FONDATRICE ET PREMIÈRE SUPÉRIEURE DE NOTRE MONASTÈRE
OINS de deux mois après la mort de Mme. de la Peltrie, Ÿ un deuil plus profond encore vint planer sur le Monastère. La Vén. Mère, plus courbée sous le poids de ses travaux que sous le poids de A ses 72 ans, était depuis longtemps | F4 souffrante; elle ne s'était jamais bien remise d’une maladie qui l’avait réduite à l'extrémité en 1664, “Je me réjouis, écrivait-elle cinq ans plus tard à la Supérieure de Tours, de ce que nous perdrons bientôt les connaissances de la terre pour n'avoir plus de communication qu'avec les citoyens du ciel”... Vons croyez que je vais mourir, disait-elle à son fils; je ne sais quand arrivera cet heureux moment qui me donnera toute à notre divin Sauveur, mais il faudrait peu de chose pour m'emporter.”
Malgré sa débilité et son extrême dégoût pour tonte nourriture, la Vêén. Mère conservait un certain air de santé, et les religieuses étaient pleines d'espérance de de la conserver encore longtemps, lorsque dans la nuit du 15 au 16 janvier, elle fut prise d’un vomissement extraordinaire qui dura l’espace de vingt-quatre
heures, sans qu'on pût y apporter le moindre soulagement. À cela se joignit bientôt une violente douleur de tête, une oppression de poitrine et une insomnie cruelle, Cette fidèle amante de- Jésus crucifié se réjouissait, et répétait avec une consolation sensible : “ C’est maintenant que j'ai l'honneur d’être attachée à la croix de Jésus-Christ.” Cependant le mal croissait et avec tant de violence, qu’au cinquième jour, les médecins jugèrent qu'il n’y avait plus à espérer et qu’il fallait lui donner les derniers sacrements. Le 20 janvier, à une heure de l'après-midi, elle reçut le saint Viatique, au milieu des sanglots de ses religieuses. Elle cependant se livrait aux transports d’une joie indicible des’unir à Dieu dans ce divin sacrement, espérant le posséder bientôt à découvert. Le lendemain, elle reçut l’'Extrème-Onction avec un redoublement de joie; après sa profession de foi elle demanda pardon aux assistants, commençant par M. de Bernières, Vicaire-Général et Supérieur du Monastère, et le R,. P. J. Lalemant, son directeur, puis se tournant vers la Mère $S. Athanase, supérieure, et la Communauté, elle les remercia de leur charité à son égard, et leur demanda mille pardons de toutes les peines qu’elle leur avait données pendant sa maladie.
Peu après, ayant su que la petite fille d’un chef Algonquin venait d'entrer au séminaire, elle demanda à la voir, lui fit mille caresses et exhorta les religieuses à conserver toujours une grande affection pour “ ses délices ;” c’est ainsi qu’elle appelait les filles sauvages. Toutes les pensionnaires, françaises et sauvages, lui furent ensuite présentées pour recevoir sa bénédiction, et elle la leur donna en toute affection et effasion de cœur.
Cependant les religieuses étaient plongées dans un abîime de douleur, on faisait des pénitences et des mortifications extraordinaires, on conjurait le ciel de prolonger encore au moins quelque temps, des jours ei chers et si précieux. L'humble Mère éprouvait de Ja peine de cet empressement de ses filles à prolonger sa vie, qu’elle croyait inutile, et elle s’en plaignit au R. P. Lalemant. Ce bon Père, touché de l’état de deuil où sa mort allait jeter la Communauté, lui commanda de s'unir à ses sœurs pour demander à Dieu la santé. Elle fut d'abord comme interdite; puis, levant les mains et les yeux vers le ciel: “ Je crois, dit-elle, que j'en mourrai , mais si c'est la volonté de Dieu que je vive encore, j'en suis contente.” Le Père lui répondit : “ Tout cela est bon, ma Mère, mais vous devez vous mettre de notre côté, et faire tout votre possible pour vous conserver à cette Communauté, qui croit encore avoir besoin de vous.” À ces paroles, il n’y eut point de réplique, la Mère de l’Incarnation, fermant les yeux à ses propres intérêts et préférant comme toujours l’obéissance au sacrifice, dit comme autrefois S. Martin: “ Mon Seigneur et mon Dieu, si vous jugez que je sois encore utile à cette petite Communauté, je ne refuse point la peine ni le travail; que votre volonté soit faite!” Aussitôt elle éprouva un mieux considérable, et peu après les médecins, qui l'avaient abandonnée, la déclarèrent hors de danger.
