A MADAME **^ LETTRE VI
le serois rauy d'auoir receu deux grandes pages de vous, et de si bonnes paroles : n'estoit, que ie trouue qu'il y a des plaintes mesléôs , et qu'en m'assurant de vostre affection, vous témoignez de douter de la mienne. G^est me faire beaucoup de bien, en me reprochant que ie ne le mérite pas : et cela est proprement me baiser îa main, en me tenaillant le cœur. Ha ! M. ie vous en conjure, ne m'outragez plus de la sorle, ou dites-moy ce qu'il faut que ie face. le souffrirois plustosf, que vostre cor vous fist crier ; et j'aymerois bien -mieux vous entendre plaindre de restomac. CVst signe toute-
600 NOWELLES LETlTlES
fois qoela fléuren'est pas grande, quand éUe permet qrfoat6yiWpi^( de la teste : et ie foy Inen que vos autres maux ae> tooi WllMP^ que doucement, puisque tous sentes oeluy-lk. Encore suk^e H aise de voir, que pour reprendre quelques-vnes demiBsactiQDfeiiMi soyez contrainte de rechercher ma vie si auant ; et queladsiiàil fijuite que tous me reproches, il y a quatre ans que ie l'ay îà% Hab ie voiis prie, pour nostrê repos, ouûions le passé ; et ipfiH nuit bien espaisse oouure tout ce temps-là de ses ôdabres. S'il ffj!tk passé quelque mal4ieur, qui puisse estre reinrodié à cette beUe rf* féction que nous auons fait naistre depuis, helas ! j'en ay JpeuMkk plus de regret, que ie n'y ay eu de faute. Ne touriKHis doncptaill veuè de costé-là : et ie vous prie ne regardons point derrière nosi. Ce n*6st pas que ie craigne, que vous me connoissiez coupable, os que vous trouuiez quelque chose contre moy. Mais il me dé|lat seulement d'estre accusé de ce crime. La recherche en cela me titsi lieu de suplice; et le soupçon m'en fssche [autant qu'vne omdsBh nation. Csr enfin, Phistoire que Ton vous a faite, est finisse, oasi moms bien malicieusement changée : et oeà idipatibnces quitôi offensent tant, et auec raism, puronent controuuées* La Fbrtôde, et non pasmon dessein, fit renconixer ces deux femmes : et le difk de celle, à qui, de vray, j'auois conté qudqne diosede ce querstllli m'auoit dit, la fit parier malgré moy là-dessus, sans que seliknM ie les voulusse écouter. Il me fasche, que celle qui vous a fait ce conte, soit venue à bout de son dessein ; et qu^elle vous ait fait du mal , et à moy aussi. Mais, ie vous prie, donnez-moy du repos : et croyez-le pour tousiours. Quand ie n'ay point esté à vous, i'ay esté à moy : et vous estes la seule au inonde que i^aye iamais aymée. le n'estois né que pour vous : et mon cœur ne s'est jamais esmû pour vn autre. Que si lors que vous ne l'auez pas tousiours eu tout entier, j'ay pris pour moy la part que vous m^en laissiez : en tout cas, il n^a iamais esté partagé qu'entre nous deux. Aussi ne veux-je point du pardon que vous me donnez : et ie vous prie de m'excuser; si ie refuse quelque chose de vous. Car ie croy, que vous serez bienaise, que ie n'en aye que faire. C'est peu que ie vous ayme, et que ie vous ayme plus que moy-mesme. Car vous le méritez trop : et le plus ingrat homme du monde, en feroit autant que moy. Mais si pour quelque chose, vous me deuez sçauoir gré : c'est de ce que ie n'aymay, et n'aymeray iamais rien que vous; et que ie vous respons du passé, et de Tauenir, auec autant d'asseurance que du présent; et que vous jugeant seule au monde digne d'amour, ie vous ay remis entre les mains vn esprit libre et généreux, qui n'a iamais daigné
2^ que vous^ et qui ne reconnoistra iamais d'autre maistresse. ^•pourquoi ne vous enpuis-je enuoyer le portrait, aussi bien ^ de mon visage. Il vous sembleroit bien plus beau que l'autre, ^ doute vous le regarderiez plus volontiers, le sçay bien que vous
