‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 88 sur 99 · LA FAMILLE JUCHEREAU (DUCHESNAY · texte numérisé non relu

LA FAMILLE JUCHEREAU (DUCHESNAY

M. Charles Juchereau de Saint-Denis, père de Mlle Anne- Louise-Térèse Juchereau, dont nous avons esquissé la Biographie, était fils de M. Nicolas Juchereau de St. Denis et le Chesnay, qui fut anobli par Louis XIV, en considération de l'héroïsme qu’il avait déployé à la défense du pays en 1690. Les annales du pays attestent hautement combien le fils fut digne de son père par sa vaillance et son intégrité, ses exploits et ses négociations dans la Louisiane et le Mexique. Sur ces plages lointaines, il fit respecter le nom français par sa valeur, et écrivit des mémoires très-intéressants, qui font autant d'honneur à son cœur qu à son esprit. Après son ambassade au Mexique il fut fait chevalier de St. Louis et mourut vers 1701.

En 1702, sa veuve, Mme Louise-Thérèse-Catherine Migeon de Bransac, épousa en secondes noces Louis Liénard de Beaujeu,

père du héros de la Monongahéla, L'unique sœur de père de notre Mère Juchereau Duchesnay de St. Antoine, Mme de Repentigny, mourut en 1727, âgée de 33 ans. L'année suivante, Mme de Beaujeu sa mère, passait en France pour occuper la place de berceuse auprès des enfants de Louis XV et de Marie de Leckzinski. Ce fait nous explique la facilité avec laquelle nos religieuses présentèrent alors à Sa Majesté, ces ouvrages en écorce dont nous parlons ailleurs.

Les Juchereau de St. Denis emigrérent à la Conquête, et après avoir servi comme officiers supérieurs dans la marine et dans l'armée, ils furent gratifiés successivement des titres de barons, de comtes et de marquis. Le premier des Juchereau qui porta le

titre de marquis, eut plusieurs filles, dont l’une, Louise Mélanie épousa le baron d'Harvey, Maréchal de camp, mort au château de Bréhaut le 18 déc. 1844. Une autre de ses filles devint comtesse de Marne, La baronne d'Harvey laissa trois enfants : le baron Léon Juchereau d'Harvey, écrivain de mérite; Mlle Sophie d'Harvey, épouse du comte Joseph-Clément-[rénée-Trénée de Luppé, et Mile Lorette, épouse du comte Franck de Noé, si

célèbre comme philanthrope et homme de lettres. Le plus distingué des neveux de nos religieuses de la famille Juchereau, fut, sans contredit, le baron Juchereau de St. Denis. Brûlant du désir de revoir son pays, il y vint durant la révolution française, et entrant chez un avocat de Québec en qualité de clerc, il se mit à étudier la loi, puis s’adressa au Gén. Prescott alors Gouverneur, (1798), sollicitant la faveur de quelquéemploi. Celui-ci, prévenu par les ennemis du nom français, refusa à cet enfant de la patrie le moyen de la servir en gagnant honorablement son pain. Après un court séjour à Québec, cet illustre exilé repassa en France avec Alexandre de Léry, et entra, à Paris, à l’école Polytechnique. Plus tard il passa jusqu'en Daluatie, où il se distingua au point de devenir directeur du génie de l'Empire Ottoman et plénipotentiaire de la Grèce. Il contracta alliance avec une demoiselle Grecque, et eut une fille qu'il maria au Gén. de l’Espinasse. Son neveu, Eustache Juchereau de St. Denis, épousa une demoiselle de la Grange et fut ambassadeur à Santa F6 de

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Bogota. Un autre petit neveu des mères Juchereau était Lieut. Col, d'artillerie et commandant de Charleville, où il périt dans une émeute en 1792, Quant aux Juchereau Duchesnay non émigrés, ils se signalèrent toujours parmi les plus ardents défenseurs du pays, où leurs beaux faits sont assez connus de nos lectrices pour nous dispenser d'en dire ici davantage.

[Il y eut dans cette famille, un grand nombre de religieuses. La première fut Mlle Jacqueline-Catherine Juchereau, dont nous avons parlé au premier tôme, à l'époque du second incendie. Sa cousine, Mile Françoise Juchereau la Ferté, fut hospitalière à l'Hôtel-Dieu, et annaliste de cette maison.

[Note pour page 345.]

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