‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 86 sur 199 · QUELQUE CHOSE SUR LES GOUVERNEURS · texte numérisé non relu

QUELQUE CHOSE SUR LES GOUVERNEURS

Nos lectrices aiment sans doute à rapprocher les faits remarquables de nos Annales des époques marquantes

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de l'Histoire du pays, c’est pourquoi, avant d'entrer dans de plus amples détails sur la vie intime de nos Mères dans leur Monastère restauré, nous passerons rapidement en revue les principaux événements extérieurs jusqu’à l’année 1670.

Indiquons d’abord les Gouverneurs qui se sont succédé dans l’administration, jusqu’à la nouvelle organisation de !a colonie en 166».

Nous avons déjà mentionné le brave Chevalier de Montmagny, qui reçut les religieuses avec tant de distinction à leur arrivée en Canada, et qui laissa une ‘mémoire éternelle de sa p'udence et de sa sagesse.” Vinrent ensuite M. d'Ailleboust, l'ami dévoué de nos Mères et leur grand protecteur dans l'affliction du premier incendie ; et M. de Lauson, qui a aussi tant de titres à la reconnai:sance de cette Communanté. Ces Gouverneurs, ainsi que M. Chs. de Lauson Charny, administrateur du pays en 1656, furent tous de dignes successeurs de Champlain, par leur zèle pour les intérêts de la religion et leur dévouement au pays. M. d’Ailleboust, M. de Lauson et son vaillant fils, se trouvant liés à notre Communauté d’une manière particulière, par les membres de leur famille qui se consacrèrent à Dieu dans cette maison, nous aurons occasion de les mentionner encore dans le cours de cette Histoire.

Mais citons dès maintenant l'appréciation d’une personne ic l’époque au sujet du Vicomte d’Argenson, gentilhomme accompli au point de vue des qualités personnelles, et qui avait toujours offert dans ses mœurs le modèle des plus rares vertus. Dès son arrivée il fit visite à nos Mères. Voici ce qu’en dit la Mère de l’Incarnation, qu’il regardait comme sa mère spirituelle et qu'il honorait de toute sa confiance. ‘“ M. le Gouver-

neur fait paraître de jour en jour son zèle pour la con- DD

servation et l’accroïissement du pays. Il s'applique à rendre justice à tout le monde. C’est un homme d’une haute vertu et sans reproche. Je vous ai dit le soin qu’il a eu pour notre conservation pendant l'alerte causée par les incursions des Iroquois, étant venu luimême plusieurs fois en notre Monastère pour visiter ces lieux et les fortitier, y plaçant des corps-de-garde. J'ai souvent l'honneur de sa visite, outre celle qu’il rend à notre Mère (la Mère St. Athanase, Supérieure). Il y a toujours à profiter avec lui, car il ne parle que de Dieu et de la vertu, hors la nécessité de nos affaires, que nous lui communiquons comme à une personne de confiance et remplie de charité.” (1)

L'histoire nous a conservé de beaux traits de la bravoure du Vicomte d’Argenson, et de ses efforts pour délivrer le pays des incursions des [roquois. ‘M. d'Argenson nous a quittés à cause de ses infirmités qui lui ont fait demander son retour en France, écrivait la Mère de l'Incarnation en 1661. Outre cette raison, je vous dirai en confiance qu'il a eu à souffrir en ce pays dont il a été chargé, sans pouvoir obtenir du secours de France. L'impuissance où il s’est vu de résister aux [roquois n’a pas peu contribué à l’affaiblissement de sa santé. Il s’est trouvé des esprits peu considérés qui ont murmuré de sa conduite, et qui en ont fait des plaintes capables d’offenser un horime de sa qualité et de son mérite. Il a souffert tout cela avec beaucoup do générosité... Nous aurions souhaité qu'il fût continué en qualité de gouverneur le reste de ses jours, car

() M. le Vicomte d’Argenson dota le Monastère de quelques biens fonds, entr’autres de quarante arpents de terre appelés ‘la Cédrière,'? au bas du côteau Ste. Geneviève : ce terrain fut depuis échangé pour un autre.

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