Terriez beaucoup de traits qui vous plairoient j et que vous y reuutjueriezdes beautez, que ie ne vous puis dire. Car quand il n'y en ifoit point d'autres : au moins vous y verriez les vostres mieux întes, que nulle part ailleurs : et tout auprès^ vous y apperceéz la venté de ce que ie vous dis, si entière, et si naîue^ que cette ïë ne vous seroit gueres moins agréable. Mais puisque cela ne se it, et qu'il n'y a point de peintre pour cela : ie vous envoyeray uy que vous me demandez. le faisois difficulté d'y faire corn- Qcer si-tost , car cette absence m'a tellement changé, que si l'on tire bien, ie ne seray pas reconnoissable. Il est vray, que c'est it-estre de la sorte que vous m'aymerez le mieux^ et que pour is sembler moins beau, vous ne m'en trouuerez pas moins agreà- . Ne grondez donc plus : ie vous le donneray. Mais, encore vne , ne grondez donc plus ; et que vos lettres soient toutes bonnes, ime elles sont toutes belles. Ce n'est pas assez que j'aye escrit à "^* Et elle mérite bien, quelque chose de meilleur que cela, idez-moy quoy, ie vous en prie. Car autrement j'y serois emché; et possible ie choisirois mal. Mais que ie suis content du let que ie luy ay donné, puis que cela vous a fait dire, l'y ay me part à mon.... Aussi vous en remercie-je pour.... Helas, que s estes aymable ! et que vous auez tort après cela de douter, vn' homme, dont vous auez bonne opinion, puisse iamais rien ler que vous. Allez, vous estes vne méchante ! et ie vous ferois ore bien des reproches là-dessus. Mais la nuit est plus qu'à deniy sée ; et ie ne vous puis dire Adieu. le m'en vais l'acheuer , sans ite, auec moins de repos, que ie ne l'ay commencée : si ce n'est
cet entretien du soir, me donne quelque bon songe. Helas ! il déjà plus d'un mois, etc.
008 XUVVEIXES LETTRtS
A MONSIEVR GOVLAS,
CoDSiîilkr et Secrétaire des commaDdemens de S. A. R. Monseigneur le Duc d^Orleaoii.
LETTRE VII
MONSIEYB;
rimplore vostre secours, si tous mes autres amis m'ont oublié: et ie vous fais ressouuenir^ que vous m'auez appris autrefois^ qie cela ne vous arriueroit iamais. le suis retourné en ce lieupodry attendre les comniandemëns de Monseigneur : et il me semble, qie ie suis reculé en vn bout du monde, d'où personne n'a soin de iv tirer. le vous supplie tres-humblement^ de me faire sçauoir^ si tov ne Tauez desia 'fait^ ce que Fon ordonne que ie face. Ayez, s'il von plaist^ cet auantage sur Monsieur de Chaude-bonne : et faites voir, que le plus homme de bien de la Terre^ et qui aime le mieux sa amis, n'est pas si exact à les seruir, que Vous. Outre qu'il vous es reuiendra quelque gloire; ie reconnoistray cette obligation comme ie dois : et il me semble, que ie la reconnois desia, en quelque sorte, puis que ie vous escrîs, et que ie ne liiy escris point. Mais, puis que son amitié est si endormie ; ie voudrois bien la resueiller aueo vii peu de jalousie : et ie seray bien aise qu'il sçache que ie suis -Mm loute sorte do passion, et autant que de personne du monde,
Monsieur, ie no croy pas (pie vous soyez si nial-lieunîux, que de ne connoistre point Madame la Comtesse de Barlaymont ; et que vous ayez perdu tant de temps à Bruxelles. le vous supplie tres humblement de me permettre de Tasseurer icy : qu'en quelque lieu que ie me sois trouué, elle a tousiours esté dans mon esprit, comme la plus illustre femme que j'ayc iamais vouo, et qui mérite le pln^ <l'eslro aimée, honoréo, ot sorui(».
Mon s I e vi\ , / osirr, Hr.
