LA NUIT DU 13 AU 14 SEPTEMBRE
Que les choses étaient changées pour nos pères, et que le bonheur avait fui loin de leurs foyers! Sous ce toit de l'Hôpital-Général, où le malheur seul avait rassemblé près de 1000 personnes, que de cris d’angoisse, que de gémissernents de douleur ! Les trois Cammunautés de Québec s'étaient réunies à la chapelle, pour implorer la miséricorde de Dieu sur elles-mêmes et sur leur triste patrie... Où se trouvaient tous ces vaillants hommes, sur qui elles avaient compté jusque-là comme sur d’invincibles défenseurs ? ceux qui, quelques heures auparavant, couraient pleins de vie et d'espérance vers ces Plaines où ils devaient tout perdre, — tout, excepté l'honneur !... Un grand nombre gisaient à quelques pas, les uns couverts de gloire dans leurs tombes à peine fermées, les autres, achevant sur une couche douloureuse leur lente et pénible agonie. D'autres encore, en grand nombre, erraient dans les campagnes, en proie à la faim, à la soif, et à toute l’amertume de leur sort.
Les Religieuses des trois communautés se trouvaient donc à la chapelle, dans le silence de la plus profonde consternation, “ ne pouvant faire parler que leur cœur,” quand tout à coup un grand bruit se fait entendre... puis des coups violents et répétés retentissent aux portes du Monastère, et bientôt des Religieuses qui circulaient dans la maison pour les besoins des malades, se trouvent inopinément en présence d’une troupe de militaires anglais .…. Les voyant pâles et muettes de terreur, l'offic r commandant défend à ses soldats de franchir le seuil de la porte, et demande à voir les Supérieures des trois