ACTE II, SCÈNE II
ISABELLE
Quoi ! c'est mon vieux ami Léandre ? le beau Léandre , comme on l'appelait, du temps que je vins au monde ! allons, je vois que tu es encore galant. Tes compliments ont un peu jauni comme tes dentelles^ mais j'aime mieux te retrouver ainsi, que pédant et maussade. Or çà, d'où sors-tu, et que viens-tu faire en cette résidence? Serais-tu un des mille* pré-
* tendus parents qui vont sans doute venir demander part à
* l'héritage du Sbrufadelli ? «
LÉANDRE
* Les Sbrufadelli étaient de noblesse un peu verte, et la
* mienne s'est moisie dans la nuit des temps ; mais sans leur
* appartenir par le sang, il se pourrait que par une alliance...
ISABELLE
* Alors, tu es un des mille aspirants * qui vont assiéger le cœur de l'héritière, fût-elle borgne, bancroche ou tortue ?
LBA.NDRE.
Écoute, ma divine Isabelle, j'ai quelque espoir de réussir, n'étant point de ceux que la rigueur des belles fait longtemps morfondre dans le vestibule de l'incertitude ; mais Tassistance d'une femme adroite n'est jamais à dédai^er et j'implore la tienne.
ISABELLE
Que faut-il faire?
Me fournir dans une prétendue parenté avec toi, un prétexte pour me trouver céans.
ISABELLE
C'est facile, cousin Léandre I... Ensuite.