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“ L’Epoux céleste, qui se dostinait cette belle âme, la favorisa dès sa tendre jeunesse d’une excellente vocation religieuse, Elle prit l’habit avec ferveur et continua de même son noviciat. Entre autres belles qualités, on remarquait en elle une grande facilité à s’appliquer, une mémoire heureuse, un cœur bon et un esprit bien fait. Son exactitude aux observances régulières fut inviolable, et elite apportait à l'exercice des vertus propres à une novice Ursuline une attention si soigneuse, que la maîtresse das novices se servait d’elle pour la seconder dans l'instruction des nouvelles venues, Elle fit profession dès qu'elle eut l’âge requis et en des dispositions toutes saintes.
“ Notre-Seigneur, qui la préparait à de grandes choses, permit qu'elle fut atteinte de peines d’esprit si violentes qu’elle ne savait que devenir. Au milieu de ses angoisses, une voix intérieure lui suggéra de faire vœu de s'offrir pour le Canada, s’il plaisait à Dieu de la délivrer. Elle le fit, et se trouva aussitôt dans une paix complète, et dans la ferme résolution d'exécuter ce qu'elle avait promis. Aussi dès qu'il fut question d'envoyer des reli. gieuses de Paris en Canada, elle alla trouver sa supérieure et lui rendit compte de tout. Il est aisé de juger quelle fut la joie de la bonne Mère, d’avoir à sa disposition un sujet si rare, et si propre au grand dessein que l’on avait concerté.
‘© Cependant notre jeune religieuse, qui «prouvait dans sa partie inférieure de grandes répugnances pour le Canada, était restée fort surprise de se voir ainsi prise au mot, et son âme était co me agonisante en vue du Calvaire qui l’attenduit. Autant la Mère Ste. Claire, à qui elle était donnée pour compagne, y mettait de feu, autant la Mère S. Athanase éprouvait de glace ; tellement qu’on eut dit que l’une allait porter l'incendie en cet autre monde, et que l’autre, par anticipation, était déjà toute gelée et morfondue des âpres froidures du pays. Cependant, pleine de l'esprit de Dieu, elle fit voir une constance admirable à résister aux oppositions infinies . qu’elle rencontra, d’abord de la part de la Communauté, puis de celle de Messieurs ses parents, qui n’épargnèrent rien pour la retenir, leur tendresse naturelle pour cette chère fille, qu'ils ne reverraient jamais, leur faisant estimer son dessein
une témérité, et une crrruté étrange en ceux qui l'y encoura. geaient.” :
Nous sommes frapnée ici d’un trait de ressemblance remarquable entre la Mére $S. Athanase et la Vén, Mère ; toutes deux ont comme leur Jardin des Oliviers avant le Calvaire du Canada. Trois jours avant de quitter son Monastère de Tours, la Mère Marie de l’Incarnation eut une telle impression des croix qui l'attendaient qu’elle en resta comme interdite, ‘Je ne puis dire l'étonnement et l’effroi où se trouva mon esprit à cette vue; je restai comme une personne seule, qui expérimente déjà son affreuse solitude et un cbandonnement entier de la part de Dieu et des créatures, tellement que j'étais comme insensible en quittant mes sœurs, mes parents, mes amis, et enfin toute la France, Néanmoins je m’abandonnais à Dieu pour suivre ses desseins en toutes choses. Il semblait même que mon esprit partît devant moi, tant il lui tardai‘ de suivre les volontés divines.”’
La Mère S. Athanase, qui devait s'identifier à la Vén. Mère dans le gouvernement de cette maison à son origine, passa aussi par cette épreuve des grandes âmes, et elle ne fut pas moins généreuse à s’abandonner à Dieu,
Dans la notice de la Mère Ste. Claire, nous avons donné les détails du voyage de ces deux ferventes missionnaires. À son départ de Paris, la Mère S. Athanase n'avait pas encore vingtsix ans. Son sacrifice fut d'autant plus méritoire qu'elle le faisait ainsi que nous l'avons vu, en toute connaissance de cause, expérimentant par avance les crucifiements de sa longue immolation. Tout en elle cependant respirait le calme, la paix, une joie toute céleste ; elle vérifiait ces paroles de la Vén. Mère qu’on ne peut expliquer ni concevoir le repos que ressent une âme quand elle s'est une bonne fois donnée à Dieu.
