AVERTISSEMENT
qu'il g a des hommes el qui rêueni de meilleures destinées, c'est à r amour quils ont dédié leurs rêues de prédilection et, bien avant que le chancelier Thomas More eut forgé ce nom pour sa cité qui n'est nulle part, leurs utopies. Ils ont souhaité de l'affranchir de nos misères, de le tourner en béatitude, de le rendre libre, impérissable et triomphant.
Cette utopie d'amour, les générations l'ont poursuivie chacune à sa manière, selon que les attirait et fascinait l'un ou l'autre des visages de l'amour. On s'est limité, dans Vessai que voici, à recueillir les songeries amoureuses qui, de la Renaissance au romantisme, florirent chez nous. C'est encore une gerbe assez riche et variée, aux couleurs plaisantes ou mélancoliques, libidineuses ou virginales, aux parfums suaves ou aguichants.
Aucune littérature ne s'est, autant que la nôtre, con~ sacrée à l'amour, et à toutes les formes de l'amour, galanterie et tendresse, jouissance et passion. Et, entre les écrivains qui ont trailé de V amour, il en est bien peu qui n aient fait de lui une utopie. Quiconque en effet iasservit à des lois le méconnaît, quiconque le définit le mutile, en sorte que seuls ne nous offrent point de prise ceux qui se sont astreints à la vérité humaine. Sans prétendre à un rôle de catalogue ou d'inventaire^ ce Hure s'arrêtera davantage aux imaginations les plus significatives et aux plus singulières, à celles qui ont retenti sur tes événements, à celles que leurs inventeurs ont projeté d'imposer à la vie comme, par exem»