LA FAMILLE DE LONGUEUIL
M. Charles Lemoyne venu au pays en 1640, est la tis : d’une famille qui s'est illustrée comme son chef uu service du Koïi et de la patrie. Il épousa à Montréal vers 1656, Mile Catherine Primot, pensionnaire iei en 1652 “ par les soins de Mile Mance” Des onze fils qui naquirent de cette union, un seul mourut jeune, tous les autres se distinguèrent éminemment dans la carrière militaire ; quatre moururent les armes à la main, En attendant qu’un jour une plume virile et ardente de patriotisme écrive l’histoire de la famille de Longueuil, nous énumèrerons ici ces dignes fils de Charles Lemoyne, que Louis XIV honorait en 1673, du témoignage suivant : “ Considérant les grands services que M. Lemoyne a rendus à cette colonie, qui ont obligé le Roi à les reconnaitre, en lui accordant à lui et à ses descendants les titres de noblesse,....et ne pouvant trop reconnaître ceux qu’il rend journellement, le Roi réunit encore toutes et chacune des dites terres ci-devant désignées, en une seule et même seigneurie qui sera appelée Longueuil, avec droits de haute, moyenne et basse justice.”
Voici les uoms de ces onze fils :
1©, Charles Lemoyne, qui succéda à son père comme seigneur en 1685, fut fait baron de Longueuil en 1699. Il est l’ainé de sept frères, que le Roi a anoblis pour les services que leur père a rendus dans le pays,” disait le marquis de Denonville. “ C’est une famille, avec celle des Le Ber, (son beau-frère), dont je ne saurais trop me louer et qui mérite d’être distinguée, par la bonne conduite et la bonne éducation de leurs enfants, A l’entreprise du Nord, (à la Baie d'Hudson), trois frères eurent part à cette action et l’un d’eux y perdit la vie’ Le premier baron de Longueuil fut tué à la bataille de Saratoga. Les détails sur sa descendance se trouvent ailleurs.
2°, Jacques Lemoyne de Ste-Hélène prenait son titre de l’île de
ée nom, située en face du port de Montréal. Il se signala à la dé-
fense de Qnébec en 1690 ; frappé d’une balle pendant la canonnade,
il tomba blessé à mort, Il était âgé de trente et un ans. Son inhu-
mation se fit à l’Hôtel-Dieu, Les sauvages d’Onnontagué, qui l’avaient adopté en considération de sa vaillance, furent très-affligés de sa mort, et envoyèrent à sa famille, pour la consoler, une députation des leurs, portant un collier de porcelaine pour témoignage de leur sympathie. Une arrière-petite-fille de M. Lemoyne de Ste- Hélène a été religieuse dans notre Monastère.
3©. Pierre Lemoyne d’Iberville est un héros qui fait ses premières armes à L4 ans. Des glaces de la Baie d'Hudson aux rives brûlantes du golfe du Mexique, on le voit constamment infatigable et invincible. Il est le premier Européen qui ait pénétré dans le Mississipi par l'embouchure de ce fleuve. Il était considéré coirmele pius grand homme de mer de son temps. Il fonda la Nouvelle-Orleans, et mourut des fièvres sur son vaisseau, à la Haranne en 1705, âgé seulement de 44 ans. Il avait épousé à Québec, en 1593, une de nos anciennes élèves, Mile Marie-Thérèse de Lacombe-Pocatière, fille d’un ancien Capt. du régiment de Carignan. Son fils aîné Louis-Pierre, naquit sur le grand banc de Terreneuve. La veuve d’Iberville étant passée en France, devint par un second mariage, comtesse de Béthune.
49, Paul Lemoyne de Maricourt ne voulut point d’autre maître, LAS dans son apprentissage comme guerrier, que son frère d’Iberville. Il l’accompagna dans presque toutes ses expéditions, Aussi bon diplomate que grand guerrier, il contribua beucoup au traité de paix
. , , é di g se = avec les Sauvages, en 1700. Il avait épousé en 167 une ancienne ] élève, qui mourut seize ans plus tard, sans postérité. Ces chagrin domestiques, joints à l’excès de fatigues qu’il avait essuyées, minè- £ rent sa constitution. Le vaillant Maricourt vint à Québec en L
FLE 1704, pour se choisir une seconde femme. Six seraaines après les : à 1 . . . ( } noces, la jeune veuve prenait le deuil. k pi 5°. Joseph Lemoyne de Sérigny, après avoir suivi les traces de 1 ses vaillants frères, mourut gouverneur de Rochefort eu 1734, à ; . ‘ ñ ‘ Due ’e F 6?. François Lemoyne de Bienville, premier du nom, périt dans d une maison qu’il défendait et à laquelle ies Iroquois mirent le feu, à sl \ , # té SR de R = Repertigny en 1691. Il n’était âgé que de 25 ans, Cinq ans plus 8 tard, le Récit notait l’entrée au pensionnat de sa fille. ft 72, Louis Lemoyne de Châteauguay fut tué au fort Nelson d (Baie d'Hudson) en 1694. Il
#2. Gabriel Lemoyne d’Assigny, qui avait accompagné d’Iber-
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ville duns ses expéditions au sud, mourut des fièvres jaunes, à Saint- Dômingue en 1701.
9, Antoine Lemoyne mourut jeune.
10©, Jean-Baptiste Lemoyne de Bienville, second du nom, qu'on regarde à juste titre comme le père de la colonie de la Louisiane, entra au service sous son frère d’Iberville à l’âge de l2 ans. Après la cession du Canada, il passa en France, et mourut à Paris en 1768, le plus vieux de sa race, (87 ans), et sans postérité.
11©, Antoine Lemoyne de Châteauguay, contribua beaucoup à l'établissement de là Louisiane ; il mourut gouverneur de Cayenne.
La lignée des Lemoyne de Lonueuil, éteinte de nom en Canada, existe encore en France dans la postérité des deux fils du gouverneur de Rochefort: Jean-Honoré et Henri-Honoré. Un de ses petits-fils, Amede-Honoré-Ferdinand-Marie Lemoyne de Sérigny, mourut à son château de Luret en 143. Deux autres petits-fils de ce héros existent encore : Pierre-Auguste Lemoyne, au château de Périgord, et Joseph-Louis-Auguste, à la Rochelle. Uu autre membre de cette illustre famille canadienne, cueillit des palmes dans l’expédition d'Alger en 1530.
Les deux filles de Charles Lemoyne de Longueuil et de Catherine Primot, furent Catherine-Jeanne, épouse de M. Pierre Payen, seigneur de Noyan, Capt. dans le détachement de Ja marine, et Marie-Anne, qui épousa le 2X oct. 699, M. Bouillet de la Chassagne, gouverneur de Montréal. En notant l'entrée de cette dernière au pensionnat, notre Récit ajoute: “ Le 10 nov. 1699, reçu pour la première année de Mile Marie-Anne Lemoyne, cinquante écus en louis d’or.” Environ trente et un ans plus tard, le chevalier de Noyan devenu veuf, épousait Mile Louise-Catherine d’Ailleboust de Manteth. É
Nous allions omettre de dire que le père des onze frères Lemoyne de Longueuil, venu en Canada dès les premiers temps de la colonie, se distingua d’abord comme interprète, oflice qui demandait nonseulement de l'esprit et des connaissances, mais encore un grand fond de dévouement et de générosité, M. Charles Lemoyne, seigneur de Longueuil, travailla peudant 45 ans à l’avancement de ce pays. Il parait avoir été proche parent de M, Jean Lemoyne, ancêtre des ren de ce nom établies dans le district des Trois-Rivières et de
uébec.