Grande fut la joie au Monastère lorsqu'on la vit sortir de ce lit d’agonie et se rendre au chœur pour y faire sa visite d'actions de grâces! On chanta le Te Deum à l'église dans des sentiments inexprimables, et la joie de sa convalescence se répandit bientôt dans la ville entière. C'était une suite continuelle de félici-
tations et de témoignages d'amitié. Les uns lui fais\ient parvenir les plats les plus délicats de leur table, les autres envoyaient leurs gens à la chasse, espérant que quelque nouveau mets lui donnerait de l'appétit et des forces. Malgré son dégoût pour toute nourriture, l'aimable Mère s’efforçait de manger par complaisance. Elle fut assez bien tout le carême, et le dimanche des Rameaux, elle put suivre la cérémonie. De plus le vendredi suint, elle se trouva assez de force pour assister à la Passion et à l'adoration de la croix, Mais ce soir-là même, elle fut obligée de déclarer à sa supérieure que deux enflures qu'elle avait aux côtés la faisaient extrêmement souffrir. C'étaient deux abcès déjà formés et où il lui fallut dès le lendemain subir une cruelle opération. On espérait encore cependant, car le chirurgien disait que les plaies étaient belles. Mais le huitième jour, il fut si frappé du grand affaiblissement de la malade, qu'il déclara qu'elle était sans ressource. Quand elle apprit cette nouvelle, la joie éclata dans tous ses traits, et depuis ce moment jusqu’à sa mort, sa vie parut comme une continuelle extase ; elle avait la vue modestement baissée, ou tournée vers son crucifix qu’elle tenait entre ses mains, Elle répondait avec une suavité ravissante à celles qui lui adressaient la parole, mais en peu de mots, et demeurait absorbée en Dieu. La Mère S. Athanase, qui se tenait constamment auprès de la chère malade, lui demanda si elle avait quelque chose à recommander à son fils. À ces paroles, la Vén. Mère s’attendrit, et elle pria la Mère Supérieure de lui faire savoir qu'elle l’emportait en son cœur dans le paradis, où elle solliciterait fortement sa parfaite sanctification, Elle souffrait des douleurs extrêmes, mais avec une patience admirable, s'offrant à souffrir ce purgatoire
jusqu'à la fin du monde pour le salut des peuples, s’il eut plu à la divine Majesté, Elle désira voir les élèves pensionnaires à plusieurs reprises, et elle les bénissait chaque fois avec une tendresse inexprimable, Le vendredi, 27 avril, elle reçut de nouveau le S. Viatique et l'Extrême-Onction; jusque-là elle avait reçu la sainte communion tous les deux jours. Dans la matinée du samedi, 80 avril, se sentant à l'extrémité, elle voulut voir une dernière fois ses chères petites filles sauvages. Après les avoir bénies avec tendresse, elle leur adressa dans leur propre langue des paroles admirables, sur la beauté de nos saints mystères et le bonheur de servir Dieu.
À midi, elle perdit l'usage de l’ouie et de la parole ; mais il était facile de voir que son âme était intimement unie à Dieu; on la vit encore dans cet état porter d’une main tremblante son crucifix à ses lèvres. Quelques minutes avant six heures du soir, elle ouvrit les yeux, regarda ses chères sœurs comme pour leur dire le dernier adieu, puis elle les referma pour ne plus les ouvrir aux choses de la terre. La Communauté était prosternée autour de son lit et dans la plus profonde désolation. À six heures, on entendit deux faibles soupirs; tous les regards se portèrent avec angoisse vers la chère et sainte mourante ; mais déjà son âme avait brisé ses entraves terrestres. Un rayon d'immortalité illuminait cette figure que la mort venait de frapper, et les religieuses, partagées entre l'admiration et la douleur, contemplaient cette beauté ravissante (1), où semblait se réfléter l'indicible
(1) Ce fait, attesté par toutes les Religieuses qui en furenttémoins, fit une telle impression sur les cœurs que le souvenir s'en est transmis à la postérité par l'usage touchant, qui existe encore au Monas-
tère, de chanter un 7 Deum au jour anniversaire de la mort de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation,
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transport qu'avait éprouvé cette âme sainte, en consommant son union avec la Divinité.
La nouvelle de cet henreux trépas donna lieu à l’expression de la profonde vénération qu’avaient pour la chère défunte les fidèles de tout rang; on réclamait comme de précieuses reliques les objets qui avaient été à son usage; tuniqnes, livres, chapelets, médailles. tout fut enlevé en un instant, et c’est À peine si nos Mères purent conserver son grand chapelet, qui se voit encore à la chapelle des Saints. Quand on sut qu'il n’y avait plus rieu à distribuer, on apportait à la grille quantité de croix, de chapelets, de médailles, pour les faire toucher à la sainte Mère, et jusqu’à l'heure de l'enterrement, plusieurs religieuses furent employées à satislaire ce pieux empressement,
IL est impossible de reproduire l'impression que fit sur les sauvages la mort de la Vén. Mère. Dès que la nouvelle s'en fut portée aux villages de Sillery et de Lorette, ils s’assemblèrent autour du Monastère, pour pleurer, et prier pour celle qui les avait tant aimés.