Ttv. Madrid ce 15 Ijmuipr K;:j:{.
DE MONSIEVR DE VOIl VRE. 609
A MONSIEVR ***
LETTRE VIII
MONSIEVR
l'attendois auec impatience des nouuelles de ma quaisse : pour e que i'esperois, qu'elle ne viendroit pas sans vne de vos lettres; t qu'en me fhisant sçauoir de vos nouuelles, vous me donneriez loyen de vous en dire des miennes. le n'eusse pas attendu jusqu'à etfe heure, si i'eusse sçeu où vous escrire. Mais quelle asseuance peut-on auoir, de rencontrer vn homme si peu arresté, et [uî se laisse emporter à tous les vents ? Il vous arriue quelquefois de aire cinq cens lieues, en ne bougeant de chez vous : et sans changer le maison, vous changez de climat, et de Royaume. Cette pensée rouble souuent mon repos. le crains qu'il ne puisse pas y auoir beaucoup de constance auec tant de légèreté : et il me fasche d'aloîr tousiours le meilleur de mon bien sur la mer. le n'en ay point, B vous asseure, que j'estime tant, que la part que vous m'auez lonnée en vous. Mais comme c'est un bien que la fortune m'a procuré, j'appréhende qu'elle ne me l'oste, lè n'entends plus de grands renis qui ne me fassent peur ; et queie ne craigne qu'ils vous soient K)ntraires. Les Pirates d'Alger me font pâlir au milieu de Bruxelles : ît ie me trouuois beaucoup plus asseuré; lorsque j'estois au milieu ie l'Océan, et "que ie voyois vostre vaisseau tous les iours. le vou- Iroisbien, que vous me tirassiez de toutes ces peines, en me mandant, que vous m'aymez tousiours, que vous vous portez bien, que vous estes à Londres ; et que pour le reste de cet hyuer, vous ne verrez point de hazards, que ceux que vous courez auprès de Mademoiselle Hélène. le vous supplie, au reste, qu'elle n'achéue pas si fort de vous gagner le cœur, qu'il ne m'y reste tousiours quelque place à ses pieds. Vous ne me deuez pas refuser cette grâce. Car ie suis, ie vous iure, de tout mon cœur,
MoKSiEvii, Vosire, etc.
A. Bruxelles ce isFeurier. ^1}
(1) Cette lettre n'est pas à sa place, car elle se rapporte nécessairement à l'année 1634. Voiture venait alors de rentrer en Flandre. •
m) LD LIURAlHIi: AUX LECTEURS.
pour la grauité de son sajet, et poar les nobles sentimens d'vn véritable Ministre d'Estat qui s'y trouuent, d^estre digne de vostre curiosité. C'est tout ce que j'ay pu recueillir de plus rare et de plus nouueau, des écrits d'vn Autbeur si célèbre: et comme après l'applaudissement que ses premières Oeuares ont eu, c'est mériter du public que d'en faire de nouuelles recherches; ie vous prie, pour principal payement, de m'en scauoir au moins quelque gré.
INOVVELLES LETTRES
Dli MONSIEVR
DE VOITVRE
A >IO>SE[Gi\ËVl{ Lli CARDINAL DK LA VALETTK.
LETTRK 1.