La Mère 8. Athanase fut admirable de jugement et de conciliation, dans l'acte d'union conclu en 1641. Appelée à succéder à la Vén. Mère en 1645, eile montra, malgré sa jeunesse, de quelle ressource elle serait à la communauté naissante, ‘ Remerciez Notre-Seigneur de nous l'avoir donnée, écrivait la Vén. Mère à son fils; c'est un esprit d'union qui mourrait plutôt que de rien faire
qui la puisse troubler,” Plus tard: ‘ Notre Révérende Mère et moi somines dans une aussi parfaite intelligence qui si nous n’étions qu'un cœur, Il ne se passe rien et elle n’entreprend rien qu’elle ne me le communique et ne me demande mon avis: ce qui noue et serre notre union très-étroitement.” En 1670. où ia Vén. Mère laissait .a dernière fois la charge à sa fidèle remplagante : “ Notre sou s’est faite avec succès par le choix de ma Rév. Mère S. Athanase, Cette élection n’a rien changé dans les cœurs, Vous béniriez Dieu de voir la grande paix et la sincère union dont nous goûtons les douceurs, Certes, si Dieu fait ga demeure dans la paix, nous devons bien croire qu'il habite dans notre petit séminaire ; et c'est un trésor qui nous est plus précieux que tous ceux de la terre.”
La Mère S. Athanase était Supérieure au premier incendie du Monastère, alors que son cœur si bon ‘‘ souffrit des convulsions de mort”’ dans la crainte que quelque membre de sa chère famille religieuse n’eût péri." Sa tendre dévotion à la très-sainte Vierge qui lui avait inspiré, quelques mois auparavant, de la choisir et reconnaître solennellement pour première et perpétuelle Supérieure de notre maison, lui fit encore proferer, à genoux sur la neige, ce vœu à l’Zmmaculée Conception, que la Vén. Mère regar ia comme miraculeux dans ses effets,
La vénération de la Mère S. Athanase, nous pourrions presque dire son culte pour la Mère Marie de l’Incarnation émeut l'âme, Dans la grande maladie qui faillit emporter la Vén. Mère en 1664, la Mère 8. Athanase ne voulut pas qu’elle eut d'autre infirmière qu’elle; nuit et jour elle était au chevet de la sainte malade, suppliant Dieu de ne point imposer à sa Communauté un pareil sacrifice. ‘Elle a pour moi des soins qui ne sont pas imaginables,” disait la Vén. Mère,
Au jour mémorable du 30 avril 1672, dans quels sentiments recueillit-elle lo deruier soupir de cette âne ‘* divinisée L'expression de sa douleur, dans sa lettre de faire part, a quelque chose de poignant, il semble que la meilleure partie d'elle-même lui ait échappé, avec l'âme de celle qu’elle considérait comme son appui, son modèle, ‘‘ sa tout ainable et tant aimée Mère,”
La Mère S. Athanase acheva, comme la Vén, Mère, ses dixhuit années de supériorité, bien déterminée À obtenir sa retraite. En effet, voyant qu'aux élections de 1681, on semblait penser à elle, elle prit si bien ses mesures qu’elle obtint de Mgr. de Laval la promesse qu'il l’exempterait de concourir. Le saint Prélat qui lui-même pensait à se décharger du fardeau du gouvernement, comprit les aspirations de cette sainte âme. Grande fut la surprise et l’affliction des Religieuses à cette annonce de Mgr., peu avant l’élection. ‘“ Nous ayant ainsi lié les mains à notre insu, ce fut en vain que nous fîmes instance auprès de Mgr.; il demeura ferme en ce qu’il avait accordé. L’humilité de notre chère Mère ne laissa pas de beaucoup souffrir, voyant la peine que la Communauté ressentit de ce coup si peu attendu.”