Mgr. de Laval étant alors en France, la cérémonie des obsèques fut faite par M. de Bernières, grand vicaire de Québec, et son oraison funèbre fut prononcée par le R.P. Lalemant, qui développa avec une éloquence vive et énergique tous les attributs de la femme forte, dont il lui tit l'application d’une manière admirable. M. de Courcelles, gouverneur, et M. Talon, intendant, étaient présents; quand la foule du peuple se fut écoulée, ils convinrent avec M. de Bernières, le Père Lalemant et les religieuses, qu'il ne fallait pas enterrer cette Vén. Mère sans conserver sur la terre, quelque vestige de ce rayon de majesté
HISTOLRE DU MONASTÈRE. 331
qui éclatait encore sur son visage. Le corps fut donc retiré du caveau, et le lendemain, le gouverneur envoya un artiste, qui réussit à prendre une ressemblance frappante de cette douce figure marquée du sceau de la béatitude (1). Quand le portrait fut achevé, on ferma la bière, qui portait l'inscription suivante gravée sur étain : “ Ci-git la Révérende Mère Marie Guyart de L'Incarnation, première Supérieure de ce Monastlère, décédée le dernier jour d'avril 1672, âgée de soixante et douze ans et six mois, Religieuse professe venue de Tours, priez pour son âme”
Ce ne fut que plusieurs mois après, par les vaisseaux venus au printemps, que les Ursulines purent faire entendre en France l'écho de leur profonde douleur, Quel vide laissait au Monastère le départ des deux Fondatrices ! Écoutons la Mère Supérieure (Mère S. Athanase) cherchant à se consoler en parlant des vertus de la chère défunte, tantôt avec le fils de notre Mère, tantôt avec les Supérieures des Communautés de France, tantôt avec nn ancien ami et bienfaiteur, le R. P. Ragueneau. Nous n’extrairons que quelques passages.
“Ma Révérende Mère,—Nous avons un très-grand sujet d’adorer avec soumission la conduite de la divine Majesté sur notre petite Communauté, particulièrement depuis l'automne dernier, qu’elle nous a obligées de faire le sacrifice des deux personnes les plus chères et les plus précieuses que nous eussions en ce monde. La première est Mme, de la Peltrie notre très-honorée Fondatrice..…… L'autre est notre
() Ce tableau périt dans le second incendie, le 20 octobre 1686. Celui que l’on voit aujourd'hui à la salle de Communauté, a ét& envoyé de France par la famille Le Maire en 1699.
révérende, très-aimable et très-simée Mère Marie Guyart, dite de l'Incarnation. Sa personne nous était si chère, si précieuse et si nécessaire, que nous ne pensions pas être en état de nous en pouvoir passer. Surtout, sa mort arrivant conjointement avec celle de Mme, notre Fondatrice, ça été la plus grande perte que nous puissions faire; ça été, dis-je, une perte irréparable que nous ne pouvons supporter sans des grâces toutes particulicres de Notre-Seigneur: car notre chère et toute aimable Mère avait un amour incomparable pour le bien et l'avancement de cette maison, et comme elle en était la véritable mère, elle pensait sans cesse à lui faire ou à lui procurer tout l'avantage qu’elle pouvait, sans épargner ses soins ni ses peines...”
“ Le zèle pour la gloire de Dieu n'était nullement diminué en elle avec le temps; mais plutôt il s'était tellement accru que c'était comme une fournaise qui la consumait. Ce fut ce même zèle qui lui fit entreprendre cet hiver, nonobstant son âge, de faire tous les jours des leçons de langues sauvagos, afin que cette science s’'immortalisät dans cette maison pour l'instruction des filles de cette grande Amérique. Son zèle pour la décoration des autels n'était pas moins admirable. Elle était fort industrieuse en toute sorte d'ouvrages, soit pour la broderie, soit pour la dorure et pour la peinture. Elle s’entendait même en architecture et en sculpture ayant elle-même enseigné etstilé les ouvriers qui ont fait le retable de notre église, les redressant quand ils s’éloignaient des règles de l'art, Elle n’a pas borné son zèle à notre église seule, car il y en a peu en ce pays qu'elle n’ait enrichies de quelque pièce de son travail, et cela, nonobstant les em-
plois considérables qu’elle a toujours eus en cette maison, y ayant été dix-huit ans supérieure, deux ans assistante, douze ans dépositaire, et enfin maîtresse des novices, exerçant souvent deux de ces charges à la fois...
