‹ Les vacances du jeune tempérant [microforme]Chapitre 26 sur 44 · BERG RICH HE RE HE DCE EEE L'HOMME IVRE · texte numérisé non relu

BERG RICH HE RE HE DCE EEE L'HOMME IVRE

Un homme ivre sortait d’une auberge et descendait la rue en chancelant.

Un enfant de six ans, marchant à côté

de son père, le vit et demanda à celuici: « Papa, cet homme-là est-il malade ?

— Pourquoi me demandes-tu cela ?

— Parce qu'il est si faible. Cet homme est si grand, et cependant il sait à peine se tenir sur ses jambes, Quand mon frère Jean a appris à marcher, il était aussi maladroit, mais à présent il marche beaucoup mieux que cet homme-l: !

Pendant ce temps, des gamins s’étaient rassemblés, et, voyant l'ivrogne, ils se mirent à Pousser des cris et À le Poursuivre de leurs huées. L'homme ivre se retourna et les invita à le laisser tranquille. Mais cela ne fit que redoubler leur tapage. L'homme essaya alors de saisir un de ces garnements, mais il trébucha et ne réussit qu’à attirer plus de monde.

» — Mon enfant, dit le père, tu as raison. Oui, cet homme est malade.

Il n’est plus maître ni de ses jambes, ni de ses autres membres, ni de ses pensées, ni de ses paroles. S'il avait Su commander à sa passion il n'aurait Pas tant bu. Il n'y a qu’un malade qui puisse se mettre dans un état pareil.

— Mais pourquoi ces garçons se réjouissent ils de la maladie de cet hom- "ne ? demanda encore l'enfant naïf.

— Oh ! ils ne savent ce qu'ils font.

Et ce qu’il y a encore de plus triste, c’est que même de grandes personnes se joignent à eux, au lieu d’avoir pitié de ce malheureux. Mais que ces jeunes gens prennent garde de ne pas devenir à leur tour des buveurs dont on pourra se moquer. Ce pauvre honime lui-méme était autrefois un garçon alerte et dégourdi, qui avait espéré faire son chemin dans le monde.

— Mon père, demanda encore l’enfant, n'est-ce pas que je ne deviendrai pas un buveur comme cet homme-là ?

— Mon cher fils, répondit le père, toi non plus tu n’es pas sûr d’échapper à ce malheur si tu ne te gardes toi-méme tous les jours. Vois, ces polissons que l’on entend crier se moquent de quelque chose qui, devrait plutôt leur inspirer de la pitié. Ne prends jamais à la légère les choses sérieuses ! Gardetoi du premier verre, des premiers pas qui conduisent vers l'abîme. Il est vrai que tu es encore petit et que tu

LT à

n'as pas encore besoin de songer à l’avenir. Tes parents veillent sur toi.

Mais, avant longtemps, il faudra savoir discerner toi-même l’ennemie qui s’approche aussi de toi. La boisson est l’ennemie de tout le monde, c’est aussi le tien ».

Le spectacle de l’homme ivre et tombant sur le chemin avait inspiré au petit garçon une grande fi:yeur et une crainte salutaire de l'ivrognerie. Ses sages leçons que son bon père tira de ce spectacle augmentèrent encore cette frayeur et cette crainte, et l'enfant promit à son père que jamais il ne toucherait à cette méchante boisson qui rend les hommes si vilains et fait d’eux la honte d’une paroisse.

BR R H E R RACHH E RE RTE PROBLEMES

I Un père de famille boit en moyenne 3 verres de whisky à 5 c. le verre, chaque jour de travail ; plus une bouteille à 30 c. chaque dimanche et fête : quelle Somme aura-t-il dépensée inutilement au bout de l’année ? au bout de 10 ans ?

2 Un ouvrier tempérant économise $10 par mois. Un buveur fait au contraire $5 de dettes tous les mois. De combien le rer sera-t-il plus riche que le 2€ au bout de l’année ?

3 Au Canada, nous buvons chaque année pour 880,000,000 au moins de boissons fortes. Étant donné que $ 300 suffiraient à l’établissernent d’un colon, combien pourrait-on établir chaque année de colons sur nos terres avec le montant de cette consommation ?

4 Un ouvrier a pris tous les jours, pendant 12 ans, 2 petits verres, à 80.10 l’un. Combien aurait-il économisé Pour sa famille, s’il n’avait pas fait cette dépense ? S’étant corrigé de son habitude, combien a-t-il gagné au bout de 9 années de 365 jours ?

5 Si, au lieu de gaspiller cette somme il l’avait économisée, quel intérêt annuel se serait-il assuré en la plaçant à 5 BY ?

6 Un père de famille gagne $2.25 par jour et travaille en moyenne 305 jours par année. S'il dépense, à boire, $0.25 par jour, combien pour cent de ses gages dépense-t-il à ruiner sa santé ?

MAXIMES

E vice de l’ivrognerie coûte plus à nourrir que trois enfants.

L'homme gris voit trouble ;

l’homme ivre voit rouge et tue.

