‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 3)Chapitre 25 sur 91 · SOUS · texte numérisé non relu

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fidèles, et là, assis dans leurs fauteuils taillés en ogive, donner audience aux troubadours, qui chantaient pleins de verve et d'enthousiasme les exploits des chevaliers chrétiens ;’’avouons cependant que nos humbles Manoirs n’en étaient ni moins gais ni moins heureux. Ces Seigneurs canadiens, protecteurs naturels de censitaires qu'ils avaient dû eux-mêmes se choisir, et aider à établir sur leurs terres, devenaient en quelque sorte les patriarches des familles qui se groupaient d’abord autour de leur domaine, et qui divergeaient avec le temps à une ou deux lieues de distance dans le fief ou la seigneurie. Aussi voyait-on très-souvent ces bonnes gens venir réclamer en toute confiance pour parrain ou marraine d’un premier-né, Monsieur, Madame ou Mademoiselle, (titres qui, pris ainsi absolument, nes’appliquaient qu’au seigneur ou à la seigneuresse). Ceux-ci, de leur côté, ne se refusaient pas à l'honneur, et grande était la joie dans la famille, quand on rapportait du baptême ce fortuné filleul, avec force présents pour l’enfant, pour la mère et pour la fête ! Quelle reconnaissance pour le noble parrain ou la gracieuse marraine ! et qui dira le nombre des filleuls et filleules qui, à l’époque des étrennes du nouvel an, assiégeaient avant le jour le Manoir seigneurial !.. On dit même que le bon seigneur ne dédaignait pas la noce champêtre, ni la tourtière obligée, ni la succulente pyramide de crêpes, de beignets et de croquesignoles de ces jours de fête.

Le système seigneurial, ainsi entendu et pratiqué, ne pouvait avoir en Canada les abus qui en ont amené l'abolition dans la vieille Europe. Loin d’avoir été une source de maux et de vexations pour les censitaires, la tenure seigneuriale, au contraire, est considérée comme ayant grandement favorisé l'établissement du pays ; et il est généralement reconnu que, si

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