BRUNEL, JEANNE
BRUNEL
Ma fille, écoute-moi :
Je suis très-inquiet.
JEANNE
Inquiet! et pourquoi?
BRUNEL
Nous nous sommes trompés sur la santé du comte ; 11 souffre, je l’ai vu ce matin. A mon compte 11 doit, pendant trois mois, voyager...
JEANNE
Voyager !
, BRUNEL
C’est l’unique remède et tu dois l’engager A déserter Auteuil, qui n’est pas la campagne,
Pour aller respirer quelques mois en Bretagne Au bord de l’Océan, en pleine liberté,
Le vent chargé de sel qui souffle la santé !
JEANNE
S’il allait s’ennuvi r au lieu de se distraire Loin de ses travaux?
BBÜNEL.
Vous emmènerez Claire Avec André, parbleu I
JEANNE
Deux enfants!
BRUNEL
Hél tant mieux!
N Ce sera la gaîté; leur babil d’amoureux Leurs grands petits secrets qui ne veulent rien dire, Leurs raccommodements, leurs quei elles pour rire. Tout vous rappellera le nid accoutumé.
— Le foyer est partout où l’on se sent aimé.
JEANNE
Armande aussi viendra.
Avec André!
BRUNEL
Vous aurez déjà Claire
Qu’importe!
BRUNEL
Armande? pourquoi faire?
JEANNE
Hé mais, pour respirer librement avec nous Le vent chargé de sel, recommandé par vous!
BRUNEL
C’est que... Comprends-moi bien...
JEANNE
Quelle idée est la vôtre?
BRUNEL, embarrassé.
Ce qui convient à l’un... ne convient pas-à l’autre.
Ah!
J EAN NE , réfléchissant.
BRUNEL
Armande a besoin de respirer l’air pur De ces pays voués à l’éternel azur, Rome... Naples...