‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 72 sur 99 · RO RA · texte numérisé non relu

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‘ L'avantage remporté par nos barques sur le lac Ontario, la défaite de plus de 600 hommes dans la rivière Chouagan, (Oswego), la prise et la destruction d'un grand nombre de bateaux, les coups réitérés et presque toujours heureux vers le lac du St. Sacrement, la désolation portée dans la province de la Virginie, de la Pensylvanie, et du Maryland, le peu de monde que nousavons perdu dans ces expéditions ; enfin, la neutralité des cinq nations Iroquoises et le concours de toutes les autres en notre faveur, malgré les présents immenses et les efforts puissants de notre ennemi pour les attirer à son parti: tout nous prouvait d'une maniére indubitable la bénédiction du ciel, et semblait nous assurer la prise de Chouagan, dont on projetait l'attaque.

‘ Cependant, quelques esprits timides regardaient cette prise comme impossible et au-dessus de nos forces. (1) Plus de 1800 hommes de garnison dans des forts nouvellement construits, tous à portée de défendre la principale place et d'en empêcher l'approche; des espèces de frégates armées de canons ; des sauvages ennemis toujours à la découverte, des secours puissants attendus de l’ancienne Angleterre, les mouvements menaçants de la pointe, la difficulté de débarquer et d'ouvrir la tranchée : tout cela en effet était bien capable de décourager, si l’on n'eut compté que sur un bras de chair. Maïs M. le Marquis de Montcalm, étant aussi pieux qu’expérimenté dans la guerre, mit toute sa confiance au Dieu des armées, et elle ne fut pas vaine.

‘ M. de Rigaud, Gouverneur de Trois-Rivières, qui conduisait l'avant-garde, se rendit le 10 août à la tête des Canadiens pour faciliter le débarquement, qui se fit sans perdre un seul homme, malgré l'opposition de

(1) Les fortifications de Chouagan se composaient du fort Oswégo, du fort Ontario, et du fort George ou William-Henry. L2

l'ennemi et le feu de ses barques. Le 12, la tranchée fut ouverte par M. le Colonel Bourlamaque. On établit une batterie contre le fort Ontario. L’ennemi, étonné de voir nos gens se jeter à la nage pour attaquer le fort, prit l’épouvante, et dans la nuit, il l’évacua. Ce fut un coup du ciel! car s’il eut fallu se battre, le fort étant neuf et bien muni d'artillerie, il nous eut occupés longtemps et fait perdre beaucoup de monde.

‘ On fit de nouveaux travaux pour placer une nouvelle batterie sur Chouagan. Enfin après un feu des plus vifs de part et d'autre, la garnison anglaise se rendit le 14 au matin prisonnière de guerre. 1800 prisonniers, 100 pièces d'artillerie, cinq drapeaux, quantité de munitions de guerre, 800 bateaux, plusieurs barqus, la caisse militaire enlevée, le Commandant Général tué d’un boulet de canon : tel fut le résultat prodigieux de cette expédition !

“ Nous n’avons perdu que trés-peu de personnes, la plupart sauvages. Un ingénieur ayant été pris pour un Anglais, fut malheureusement tué par un de nos sauvages, lorsqu'il allait le matin prendre ses visées pour placer une batterie. Tout son regret en mourant était de n'avoir pas été tué par un Anglais. On a rasé tous les forts.

“Nous n'avons pas manqué de rendre à D'eu lareconnaissance qui lui était due, pour une victoire aussi inespérée. M. le Marquis de Vaudreuil a partagé les drapeaux entre les trois villes : deux furent donnés à l'église de Montréal, ur: à celle de Trois-Rivières, les deux autres à la Cathédrale de Québec. Mgr. fit faire en actions de grâces, le 20 août, une procession la plus magnifique possible. On y porta la statue de la trèsgainte Vierge et les saintes reliques. Les drepeaux, après avoir été bénits, furent confiés à deux Chevaliers

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‘“ Madame, Continuez à m’accorder vos prières et celles de votre sainte Communauté. Ce n’est pas tout que d’avoir pris Chouegan, il faut aller à Carillon. J’arrivai hier, et je repars en trois jours. Je me flatte que Celui qui a pris Chouegan, saura repousser à Carillon les ennemis de sa religion.

fait un vrai prodige dans cette occasion.

mes faibles mains ; aussi je lui reporte tout. reconnaissance votre compliment et celui de votre illustre Commu-

nauté.

de St. Louis, et dans chaque église où s’arrêtait la procession, ils en faisaient hommage au souverain Maître du ciel et de ia terre, les abaissant à ses pieds sur les degrés du sanctuaire. Ce spectacle était un des plus beaux et des plus consolants pour les fidèles ; mais il était aussi bien afligeant pour les prisonniers Anglais qui en étaient témoins. Le 17 septe:nbre de la même année, on fit une seconde procession pour terminer les prières publiques, qui se continuaient depuis plusieurs mois ; on y porta le très-saint Sacrement, et les trois châsses de St. Paul, de St. Flavien et de Ste. Félicité.”

Une douzaïne de jours après la victoire du Chouagan, l'heureux Général écrivait les lignes suivantes à la R. Mère Supérieure de l’Hôtel-Dieu, où son fidèle domes-

“J'ai l'honneur d’être, etc.,

‘ L'expédition de Chouagan n’a pas été la seule heureuse de cette année. Dès le 27 mars, M. de Léry avait pris d'assaut le fort de Bulth (Bull), dans une saison des plus désavantageuses, à la vue pour ainsi dire d’un ennemi puissant et averti de se tenir sur ses gardes. Il a brûlé un hangard de 200 pieds de long sur 50 de large, appartenant aux Anglais. Il ÿ a trouvé 30 milliers de poudre, quantité de bombes et de grenades, plusieurs canons. Il a pris 9 traînes chargées de vivres, et brisé

‘6 Montcalm. ”

C'est Dieu qui a Il a voulu se servir de Et je reçois avec

plusieurs bateaux. Ila tout fait jeter dans un lac, ne pouvant conserver tant de butin. Quatre-vingts Anglais ont été tués, et l’on a aussi fait plusieurs prisonniers. Nous n'avons perdu qu’un seul soldat ; il y a eu deux ou trois Canadiens de blessés.

‘ Le 9 juillet, jour anniversaire du coup du Capt. de Beaujeu sur le Gén. Braddock, M. de Villiers, Capitaine dont il a déjà été parlé, avec 600 hommes, tant Canadiens que Sauvages, a tué 900 Anglais, en a fait prisonniers 60, et a brisé 500 canots.

‘ Pour mériter cette protection du ciel, on avait fait beaucoup de prières publiques, qui n’ont cessé qu’à la quinzaine de Pâques, après laquelle on les a recommencées.””

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