MONSEICiNEVll,
lusqu'à ce que la Rochelle ait esté rendue, ie croy qu'il a esté ?c€ssaire que vous ne quitassiez point le Roy; et qu'vne si grande Taire comme celle-là, aiioit besoin, pour estre acheuée, de vostre •esence, et de Passistance de vostre génie. Mais si vous ne reuenez en viste, à cette heure que vous n'auez plus de prétexte de vous arrcster, vos affaires seront en plus mauuais termes que celles îs Huguenots; et dans le temps de la félicité publique , et que tout inonde espère d'estre en repos, vous seul ne jouyrez point de la dx, et aurez vue dangereuse guerre sur les bras. Il y a desia quellies iours, Monseigneur, que Ton commence h murmurer icy, de î que vous demeurez-là trop long-temps. Quelques Ennemis couerts , que vous auez auprès de vous, ont escrit, que vous ne vous ennuyez pas assez : et \i^ouïs l'autre iour lire vnc lettre , où Ton sseuroit que Ton vous y voit rire quelquefois. Cela irrita icy contre ous les esprits de tout le monde. Vue Dame qui ne se fasche pas egerement, mais qui ne pardonne iamais; témoigna d'en estre brt ofTensée : et Madcniioisellc de Rambouillet, et Mademoiselle Paulet s'en hérissèrent toutes, et en rugirent horriblement, et pro- 3oserent à l'heure mesme, d'aller piller vostre logis. Si vous sca- "ez. Monseigneur, aussi bien que moy, de quelle sorte leur haine 'St à craindre, et combien de maux ont à endurer ceux qui soufrent leur persécution : vous abandonneriez toutes choses, pour ^Uenir en diligence, et ne vous arrestoriez pas vn moment en rhe-
602 NOVVEÏXES LETTRES
min, que pour boire du lait à toutes les postes. Car si vne fois elles conspirent contre vous, vostre Dignité ne vous sçauroit mettre à couuert : vous serez par tout en sdaraie, et en inquiétude i et il n'y aura plus dans le Monde vn lieu de seureté pour vous. Pour moy, Monseigneur, dans les tourmens qu^elles me donnent, si ie vois quelque consolation^ c'est seulement en req[>erance de vostre retoup : et ie m^imagine, que ce me sera quelque soulagemepti que d'auoir rhpnneur de vous voir, et le plaisir de n'estre plus obligé d'escrire à personne. Ne vous estonnez donc pas, s^ vous{daist, que ie.le souhaite ardemment; puisque j'y ay tant d'interest, et qoe ie suis passionnément.
AV MESME
MONSEIGNEVR
Quoy que j'espère estre dans quelques iours plus prés de vous que ie ne suis : ie crois qu'il est à propos que j'en prenne congé dés celte heure; et que ie vous die, qu'enfin, après beaucoup de peine, ie suis resohi d'aller trouuer mon Maistre , voyant que ie n'en ay plus icy. Selon que ie puis entendre, ce n'est pas me mettre du costé des plus forts : et ie ne crois pas que ie le fortifie guère par ma présence. Au moins, ie vois bien, par l'exemple de Monsieur de Lorraine , et le peu de secours qu'il a apporté aux affaires de l'Empereur : que les grands hommes ne font pas tousiours toutes choses; et qu'ils ont besoin de l'assistance des autres, et de celle delà Fortune. Tant y a. Monseigneur, que ie feray tousiours vne grande action en sortant de Paris : et ie crois qu'il faut autant de courage et de force pour quitter cette Ville, que pour en prendre autant que le Roy de Suéde en tient en Allemagne. Il est vray, Monseigneur, qu'il y a moins de difficulté, à cette-heure, que vous n'y estes pas. Et j'auouë que la fortune m'a aydé beaucoup à mfy résoudre, en vous en tirant. Car, sans mentir, ie doute si j'eusse iamais pu en sortir, tant que j'eusse eu l'honneur de vous y voir, et que j'eusse pu y demeurer auec vn si beau prétexte que celuy d'estre auprès de vous. Mais, Monseigneur, les personnes, qui me pourroient icy donner de la joye, remettent toutes les leurs à vostre retour: et tous
desseins de Bals et de Comédies se différent iusques à ce tempsle ne sçay pas. Monseigneur, si c'est vostre absence, ou celle la Cour, qui oste quelque chose de leur gayeté. Mais ie vous asreque ie ne leur vois plus rien faire de bon cœur, que quand s parlent de vous. Dans vn si grand nombre des plus aymables îonnes du monde, dont vous possédez l'affection; ie n'ay garde îroire , Monseigneur, que la mienne vous puisse estre considee. Mais il me semble, que ie serois ingrat, si ie m*empeschois de s dire, que les grâces que j'ay receuës de vous, ont fait en moy et qu'elles doiuent en vn cœur bien reconnoissant; et qu'entre
d'honmies à qui vous auez fait du bien, il n'y en a point qui
tant que moy.