Voilà done la Mère S. Athanase pendant les vingt dernières années de sa vie, se réjouissant de n'avoir plus qu'à obéir. Quel beau modèle pour toutes ses sœurs! Elle continua à la vérité d'exercer des charges subalternes, ‘ mais dans une soumission, un respect pour les supérieurs qui allait jusqu’à la vénération.” Elle était là comme une relique vivante où se concentraient les souvenirs de la ferveur des premiers temps. Toutes les grandes crises de la colonie étaient passées; le pays étuit fait; le Monastère aussi avait subi ses grandes épreuves et était à la veille de porter aux Trois-Rivières l'esprit des Fondatrices, que la Mère Charlotte Barré de S, Ignace allait transmettre au dix-huitième siècle,
La vénérée Mère tomba malade le 28 mai, 8lième anniversaire de sa naissance, ‘‘ Quoiqu'elle se fût trouvée assez mal durant la nuit, elle ne laissa pas de se lever encore avant 4h., et de faire ses prosternations ordinaires. Sur les 5h., pendant l'oraison, on s’aperqut qu’elle avait beaucoup de peine à se soutenir. On la pressa de se mettre au lit, mais elle dit que ce n'était rien. L'après-dînée, quoiqu'elle eût la fièvre, elle se rendit au confesgional, et le lendemain entendit la messe et reçut la sainte com: munion avec la Commuuauté. (Ce même jour, dimanche de la sainte Trinité, elle assista au chapitre pour la réception d'une novice à la profession, mais dans l’après-dînée, elle fut contrainte
de prendre le lit, sa fièvre angmentant avec une forte oppression de poitrine, Voyant notre inquiétude, cette bonne Mère cachait son mal autant qu'elle pouvait, et nous encourageait disant que ce ne serait rien, Je mercredi, veille de la Fête-Dieu, elle eut une hémorragie de cerveau qui la fit tourner à mort. Elle demanda les sacrements, qu'elle reçut ce même soir, sur les 7h., avec une piété exemplaire, demeurant toute remplie et occupée de Dieu, Ce qui ne l'empêchait pus, au plus fort de ses douleurs, de recevoir ses sœurs avec une affabilité admirable, Quelqu’une ayant fait la remarque que l’ardeur de sa fièvre devait lui causer une soif ardente :—J'’ai bien une autre soif! répliqua-t-elle;-—Ma Mère, reprit la Supérieure, vous avez soif de souffrir, de glorifier Dieu, de lui gagner des âmes; à quoi elle répondit avec force: Oui, oui, j'ai soif de glorifier Dieu et de l'aimer, Quelque temps après elle prononça un verset des psaumes où le Roi-Prophète se plaint de la longueur de sa vie et de ses souffrances, Depuis six mois en effet, elle avait été agitée d’inquiétudes et de scrupules, qui achevèrent de la purifier. Les derniers moments de sa vie se passèrent dans une occupation et un amour actuel de Dieu, qui lui était ordinaire, mais dont l’approche du terme redoublait l'intensité, Elle répétait avec David : In terra deserta et invià et inaquos@ etc. Enfin, après avoir prononcé trois fois avec dévotion le saint nom de Jésus, elle expira sans autre agonie, à une heure après minuit, vendredi, lendemain de la Fête-Dieu, 3 juin 1695, consommant en ce jour solennel pour elle le sacrifice qu’elle avait commencé 63 ans auparavant, faisant à paicil jour sa profession religieuse dans le Grand Couvent de nos Mère Ursulines du faubourg S. Jacques, à Paris.”
L'auteur de la Notice de la Mère S. Athanase est embarrassée dans le choix des vertus à signaler en cette chère Mère, “qui a été en cette maison, pendant 55 années, un flambeau luisant et ardent, une colonne de régularité, une âme toute débordante de la plénitude du Saint-Esprit avec ses dons et ses fruits, ayant comme le juste dont parle David, hâti des degrés en son cœur, pour s'élever chaque jour de plus en plus en'la voie de la perfection et intime union avec Dieu.
