ACTE TROISIÈME
RAOUL, riant.
Je la sucre, docteur, je la sucre I — Est-ce tout?
* BBUNEL.
Oui!
RAOUL
Vous n’avez plus rien à me prescrire?
BRUNEL, k pari.
Si c’était vrai pourtant !
RAOUL
Oh 1 vous n’avez qu’à dire, On ne discute pas avec les gens de l’art,
On obéil, et puis on guérit!
BRUNEL
Par hasard !
RAOUL, rUnl.
Par hasard? Ah ! du coup la chose est un peu forte!
La contradiction par trop loin vous emporte;
Mais vous calomniez votre ouvrage, docteur,
Heureusement, je vous connais, je n’ai pas peur.
— Tiens! que faites-vous là?
BRUNEL
Tu disais donc que Jeanne...
(Lci r&lei font inlerferiis. Brunei s'e<l arrangé de façon A occuper la place de Raou et a pris la tasse.)
RAOUL
Est-ce que vous allez avaler ma tisane?
Si vous me répondez qu’en la buvant pour moi
Cela me produira le même elfet, ma foi
J’y consens de grand cœur, ce serait assez drôle!
BRUNEL
Oh I je veux la goûter simplement, c’est mon rôle.
(il la goûte.)
RAOUL
Eh bien! qu’en dites-vous? Est-elle bonne?
BRUNEL, négligemment*
Eh oui!
— Allons bon ! je ne fais que malheurs aujourd’hui !
(il offre la tasse à Raoul et fait un faus mourrment; la tisane est rensersée.)
Si je n’avais respect de ma propre vieillesse,
Je me souffletterais pour celte maladresse !
RAOUL, riant.
Ne VOUS désolez pas, docteur! au demeurant Le mal est réparable I
BRUNEL
Au fait ! il n’est pas grand ;
Je puis, tout bonnement, faire une autre ordonnance.
(il lélléchit, paii regarde à la montre.)
Je la ferai ce soir! — Dis donc, Raoul, i’y pense!
L’air est doux, le ciel bleu, je crois qu’il serait sain De bumei le grand air avec ton médecin ?
Puisque j’ai renversé mes drogues, l’exercice En tiendra lieu. Qui sait? Je t’ai rendu service;
Car le meilleur remède est encor l’appétit.
Ne le répète pas, mais fais-en ton profit !
(Sorl Raoul.)