AV MESME
LETTRE m.
M0NSE1GN£VB,
îstois en doute, si ie deuoîs vous parler dVne affaire qui m'est ornement importante. Mais Madame la Marquise de Rambouillet asseuré, qu'il n'y auoit point de danger. Et ie ne fay point de îulté de la croire : vous ayant oûy dire beaucoup de fois , qu'elle me des plus prudentes pei-sonnes du monde; et que Ton ne
faillir par son conseil
ît desia receu tant de bien de vous, ie n'eusse pas osé vous )rtuner encore de cette affaire, si elle eust esté pour moy de idre conséquence. Mais, Monseigneur, ie sçay bien que vous DUS lassez iamais de bien faire : et j'espère, que vous qui n'auez espargné vostre bien pour me secourir, serez bien-aise de er le mien, en cette occasion; et de me faire le plus important ir que ie puisse iamais receuoir de personne. le vous supplie humblement. Monseigneur, de me pardonner, et de croire que is auec toute sorte de respect,
M0N8EIGNEVR, Vostre y etc.
liOHaMGNEVn,
LKTÏHB It. 1 ^,'
•^ I hM i I ri , &-*k.> ^
Ck>iiifiie notts auons e^iè au mitieii de noslre vo^a^e : vn veni Îfoit-Oiiest ^e»t leité de teiTe : et s'est renforcé de telle sorte, q^ùl noué a eonmûnls de gagner ce lieu ^ qui est vu petit port deil<t tl^fidlé Moninroiige. h&. pluye a esié si violente ^ et Torage ax grand^ que c'est vné merueille que nous nous soyons sauuex. Et sans h prières des gens de bien, qui se sfJat troiiuez auec nous, ie cm que nous ^ions perdus. Mademoiselle de HamboiuU^t, ûm^V' fort du péril; a voilé, que deux mois durant, vous iriez \omh huit iours à confesse : et nioy, k vu grand coup de vcnt^ jîiy promis que vous jeusneriez troi$ iours entiers > Nous vous suppliou^ très-humblement j Monseigneur, de nous aquiter exactemenl tlt nos vœux. Car nous ne simimes pas tellement hors de danger, que nous douions rien mépriser. L'air est eucoro extrêmement broùillf^: et nous voyons des signes an Ciel, et des escîaii^s^ qui nous font to transir. C'est vne fhuse pitoyable de nous voir en ce lien. M»i& tant que ce vent tirera ^ ce seroit une témérité trop gi^anded'en partir. Uon nous a dit, que Ton tâchera à nous trouuer îcy du pain; et que dans huit iours, il pourra y auoir dr^s febves. S^iîr cette espérance, Monseigneur, nous vous baisons tres-huuiblenieïil les mains, et moy particulièrement, qui surs,
MoNSEifiPiËVB, Vosfref ftc.
A MADAME ^*^ LETTEE V,
Il faut croire que les Procès vous plaisent bien fort^ puisque n^ ne sçauriez vous em[>escber d'en faire sans cesse à la personne qm vous aymez le mieux , et k vn misérable qui fait aujourdliuv pilî^^ à tout le monde j si ce n'est à vous, l'attendois de la consolation (le vos lettres. le n*(^n ny nuuert pas vnc qn'aiiec vue espenuicc ca^
DE MONSIEVK DE VOITVRE. (505
ine de troiuter ma guerison dedans. Cepeadaut> il s'est trouué Libelles m'ont tousiours laissé plus triste , que ie ne Festois , auant ue de les auoir reçues; et que depuis tant de iours que ie ne vous dis points ma fièvre^ ni les douleurs qui. m'ont osté le sonmieil, e m'ont pas fait tant de mal que vous. Si j*estois de vostre humeur^ aiurois dequoy entretenir long-temps ce commerce de plaintes erpetuëlles; et nous-nous escririons tous les iours vn poulet pour ous quereller. Mais j'auouê que c'est un stile auquel ie ne me plais »as tant que vous : et puisque vous ne me donnez pas sujet de vous ien mander de plus agréable ; je ne vous puis rien dire à cette teure, si ce n'est, Adieu.