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Écoutons notre Vén. Mère nons expliquer le mode de chauffage des Ursulines, à cette époque et dans les années subséquentes.
“ Notre cheminée est au bout pour chauffer le dortoir et les cellules, dont les séparations ne sont qu'en bois de pin... ..et ne croyez pas qu'on puisse
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y demeurer longtemps en hiver sans approcher du feu; ce serait un excès d'y demeurer une heure, encore faut-il avoir les mains cachées et être bien couvertes. Hors les observances, le lieu ordinaire pour lire, écrire et étudier, est de nécessité auprès du feu, Nos couchettes sont de bois et se ferment comme des armoires, et quoiqu'elles soient doublées de couvertes ou de serge, à peine s’y peut-on réchauffer," À quatre cheminées que nous avons, nous brülons par an 175 cordes de gros bois ; après tout, quoique le froid soit si grand, nous tenons le chœur tout l'hiver, mais l'on y souffre un peu,’ Quelle ferveur! Ne faut-il pas être bien avancées dans l'oubli de soi-même, bien mortes à la nature, pour porter aussi gaiment de telles incommodités ?
Nos lectrices seront surprises d'apprendre que nos traditions domestiques ne font remonter l'introduction des poêles au Monastère qu’à l’année 1668, où entrait au noviciat Mlle. M. Madeleine de Lauzon. ‘“ Alors. dit le Récit, un poële fut placé dans le grand dortoir des religieuses par ordre des supérieurs, à la demande de cette illustre famille.”
Voilà donc le confort que nos Mères estimaient inappréciable, après les souffrances des trois années et plus qui avaient précédé. |
Quoique les ouvriers fussent constamment occupés à travailler autour d'elles, rien ne fut omis dans les observances régulières, Depuis quatre heures du matin jusqu'à neuf heures du soir, la méditation, les saintes lectures, la récitation de l'office divin, l'étude des langues sauvages, le travail et l’enseignement, se
partageaient les heures de leurs saintes et belles journées.
Que de fois, dans cette première chapelle (*) du Monastère, les premiers Martyrs du Canada n'ont-ils pas célébré les saints Mystères? Voyons le KR. P. Gabriel Lalemant officiant à l'autel; la Mère de l’Incarnation et la Mère N. Joseph, entourées des Séminaristes, chantent en langve Huronne un cantique de mission, Entendez-vous la voix forte et sonore de la Mère de l'Incarnation ? Elle soutient si bien la voix douce et mélodieuse de sa jeune compagne! Et que disent-elles dans ces stances sauvages ? ‘“ Allez, allez, nous sommes ravies que vous alliez dans un lien d’abandonnement ; oh! plût à Dieu qu'on vous fende la tête d’une hache !”...... Et puis le refrain au nom du missionnaire : “ Ce n’est pas assez, il faut être écorché et brûlé, et souffrir tout ce que peut inventer la férocité des plus barbares, et tout cela de bon cœur pour l'amour de Dieu et le salut des sauvages !”
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