TRISTE
Vinrent ensuite M. d'Ailleboust, l’ami dévoné de nos Mères et leur grand protecteur dans l’affliction du premier incendie; et M. de Lauson, qui a aussi tant de titres à la reconnaissance de cette Communanté. Ces Gouverneurs, ainsi que M. Chs. de Lauson Charny, administrateur du pays en 1656, furent tous de dignes successeurs de Champlain, par leur zèle pour les intérêts de la religion et leur dévouement au pays. M. d’Ailleboust, M. de Lauson et son vaillant lils, se trouvant liés à notre Communauté d’une manière particulière, par les membres de leu: famille qui se consacrèrent à Dieu dans notre maison, nous aurons occasion de parler d'eux plus longuement dans le cours de cette Histoire.
M. le Vicomte d’Argenson, gentilhomme accompli au point de vue des qualités personnelles, avait toujours offert dans ses mœurs le modèle des plus rares vertus. Voici ce qu’écrivait de lui la Vén. Mère de l'Incarnation, ‘qu’il regardait comme sa mère spirituelle et qu'il honorait de toute sa confiance. ‘ M, le Gouverneur fait paraître de jour en jour son zèle pour la conservation et l'accroissement du pays. Il s’'applique à rendre justice à tout le monde, C’est un homme d’une haute vertu et sans reproche. Je vous ai dit le soin qu'il a eu pour notre conservation pendant l'alerte causée par les incursions des Iroquois, étant venu lui-même plusieurs fois en notre Monastère pour visiter les lieux et les fortifier, y plaçant des corps de garde. J'ai souvent l'honneur de sa visite, outre celle qu’il rend à notre Mère (la Mère S. Athanase, Supérieure). Il y a toujours à profiter avec lui, car il ne parle que de Dieu et de la vertu, hors la nécessité
de nos affaires, que nous Ini communiqnons comme à une personne de confiance et remplie de charité.” (1)
L'histoire nous a conservé de beaux traits de la bravoure du Vicomte d’'Argenson, et de ses efforts pour délivrer le pays des incursionsdes [roquois. * M. d’Argenson nous a quittés à cause de ses infirmités qui lui ont fait demander son retour en France, écrivait la Mère de l'Incarnation en 1661, Ontre cette raison, je vous dirai en confiance qu'il a eu à souffrir en ce pays dont il a été chargé, sans pouvoir obtenir du secours de France, L'impuissance où il s’est vu de résister aux [roquois n’a pas peu contribué à l’affaiblissement de sa santé. Il s’est trouvé des esprits peu considérés qui ont murmuré de sa conduite, et qui en ont fait des plaintes capables d'offenser un homme de sa qualité et de son mérite. Il a souffert tout cela avec beaucoup de générosité... Nous aurions souhaité qu'il füt continué en qualité de gouverneur le reste de ses jours, car il était si religieux qu’il donnait l'exemple aux Français et aux Sauvages.”
Nous regrettons d’avoir à ajouter aux beaux noms qui précèdent, ceux du baron d’'Avaugour et du chevalier de Mésy, trop célèbres par leurs démêlés avec Mgr. de Laval au sujet de la traite de l’eau-devie. Heureusement, leur administration fut de courte durée et un nouvel ordre de choses vint remédier at mal, comme il sera dit ci-après.
(?) M. le Vicomte d’Argenson, au nom de Ja compagnie de la Nouvelle-France, dota le Monastère de quelques biensfonds, entre autres de quarante arpents de terre appelés ‘la Cédrière,’"”’ au bas du coteau sainte Geneviève: ce terrain fut depuis échangé pour un autre, Le Récit ajoute que pendant son gouvernement, il nous faisait part des amendes pécuniaires du pays.
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Ajoutons à la louange du chevalier de Mésy que, tombé dangereusement malade au mois de février 1665, il se fit transporter dans la salle des pauvres à l'Hôtel-Dieu, où jl fit venir Mgr. de Laval et se réconcilia sincèrement avec lui. Notre Récit uit “qu'il décéda le 7 mai, très-chrétiennement, dans de grands sentiments de contrition.
“ À sa mort, il donna 200 £f. en aumôûne à notre communauté.”