“Sa sainte mort après une si sainte vie, ne nous a laissé aucun doute que le Saint-Esprit ne lui eût donné une assurance intérieure de sa félicité prochaine ; et nous l'avons nous-mêmes autant qu'on la pent avoir en ce monde, C'est ce qui nous doit le plus consoler, ce qui n'empêche pas pourtant que nous ne ressentions bien fort notre incomparable perte. Pour moi, je n’ose y penser de peur de la trop regretter, j'aime mieux me soumettre à l’aveugle à la volonté de Dieu, qui a voulu nous ôter ce puissant appui et mon unique consolation en terre, et me résoudre à vivre désormais sans autre satisfaction que de faire et souffrir tout ce qu'il lui plaira de m'ordonner......., ”
Le R. P. Jérôme Lalemant qui avait presque toujours été son directeur en Canada, termine ainsi sa lettre au sujet de la mort de cette sainte Mère, ‘“ Si Monseigneur l’évêque eut été ici, il ne l’eût point abandonnée pendant sa maladie, tant il faisait état de sa personne ; à son défaut, M. de Bernières, son Grand-Vicaire, et supérieur du Monastère, lui a rendu tout ce qu’on peut attendre d’un bon Pasteur, et notre Compagnie, les témoignages de respect et d'affection qui étaientdus à son mérite, Au reste, la mémoire de la défunte sera à jamais en bénédiction dans ces contrées, et pour mon particulier, j'ai beaucoup de confiance en ses prières, et j'espère qu’elle m'aidera mieux à bien mourir que je n’ai fait à son égard. Je lui ai été en tout et partout un serviteur inutile, mecontentant d'être l'observateur
des ouvrages du Saint-Esprit en elle, sans m'ingérer d'aucune chose la voyant en si bonne main de crainte de tout perdre.”
“ La Mère de l'Incarnation éteit d'une taille haute, d'un port grave et majestueux, que tempérait une dunceur humble et modeste, Lorsqu'elle était encore dans le monde, tout son air avait quelque chose de si grand, qu’on s’atrêtait dans les rues pour la voir passer. Ses traits étaient réguliers, mais c'était une beauté mâle, qui laissait voir toute la grandenr de son âme. Elle était forte et bien constituée, d'une humeur trèsagréable ; et, quoique la présence continuelle de Dieu lui donnât quelqu: chose de céleste qui imprimait le respect, on ne se sentait jamais embarrassé avec elle,”(1)
La mort de la Vén. Mère Marie de l’Incarnation eut un grand retentissement. Bossuet, Fénélon, des Docteurs de Sorbonne, Mgr de Laval, le R, P. Claude Dablon, lui ont donné des éloges magnifiques. Nous sentant impuissantes à rendre justice à une existence si pleine de merveilles, dans une notice telle que le comporterait ce volume, nous référons nos lectrices aux Vies de la Servante de Dieu publiées *“écemment, l'une par M, l'abbé Casgrain, de Québec, en 1864, l’autre par M. l'abbé Richaudeau, aumônier des Ursulines de Blois, en 1873. Ce dernier ouvrage renferme des témoignages nombreux de faveurs attribnées à l’intercession de la Servante de Dieu. Il y a aussi la Vie de la Vén. Mère publi‘e par Charlevoix en 1724, et réimprimée à Clermont-Ferrand en 1860.
Dans ces differents ouvrages se trouve avec plus ou moins de détails la vie mystique de la Mère Marie de l'Incarnation, magnifique édifice de sainteté élevé
(:})Vie des premières Ursulines de France oar M. C. Sainte-Foi.
dans cette âme privilégiée par la libéralité divine. En voici les principales phases.
La Vénérable Marie Guyart de l’Incarnation naquit à Tours le 28 octobre 1599. Dès l'âge de raison, N.S. lui apparut et laissa dans son àme une impression ineffaçabie de foi et d'amour.
À 17 ans, elle entra, par obéissance, dans l’état du mariage; deux ans après elle était veuve, avec un enfant de six mois (1).
