrices, c'était sous ce nom béni que le Monastère donnait au ciel les prémices de ses vicrges, au printemps de 1652. L'été même qui suivait la mort de la bien-aimée Mère Marie de la Troche de St. Joseph, Mlle. Geneviève Bourdon entrait au noviciat, heureuse de s'emparer la première de ce nom vénéré, qui lui rappelât sans cesse les héroïques vertus d’une de ses saintes et bien chères maîtresses. Cette seconde Marie de St. Joseph fut aussi la première que la communauté députa vers le ciel au dix-huitième siècle.

“ Ayant été mise à nos classes dès l’âge de six ans, dit la notice de son décès, elle conserva toute sa vie le précieux trésor d’une innocence angélique, et une horreur de tout ce qui pouvait tant soit peu lui déplaire. Sa ferveur lui fit solliciter l’entrée du noviciat avec tant d'instance qu'on fut comme forcé de l'y admettre avant l’âge. ŒElle attendit six mois pour prendre le voile, et fit profession le 8 décembre 1654, n’ayant encore que seize ans, les règles permettant alors de faire les vœux à cet âge. À peine fut-elle professe qu’on la plaça aux classes, où elle travailla longtemps et avec succès, son zèle ne se lassant jamais.

“ Cette chère Mère a exercé tous les emplois de la religion, à la réserve de celui de supérieure, montant des plus bas au plus hauts, se montrant partout soigneuse, vigilante et ménagère, de soïte qu’en toute chose on pouvait se reposer sur elle. Sa parfaite obéissance ne pouvait souffrir même l’idée d’examiner les décisions des supérieures, et sa charité la portait à tout excuser dans les autres.

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4 La délicatesse de sa conscience et sa solide piété ne se démentirent jamais. Elle avait hérité de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation une tendre dévotion au Sacré Cœur de Jésus, et quelle ne fut pas sa consolation de voir avant sa mort, cette dévotion s'étendre dans le pays, la fête solennelle s'en étant faite pour la première fois cette année même où elle est décédée.

“Il y avait six mois que notre chère Mère Bourdon de $t, Joseph, remplissait la charge de maîtresse des novices, quand elle fut atteinte des maladies courantes. Le 6 décembre 1700, elle reçut les derniers sacrements, et nous ne pensions pas qu'elle pût vivre au-delà de deux ou trois jours, mais notre bon Dieu nous la conserva jusqu’au 13, où elle reçut pour la seconde fois le St. Viatique. Peu après cette divine visite, elle entra avec le calme et la douceur d’un enfant, dans le repos de la bienheureuse éternité.

“ Notre chère Mère Geneviève Bourdon, en religion Marie de St. Joseph, était la première Canadienne Ursuline, et la troisième professe de notre Communauté. Elle mourut dans la soixantetroisième année de son âge et la quarante-septième de sa profession religieuse.

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Da fière Marie Boutet de St, Martin, en Religion de St, Augustin,

La Mère Marie Boutet de St. Augustin était française de naissance, et originaire de la ville de Xaïintes. Sa famille étant venue s'établir en ce pays, la jeune Marie fut placée au pensionnat où elle eut le bonheur d’entendre, pendant deux ans, les ravissantes instructions de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation. Ayant achevé ses études, Mile. Boutet retourna auprès de ses parents, qui se félicitaient déjà de pouvoir produire avec avantage dans la société leur fille chérie. Ils étaient loin de penser que la charmante demoiselle eût dévancé leurs projets d'avenir, en s’assurant une place au noviciat des Ursulines. Bientôt cependant le pieux secret dut se révéler..….......Mme. Catherine des Champs de St, Martin ressentit un vif chagrin de la résolution de sa fille, et la soumit à une rude épreuve ; mais il fallut céder à la constance de

la fervente postulante et lui permettre de suivre son attrait pour la solitude. A l’âge de dix-sept ans elle était déjà enrolée, d’une manière permanente, sous la glorieuse bannière de te, Ursule.

Employée pendant de longues années à l’enseignement, la Mère St. Augustin eut l’heureux talent de faire aimer l'étude aux élèves qu'elle instruisait, et d'assurer par là leurs rapides progrès. Les dernières années de sa vie, elle devint sujette à de violents maux de tête, ct les Supérieures crurc: t devoir la retirer des classes ; mais cc soulagement lui causa une peine si sensible qu’il fallut pour la consoler, lui accorder au moins la permission de soigner dans leurs maladies les petites filles sauvages.

‘ Toute l'ambition de cette chère sœur, d' sa notice, se portait à suivre du plus près possible la vie cachée de son Sauveur ; jamais on ne la vit tant soit peu se mêler des oflices des autres, tant elle appliquait son attention à parfaitement remplir ce dont l'obéissance l'avait chargée. Elle se portait avec une joie ravissante aux emplois vils et laborieux, se faisant un plaisir de soulager nos sœurs converses dans les travaux Iles plus durs et les plus pénibles à la nature. Malgré ses infirmités elle a beaucoup aidé à notre Communauté, son amour pour le travail la rendant ingénieuse à utiliser tous ses moments. Sa grande bonté de cœur la portait à soulager par tous les moyens possibles les âmes souffrantes du purgatoire.”

“ Le soin de l’infirmerie et de l’apothicairerie lui ayant été donné, elle mourut dans l'exercice charitable de ces deux fonetions. On la voyait jour et nuit sur pied pendant la cruelle épidémie de 1701 ; elle voulut même céder à ses chères malades sa petite cellule afin de n'avoir plus d'autre lieu de repos que l'infirmerie même. Toute sa pensée se portait à adoucir les souffrances de ses sœurs, ne comptant pour rien ses propres incommodités. Enfin, accablée par la fièvre, elle dut consentir à se faire traiter par le médecin de la maison, M. Sarrazin. Il eut d’abord plein espoir de la guérir; mais le 8 janvier, sans qu'aucun symptôme alarmant se manifestât, elle fut suffoquée en un instant, Le confesseur de la Communauté, qui venait de la visiter, n'était encore qu’à la porte du Monastère ; on le rappelle en toute hâte,

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