SCÈNE XI
LE DOCTEUR, MAUINETTE.* (Ils tiennent par la droite.)
( Deuxième plan.)
^ LE DOCTEUR
Oui , c'est une belle , une très-belle résidence , mais encore n'y faudrait-il pas mourir de faim.
MARINETTE
Rhy monsieur, patientez, on vous prépare un festin de roi!
LE DOCTEUR
J'aimerais mieux mon petit ordinaire, à mon heure , que toutes ces victuailles qui surchargent un pauvre estomac après l'avoir laissé crier. Cette vie de seigneur, où rien n'arrive à point ne me charme guère, et le vrai bien-être n'est point fait de cette façon-là , Marinette ; peu et bien , c'est la devise du sage ; trop- et mal sont synonymes. Mais je suis venu ici pour m'occuper de vos affaires et me narguer du reste. Où sont ces papiers que le notaire vous a remis?
MARINETTE, tirant des papiers de sa poche.
Les voici , monsieur, et il m'a dit qu'il viendrait demain pour dresser un acte comme quoi Violette accepte la succession.
LE DOCTEUR
Bien, bien, c'est la coutume de c^tte province; mais il s'agit
de savoir si cette fortune est réelle : tout ce qui reluit n'est
pas or.
( Léandre parait dans le bosqoet et écoute. 11 est équipé en chassenr et porte une caHardière démesarée qu'il pose près du l)anc avec précaution.)
MARINETTE
Ah bien, oui I réelle. Tenez, voilà le relevé fait sur les titres, à ce qu'il paraît.
LE DOCTEUR, examinant.
Le château, parc et dépendances de Sbrufadelli, environ trois