Là commence une série de faveurs spirituelles qui jettent dans l'admiration. Son âme est d’abord plongée dans le Sang de Jésus-Christ, Ainsi purifiée, elle voit des merveilles dans les œuvres extérieures de la création.—De là, elle estinitiée aux mystères de l’union du Verbe avec la nature humaine.—Plus tard elle est introduite jusque dans les insondables profondeurs de la très-auguste Trinité: on reste étonné, en lisant les récits si clairs qu’elle a laissés de ces sublimes visions,
Entrée aux Ursulines de Tours le 25 janvier 1681, son âme est transportée d'un zèle a ostolique tout
(2) Les Lettres de la Vén. Mère font voir que le jeune Claude Martin, gagué à Dieu par les prières de sa sainte mére, entra, en 1641, chez les Bénédictins de 8. Maur. Il est regardé comme un des religieux les plus remarquables de l'Ordre. Après lu mort de sa mère, il publia sa Vie, ses Lettres, son Catéchisnie (réédités) et ses Retraites. Le livre des Retraites est le seul qui reste à réimpriimer. Le R. P. Dom Claude Martin mourut en 1696, après avoir été 44 ans supérieur en différentes maisons de son Ordre.
La Vén. Mère eut aussi le bonheur de gagner à Dieu, par ses sacrifices et ses prières, une de ses nièces, fille unique, que les avantages éphémères de la beauté et de la fortune avaient jetée dans les vanités du monde, C’est la jeune Marie de l'Incarnation, qui se fit Ureuline au Monastère de Tours, après le départ de sa sainte tante
pour le Canada, Il est souvent question de cette nièce dans les Lettres de la Vén. Mère,
nouveau, Une troisième fois, la très-sainte Trinité se dévoile à son âme, puis un pays lointain lui est montré, comme objet principal de ses ardeurs et de ses prières. Mais avant de lui nommer notre Canada, le Père Éternel lui apprend à rendre ses supplications toutespuissantes en les faisant passer par le Cœur de Jésus (1635). Ainsi, plusieurs années d'avance, l’amante de ce Cœur Sacré réchauffait de ses brülantes ardeurs les froides et ténébreuses régions de la Nouvelle-France, et lorsqu'elle y arriva, le ler août 1639, elle apportait à l'Amérique la dévotion au S. Cœur de Jésus, cette source féconde de régénération et de salut. C'était 40 ans avant les révélations de la B. Marguerite-Marie.
Le détail de ces rares faveurs est entremêlé d’incidents pleins d'intérêt, de scènes même extrêmement émouvantes. On voit la Servante de Dieu, tantôt aux prises avec son amour maternel, tantôt en butte à d’effroyables tentations : mais m ces difficultés, ni l’accablement des affaires, ni les circonstances les plus opposées, n’arrétent cette âme magnammme. Sa haute intelligence appuyée sur une comfance inébranlable en la Providence divine, tient ferme en tout événement, et elle accomplit son œuvre,
L'Introductior de la Cause de Béatification et Canonisation de la Vén. Mère Marie Guyart de l’Incarnation, fatapprouvée par la S.-C. des Rites le 15 septembre 1877, et signée par N-S. P. P. Pie IX, de sainte mémoire, le 20 du même mois, à la joie extrême des Ursulines de Québec et de tout l'Ordre, à la joie aussi de notre Amérique Septentrionale, de notre Canada er particulier. La Mère Marie Guyart de l'Incarnation est la première Vénérable de notre Amérique du Nord, eu deça du Rio Grande.
Religieuses qui recueillirent les dernières bénédictions de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation.
Rév. Mère Margte. de Flécelles de S. Athanase, Supre. 6 4 Cécile Richer de Ste, Croix, 4 Anne Le Bugle de Ste. Claire, 6 4 Anne Le Boue de Notre-Dame, ‘4 Charlotte Barré de S. Ignace, 4 Marie de Villiers de S. André, 446 Marie du Breuil de S, Joseph, (6 4 Marie Drouet de Jésus (1ere Supérieure des Ursulines des Trois-Rivières), 6 (Geneviève Bourdon de S. Joseph, #4 Marie Le Maire des Anges (2de Sup. des Ursulines des Trois-Rivières), Anne Bourdon de Ste. Agnès, 4° Marie Boutet de S. Augustin, ‘6 4,7, Lse, Godefroy de S. François-Xavier, Angélique Poisson de S.Jean l’Évangéliste, 4 Agnès Duquet de la Nativité, 6 M, Mad. Pinguet de l’Assomption, °° Charlotte Godefroy du S. Sacrement, 4 4 Marie Le Ber de l’Annonciation,
Murie-Mad, de Lauson de S. Chartes,
Sœurs Converses.
. Catherine Lézeau de Ste. Ursule, ‘ Françoise Ouën de Ste. Madeleine, Murie Dieu de la Résurrection,
# Antoinette Mékinon de Ste Murthe, Marie Dodier de la Passion,