‹ Les vacances du docteur drame en quatre actes en versChapitre 22 sur 61 · ARMANDE, BRUNEL · texte numérisé non relu

ARMANDE, BRUNEL

BRUNEL^ gravement.

Tu ne pars pas ?

ARMANDE

Non !

BRUNEL

Ah I — Donc Gênes, Pise, Florence, Asti, Milan, et Naples et Venise...

ARMANDE

N’ont pas d’attraits pour moi.

BRUNEL

'fes instincts vagabonds

Ne te pousseront pas vers la ville aux sept monts?

Au berceau triomphal de la Louve Latine,

Pour contempler, rêver, fouler sous ta bottine.

Sur ce sol, aujourd’hui vaste champ de repos,

La poussière qu’ont fait vingt siècles de héros ?

Toutes ces visions me trottent'dans la tôle;

Si j’étais comme toi jeune...

AHMANDE.

Pas si... poëtel

Vous avez voyagé dans les livres, docteur.

Tout récit de voyage ou de chasse est menteur. L’Italie à mes yeux, hélas ! n’est que la terre Où les fils désœuvrés de la libre Angleterre,

Ces commis voyageurs en spleen, ont importé Le faux col tyrannique et l’usage du thé ;

Voir Naples et mourir est le rêve authentique De tout bon commerçant qui cède sa boutique,

Et la ville éternelle, aux souvenirs latins.

Ne sollicite pas nos vulgaires instincts !

BRUNEL

Tu te moques de toi, c’est ton esprit qui raille.

ARUANDE.

Vous tenez donc beaucoup à ce que je m’en aille?

BRDNEL.

J’aurais voulu te voir...

ARMANDE

Dites la vérité !

BBONEL.

Entreprendre un voyage utile à ta santé.

ÀRHANDE, ironique.

Ah ! toujours !

BRUNEL

Admettons que l’amitié m’égare,

Que ton mal soit moins grand que je ne le déclare. Pourquoi ne pas aller rejoindre ton mari?

ARHANDE, moqueuse.

C’était donc où tendait votre discours fleuri !

BRUNEL

Je veux ton bien d’abord ; mais enfin le pauvre homme. Infirme et vieux, perdu dans le désert de Rome,

Est peut-ôtre soutirant; tu dois le consoler.

ARHANDE.

Avez-vous mission de me le rappeler?

BRUNEL

Je ne suis que l’écho du monde.

ARHANDE.

Non ! — Le monde C’est vous, et c’est à vous qu’il faut que je réponde.

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