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A MONSIEVR DE PVY-LAVRENS, AV NOM DE NEYF-GERMA

Ce que dans vos vers î'entens lire, Des Neuf Preux, et du bon Roger; Me semble digne qu*on l'admire :

Et le grand Gomain m'y fait rire.

Quand il en deuroit enrager.

Mais lors que pour rimer en euf.

Vous me parlez d'vn habit neuf, De plaisir mon ame est bercée :

Kt certes ie vais auoûant, Que c'est la meilleure pensée Qu'on peut auoir en me louant.

DE MONSÏEVR DE VOITVRE. «39

Tout ee que vous atiez escrit De ma Musé^ et de mon adi^esse^ De ma force^ et de ma prouesse^ Me semble de fort bon esprit.

Mais les vers de rhabillement , Sont , ma foy, d'vne grâce extrême :

Et ie croy qu'Apollon luy-mesme Vous les mit dans l'entendement.

Du siècle les plus beaux esprits, Brion, Chaude-bonne^ Patris, Et celuy dont l'architecture, A sceu bastir le Pont d'Esture ; Ont à Tenuy chanté mon prix.

Vous-mesme auez fait douze vers.

Qui seront dans tout T Vniuers, Plus estimez que cent harangues :

Et dans la gloire où ie me voy, Rien ne me manque que ie croy. Sinon, que Beaury, et Barangues Fassent quelque chose pour môy.

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