‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 84 sur 199 · N08 DOCUMENTS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

N08 DOCUMENTS HISTORIQUES

Dans tout le cours de cette histoire, nos lectrices auront occasion de voir que par l'étude de la correspondance intime de nos bonnes Mères, nous avons obtenu les résultats les plus heureux pour l’éclaircissement de tous les faits que nous y avons insérés. Elles y trouveront, groupés d'espace en espace, des lettres, des actes capitulaires, des concessions, des contrats, ainsi, que d'innombrables témoignages de bienveillance de la part des autorités ecclésiastiques, civiles et militaires. Que de charmants détails parfois dans ces écrits du temps passé, dont chaque page rappelle l’antique simplicité, ainsi que la charité inépuisable de 108 pères. Tantôt c’est une lettre du secrétaire de la Compagnie des Cent Associés, (1) qui remet aux Ur-

(1) ‘A Paris, ce 15 avril 1653.

‘ Ma Révérende Mère,

4 C’est avec joie que j'apprends de vos nouvelles par votre lettre du 14 septembre 1652, et que moyennant la grâce de Dieu, vous vous bâtissez petit à petit et selon qu’il vous donnera des forces. Il est trèsbon père et ne dénie point à ses enfants le nécessaire. Pour ce qui regarde notre Compagnie, vous en devez attendre toutes sortes d’assistances, et pour ce qui regarde deux cent cinquante-deux livres que

sulines, au nom de la religion, une petite dette contractée pour l’entretien des sauvages ; tantôt c’est une

voa devez au magasin, par compte arrêté avec le Sr. le Tardif en 1645, notre compagnie vous les a remis dès le 11 avril 1650, ainsi que je vois sur mes régistres, ce qui fait que vous ne devez pas avoir peur d’en être inquiétée, comme je ne crois pas que personne ne vous demande rien de la part de la Compagnie; et de fait, je sais Lien que sur la liste des débiteurs de la Compagnie vous ne vous y trouverez pas, et ainsi vous devez demeurer en repos de ce côté là, et si quelqu'un vous en parle, vous n'aurez qu'à montrer ma lettre ..........

4 Ma sœur de St. Paul, religieuse Ursuline à Meaux, m’en a écrit pour vous et vous fait réponse à celle que vous lui avez fait la faveir de lui écrire. Je vous assure qu’elle aime bien le Canada, et si elle était plus jeune qu’elle n’est, je crois qu’elle ferait tous ses efforts pour y aller finir ses jours. Pour vous dire qui elle est, ce n’est pas celle qui est à Ste. Avoye, celle-ci s'appelle Marie Cheffault ; elle est ma propre sœur, qui ayant été mariée quelques vingt années, et n'ayant point eu d'enfants, après deux autres années de veuvage, se mit avec les Religieuses de Meaux, et leur porta du bien, c’est pourquoi elles l'ont fait passer pour fondatrice : il y a bien dix-huit ans qu'elle est religieuse.

‘ Pour ce qui regarde la situation du pays, j'avoue que cela me touche, mais ne me décourage pas; toutes les affaires de Dieu ont des traverses, et au fond si Dieu ne veut pas que l’on passe outre, il faut se conformer à sa sainte volonté. Vous avez perdu une sainte fille {la Mère St. Joseph); c’est que Dieu l’a voulu récompenser de ses travaux : ce qui est un peu fâcheux, c'est que l’on ne trouve pas de ces filles à la douzaine ; il faut pourtant espérer en la bonté et miséricorde de Dieu qu’il n’abandonnera pas un si saint ouvrage. Il me semble qu'il est euperflu de vous recommander à M. le Gouverneur, car il vous aime beaucoup, et comme le pays a besoin de vous, je ne crois pas que cela puisse beaucoup vous servir; toutefois, je le ferai puisque vous le désirez. Je recommande tous nos messieurs les Intendants et Directeurs à vos bonnes prières, et n'oubliez pas leur serviteur, qui vous est très-cordialament,

‘ Ma Révérende Mère, ‘ Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

(6 À, CHEFFAULT.'?

Page 1