‹ Les œuvres poetiques d'André de RivaudeauChapitre 36 sur 39 · A LA POSTÉRITÉ · texte numérisé non relu

A LA POSTÉRITÉ

JR, reçoy mon labeur, sainte Postérité , i Et me rens quelques los si ie l'ay mérité ; \ Hais plustost rens l'a Dieu, qui fait iîame sçauanle,

Qui benist mon esprit, fait ma bouche éloquente :

Par luy i'ai façonné vn ouurage immortel,

Perdurable et sacré, que ni l'ire du Ciel,

Ni l'esté chalureux, ni la dent impori;une

Du temps , ni la fUreur de l'horrible Neptune

Pourront oncq* abolir, encores que la mort

Me contraigne surgir sur te redouté bord

Dans l'esquif de Caron; toutesfois, ie m'asseure

Sur mon liure, qu'alors ma partie meilleure,

Par la faueur de Dieu , sur les astres sera ,

Et par tout l'vnirers mon renom volera;

Alors les passions des personnes attaintes

Rediront tristement celles de mes complaintes;

Alors deuant les Rois maint superbe eschafaut

Entonnera mon nom maintefois et bien haut

Sor le courroux d'Aman. Uaugré la ficre enuie,

l'ay mon liure animé d'vne durable vie.

FIN DBS POESIES.

ALBERT BABINOT, AVX MVSES

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