‘ Aucune vertu n'était médiocre en elle, Sa foi vive, sa confiance inébranlable, sa charité ardente se manifestèrent avec éclat en des rencontres considérables. Son esprit de pauvreté et et de détachement était admirable, Elle savait ce qu'elle était à notre Communauté par les bienfaits incessants de sa famille, et cependant, elle eut été fâchée que la dernière des sœurs se fût trouvée plus pauvre qu’elle; il fallait user d'adresse pour renouveler ses habits, Sa mortification était universelle ; elle jeûna encore le vendredi, veille du jour où elle tomba malade, Ses plus riches meubles étaient ses instruments de pénitence. Elle était des premières aux travaux communs, même aux lessives, et lorsque les Supérieures voulaient l'en exempter vu son grand âge, elle insistait agréablement, disant que ces exercices étaient nécessaires à sa santé, /l faut aller jusqu'au bout, disait-elle encore avec la Vén. Mère, et ne point donner de trève à la nature lâche et paresseuse, Dans les croix et les contrariétés, sa pratique était d’aller se prosterner devant Dieu, le silence lui servant alors de mur de protection ; ces paroles du Prophète semblaient être siennes: Sedebit solitarius et tacebit quia levavit super se; — Ponet in pulvere os suum, sit forte, sit spes, Jamais on ne lui a entendu dire un mot de plainte; si elle ouvrait la bouche, c'était pour appuyer les ordonnances des Supérieurs ou pour justifier les conduites de Dieu sur notre Communauté. On peut encore à juste titre lui appliquer ces paroles du Prophète-Royal : Zelus domûs tuc comedit me, s'étant consumée dans l'exercice du zèle, faisant ses délices de l'instruction des enfants, où elle a toujours été employée excepté les six mois qui ont précédé sa mort, Elle n’a épargné ni travail, ni prières, ni pénitences, pour la conversion des sauvages et l’établissement de la foi sn ces contrées,
4 Que dirai je de sa charité ? Elle était la tendre mère de toutes, trouvant toujours moyen d'aider et de consoler ; autant elle était oublieuse d'elle-même, autant elle était empressée à soulager les autres, dont les maux ne lui semblaient jamais petits,
# C'était un esprit universel, remplissant parfaitement tous les offices, grands et petits: elle a été 18 ans supérieure, 15 ans assistante, 6 ans zélatrice, 12 ans maîtresse des novices, de plus
maîtresse générale, au pensionnat et à l’externat, toujours à la satisfaction de tous. Son bel esprit, son heureuse mémoire, sa sage conduite, ne l'ont point éblouie, tout est retourné au Dieu qui l'avait si richement douce, et dont elle avait fait valoir les talents au centuple. Nous la regirdons comme une insigne bienfaitrice, et un vrai modèle de perfection. Sa mémoire sera toujours en bénédiction en ce Monastère.”
Après un éloge aussi complet, on ne sera pas surpris d'apprendre que les principales dévotions de la Mère S. Athanase avaient pour objet les souffrances de N. $S. J. C, et son amour infini au très-saint Sacrement de l'autel. (C'était ià, dans le Cœur souffrant et brûlant de son Époux céleste, qu’elle puisait les vertus üoat elle a laissé de si grands exemples.
Toute l'honorable famille de Flécelles s’est associée À l’aposils t de cette véritable Ursuline, En 1672, le Récit dit : ‘ Nous
encore cette année M. l'abbé de Flécelles, oncle de
Mère S. Athanase, ancien bienfaiteur qui, depuis
notre établissement, nous donnait au moins 100 f, chaque année ; il nous a laissé en mourant 100 écus de rente annuelle sur la maisou de ville à Paris.” En 1684, le Récit signale la mort de ‘ M, de Flécelles, l'aîné, frère de notre très-chère Mère, Il a laissé par testament à notre Communauté 2000 f, afin de nous assurer une rente annuelle de 100 Ibs., nous continuant ainsi après sa mort les charités qu’il nous avait faites pendant sa vie, M, son frère, qui lui survit, en a donné autant à la même fin, ce qui fait un capital de 4000 Ibs, au profit de notre maison. Les largesses' et libéralités de cette honorable famille ont été admirables, les autres membres continuant toujours à nous assister, Nous avons tâché et tâchons de reconnaître ces bienfaits, par des prières, messes, communions et services solennels, mais Dieu, qui sait l'étendue de nos obligations, peut seul aussi les reconnaître di-
gnement dars son éternité.”
