ACTE 1, SCÈNE Ili
PASGARIEL.
Et d'impudence. N'importe, monsieur, c'était un bien digne homme!... permettez- moi de répandre une larme.
LÉANDRE
Il est mort ! grand bien lui fasse !... Après?
PASGARIEL.
Il est mort d'un trépas bien lamentable, monsieur ! Figurezvous une idée de se promener , et d'aller faire un paiement au ooUecteur, par la même occasion.*. Un bateau, deux mariniers, moi, qui portais la bourse. — La Brenta, un fleuve r^apide, monsieur, un torrent des montagnes!... une crue subite... des tourbillons, des courants, des rochers... Bref, elle se brise, s'enfonce, et disparaît.
LÉANDRE
Quoi, la bourse?
PASCARIEL.
Oh ! non, monsieur, la barque.
LEANDRE
Et ton maître?
PASGARIEL, larmoyant.
La gobe... et les mariniers aussi ! moi seul, je dispute mon existence à la fureur des flots... et je la sauve.
LÉANDRE
Quoi, la bourse?
PASGARIEL, sooriaDt.
La bourse aussi .
LÉANDRE
Et au lieu de la porter aux héritiers...
PASGARIEL.
Ils n*en auraient pas voulu , monsieur.
LÉANDRE
Pourquoi donc?
PASGARIEL.
Ils n*en avaient pas besoin, et puis mon maître me devait quelque chose.
LÉANDRE
Combien?
PASGARIEL.
Environ dix années de gages.
LÉANDRE
Imposteur effronté !... vous étiez encore Fan dernier à mon service 1
PASGARIEL.
Ah ! j'en conviens... mais il m'avait engagé pour dix ans et promis de me payer d'avance.
LÉANDRE
C'est assez ; votre conduite soulève en moi une furieuse tempête d'indignation, et je vais de ce pas vous livrer à la justice.
PASGARIEL.
Eh! non, monsieur, pas de scandale! moi qui vous ai servi I... cela rejaillirait sur vous. (A part, en soupirant.) Allons, il faut y venir ! (Haat.) D'ailleurs, je ne vous ai pas tout dit.
LÉANDRE
Je m'en doutais bien, parlez !... Que veniez-vous faire dans la maison du docteur?