‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 53 sur 99 · OS · texte numérisé non relu

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fit lui-même faire rénovation des vœux, et après le salut du $. $. nous chantâmes le Te Deum. Le baiser de paix ordinaire à ce jour se fit le soir au réfectoire sur la fin du souper. Pour surcroît de faveur, Mgr. vint le lendemain donner dans notre église les ordres mineurs à plusieurs jeunes ecclésiastiques.”

Nous voyons le fervent évêque répéter cette visite dans toutes les Communautés l’annéesuivante ; “ notre retraite commune se fit aussitôt après, M. de la Villangevin et M. Vallier nous donnant les méditations, et Mgr. les conférences.” Les termes manquent à l’annaliste, pour exprimer la consolation qui revenait de ces retraites générales, dont on avait été si longtemps privé.

En 1744, l'infatigable prélat faisait ici en même temps, et sa visite et la retraite, la Communauté s’y étant disposée trois Jours auparavant par la bénédiction du $. Sacrement.

Mgr. fit encore la visite des Communautés en 1754 et 56, “avec grande satisfaction de part et d’autre. ” Pendant les dix années d'intervalle, il n'avait diminué en rien sa sollicitude pour l'avancement spirituel de notre Monastère, puisqu'il y donnait lui-même, dans l'hiver de 1752, la retraite préparatoire au Jubilé, où la ferveur semble avoir été à son comble. Le saint évêque paraît avoir apporté une ardeur extraordinaire à perfectionner les Communautés religieuses et son clergé, auquel il donna aussi des retraites générales ; c'était sans doute le moyen le plus propre à entretenir dans tout le pays la primitive ferveur, dont on allait plus que jamais avoir besoin, dans ces jours d’épreuve où le Canadien devra lutter énergiquement pour la conservation de la Foi de ses pères.

Au reste, la vie de Mgr. de Pontbriand, pendant les dix-neuf années qu'il gouverna l'Eglise du Canada, ne

fut qu'une suite non interrompue de bonnes œuvres et de travaux, entrepris pour la gloire de Dieu et le salut du prochain. Voici les détails précieux que renferme à ce sujet une lettre écrite en 1752, par notre Mère Charlotte de Muy de Ste. Hélène. Cette lettre est adressée aux Diles, de Pontbriand, sœurs du digne évéque et religieuses visitandines en France, avec qui elle entretenait une correspondance suivie.

‘ Mesdames, Je commence par vous faire mon compliment sur la béatification de votre bienheureuse Fondatrice (1). Il y a longtemps que cette justice était due, à la vérité.

‘ Nous avons eu quelque lueur d’espérance qu’on voulait mettre la Vén. Mère Marie de l’Incarnation sur les rangs pour le même sujet ; mais on nous marque que la personne qui avait pris la chose à cœur n’est plus. J'ai pensé plus d’une fois que si la chère Mère Madeleine Amiot de la Conception avait vécu, elle se serait donné du mouvement jusqu’à ce qu’elle eût réussi, car elle avait un zèle et un talent tout extraordinaire pour cela. Dieu peut susciter quand il en sera temps d’autres personnes ; c'est à nous à nous commettre et confier à sa Providence.

& J'ai bien des choses à vous mander, Mesdames, de notre pauvre pays. Il y en a de consolantes et d’autres bien tristes : les consolantes sont le zèle de notre digne Evêque, qui a été infatigable dans ce temps de Jubilé. Il a commencé, avant qu’il fût publié à la Cathédrale, par donner, lui seul, cinq jours de retraite aux trois communautés de cette ville. Il parlait trois fois par jour en public, dans des froids excessifs, vivant

(1) Mme. Fremiot, baronne de Chazixl, depuis Ste, Jeanne Françoise,

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très-frugalement. Le reste de la journée était employé à parler en particulier aux religieuses.

‘ Il a fait aussi plusieurs exhortations, aux prêtres, aux ecclésiastiques et aux élèves du séminaire.

‘ Le Jubilé étant ouvert en janvier, on donna pendant huit jours trois exercices par jour dans la cathédrale, et Sa Grandeur parlait tous les jours de la manière la plus forte, la plus touchante et la plus pathétique. Cela ne fut pas plus tôt achevé que, sans se reposer, il monta à Montréal, qui est à 60 lieues de Québec, où il fit la même chose, tant pour le public que pour les deux Communautés de religieuses qui y sont.

‘ Mais son zèle ne se bornant pas là, il a été confirmer et baptiser une nouvelle mission de sauvages, à 40 ou 50 lieues au-dessus de Montréal, par des chemins qui lui étaient bien inconnus et bien affreux, puisqu'il fallait ou sauter des rapides en canot d’écorce, ou marcher à pied, mangé de moustiques, par des routes presque impraticables.

‘ Que pensez-vous de cela, Mesdames ? n'est-ce pas un apôtre ? Croyez-vous qu'il n’ait pas bien gagné son Jubilé ? Il a été cinq mois absent de Québec ; aussi, à son retour, y a-t-il ramené la joie. Les poètes n’ont point manqué de faire retentir ses louanges par la bouche des enfants, tant des garçons que des filles. Je suis fâchée de n’avoir pas les vers qu’on lui a récités et chantés chez-nous, je vous les aurais envoyés.

Ce digne Prélat comptait en revenant de Montréal, faire une semblable mission dans la ville de Trois- Rivières, où nos Srs. Ursulines qui y sont établies auraient eu la consolation de l'entendre ; maïs les fâcheux accidents arrivés depuis peu, les ont privées de ce bien. ”

Nos lectrices verront plus tard à quoi se rapporte cette parole de la Mère de Muy de Ste, Hélène. Nous aurons aussi occasion derevenir sur le zèle et le dévoucment du digne Prélat.

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