it
La Mère Marie Le Vaillant De Vocelles dite de Sainte-Cécile, PBrofesse de Bapeur, Première Assistante des Œusulines Des Œrois-Ribières, 1697-1699,
Nous avons vu l'accucil fait à Ja Mère Sainte-Cécile à son arrivée, le 7 septembre 1697, et quelle renommée de vertuelle apportait en Canada. “Tout ce qu'on nous avait dit n’était rien, ajoutent
les Annales, en comparaison de l'estime et de l'affection que nons dûmes pour elle après l’avoir connue; ce qui produisit entre elle
ét nous une si grande union qu'il semblait qu’elle fût professe de notre maison, Iln’y avait guère plus d’un mois qu'elle était avec nous lorsque Mgr. de Saïnt-Valier la choisit pour assistante, l'emmenant à sa fondation des Trois-Rivières. Elle y avait été environ 17 mois lorsque le Seigneur l’appela à la récompense. Cette chère Mère s'était surtout rendue remarquable par son union avec Dieu ct son humble et respectueuse soumission À l'égard des supérieures. Elle avait un si grand amour pour les sauvages qu'elle se mit avec ardeur à étudier leur langue, et malgré son âge, elle fut bientôt en état d'enseigner la doctrine chrétienne aux petites Algonquines des Trois-Rivières, La Mère Sainte-Cécile mourut aux Trois-Rivières le ler mars 1699, avec la réputation d’une sainte, Elle était âgée de 57 ans ayant environ 42 ans de vie religieuse. Nous lui avons fait tous les services et prières comme à une religieuse de notre maison, tant nous avions conçu d'estime et d'affection pour elle à cause de sa vertu. La pérte a été grande pour la nouvelle fondation.”
Soeur Francoise Grabelle de Sainte-Anne, premiere Socur conberse Des Œrois-Ribieres; Soeur de la Visitation} Soeur Sainte-fhadeleire.
Sœur Françoise Gravelle de Sainte-Anne, première sœur converse des Ursulines des Trois Rivières, fut la seconde religieuse de cette maison à remporter la couronne, Elle tomba malade le jour de l’enterrement de la Mère Sainte-Cécile ct mourut le 9 du même mois, en d'adinirables sentiments de piété. ‘“ Quoique petite de corps et un peu délicate, son grand courage la faisait venir à bout de tout. Étant l'unique sœur converse de la fonda-
ROSE SERUERE
tion, qui comprenait un pensionnat et un hôpital, on entrevoit dans quels travaux elle passa les deux dernières années de sa vie, La Mère Marie Drouet de Jésus, Supérieure des Trois- Rivières, écrivait à sa mort: “ Sila voix du peuple est la voix de Dieu, il y a eu à la mort de cette chère sœur une révélation bien frappante de sa béatitude ; toute la ville où elle est décédée la regarde comme une sainte.”
Trois sœurs Gravelle, ‘ filles de M, Massé-Joseph Gravelle et de Mme, Marguerite Tavernier,” ont été religieuses converses en cette maison, Toutes trois sont ‘nées À Beaupré, et ont été baptisées dans l’église de la Visitation du lieu.” Nous venons de faire connaître la seconde, entrée à notre noviciat en 1678 et décédée le 9 mars 1699, âgée de 40 ans, La troisième, Geneviève dite de la Visitation, est cette fervente novice qui reçut le voile dans le “ Bethléem du Cloître”’ en 1687. Elle mourut d’une inflummation de poumons le 20 janvier 1691, n'ayant que 23 ans et demi, et quinze mois de profession religieuse. Nous reneontrerons plus tard l’aînée, Marie-Madeleine dite de $. Paul, entrée au noviciat en 1674, Disons dès maintenant que ces trois sœurs, après avoir été élevées dans les principes d’une piété éclairée et solide, furent de saintes religieuses, ayant éminemment l'esprit de leur état.
Le 24 février 1697, mourait presque subitement notre chère sœur Françoise Ouën de Sainte-Madeleine, native de Dieppe, ayant 77 années d'âge et 44 de Religion, “ Sa vie édifiante avait été une continuelle préparation à la mort. Sa charité à l'égard du prochain allait au delà de tout ce qu'on peut dire,
ainsi que son respect et sa soumission pour les supérieurs,”