Personne n’est disposé à venir en aide aux paresseux et aux ivrognes.

Une mauvaise habitude peut coûter la fortune, la santé et la vie.

La boisson pervertit ses victimes.

L’ivrognerie multiplie les crimes.

BRODERIE RE RACE Me

LE SERMON DU PETIT PIERRE I y a dans la Paroisse une grande

retraite de tempérance. Les papas, les Mämans, Îles grands frères et les grandes

sœurs, les petits enfants aussi — tout le monde la suit avec avidité, à la grande édification du missionnaire. Le père de petit Pierre lui-même assiste aux exercices : il entend les sermons, et cependant il ne veut pas renoncer à la boisson et prendre la croix de tempérance. Il l’a déclaré à sa femme en présence des enfants, et la pauvre mère en a été bien affigée : «Priez bien fort Pour votre père, leur a-t-elle dit », et chaque soir elle leur fait Joindre les mains et prier pour lui. C’est que la conduite du père rend les siens bien malheureux. Il boit et s’enivre fréquemment, et il rentre alors à la maison pour faire du tapage et dire des insanités, jusqu’à ce qu’il se couche et s’endorme du lourd sommeil de l'ivresse.

La pauvre épouse est bien malheureuse, et les enfants pleurent bien souvent en voyant pleurer leur mère, sans trop comprendre pourquoi, sauf l'aîné, petit Pierre, qui se rend très bien compte de la mauvaise conduite de son père.

Il est très intelligent, le petit Pierre ; à l'école il est un des premiers de sa classe ; avec ça il est pieux comme un

ange. Plus heureux que ses frères et sa petite sœur, encore trop jeunes, il suit la retraite ; il comprend les sermons et il les retient. Or ne voilà-t-il pas qu'il s'est mis dans la tête de prêcher lui aussi à ses petits frères qui ne vont

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pas à l’église ? C’est à l'issue d’un sermon du missionnaire contre les ivrognes. Ce sermon a fait une particulière impression sur notre petit ami : il voit si souvent son père en boisson !

Au retour de l’église donc, il réunit

dans une chambre de la maison toute la petite marmaille. — et jusqu’au bébé, qui se fait bien sage pour la circonstance. Et là, ayant revêtu sa soutane et endossé son surplis d'enfant de chœur, juché sur une boîte, une croix en main, il prêche à son auditoire attentif et émerveillé. Il y met de la vie, de l’action. Il est orateur le petit Pierre !

Écoutez :

«Mes bien chers frères. et ma petite Sœur... les ivrognes ils sont des mé-

Où mène l'alcool !

chants. Ils gaspillent leur argent, et puis ils font pleurer leur femme et leurs enfants La boisson, c’est une invention du diable. Ça fait mourir ceux qui en boivent. Et puis, quand on commence à boire, on sait pas quand on s’arrêtera ; on veut pas devenir un ivrogne et puis ruiner sa santé, eh bien !

on devient ivrogne et puis on ruine sa

santé sans le savoir et sans le vouloir.

Si vous vous mettiez à boire, à quinze ans, à vingt ans vous ne seriez plus reconnaissables, et puis à vingt-cinq ans vous seriez peut-être morts. Et puis vous irez en enfer »..

L'auditoiretrembla devant cette perspective terrifiante.. et pour ne pis s’exposer à un si funeste sort, chacun s’avança vers la tribnne du missionnaire et baisant la croix s’engagea à ne jamais devenir un ivrogne...

Or le petit Pierre avait eu, sans qu'il s'en doutât, un auditeur très attentif caché derrière la porte entre-baillée.

Son père, oui, son père, avait assisté au sermon et il entendit ses enfants promettre de ne jamais prendre de boisson.

Cette scène l’émut profondément, et il sentit un sanglot l’étreindre à la gorge. Il se retira sur la pointe des pieds.

Mais le lendemain, qui était le jour de la clôture de la retraite, il dit à sa femme, devant les enfants : « J'ai entendu hier un sermon qui m'a converti. Désormais je ne prendrai plus de boisson :

j'en fais la promesse, et ce soir je prendrai la croix de tempérance ».. Cha-

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Cun pensa naturellement que c'était le sermon du missionnaire qui avait opéré cette merveille ; mais l’heureux père Prenant le petit Pierre dans ses bras, l’'embrassa en pleurant : « Voilà, dit-il, le prédicateur dont Dieu s'est servi pour me convertir ».

P. HuGouiN, O. F. M.

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Ah'uous dirai - Je ma-: men

82 vAcANCES pu JEUNE TEMPÉRANT

Ah ! vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu qu'après leurs rasades Les buveurs étaient malades, Et je m'suis dit qu’en buvant On se port'plus mal qu'avant.

Ah ! vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu l'ivrogne en colère

Battre sa femme et sa mère,

Et je m'suis dit qu’en buvant

On d’vient plus méchant qu'avant.

Ah ! vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu que lorsqu'on se grise, On fait plus d’une sottise

Et je m’suis dit qu’en buvant On devient plus sot qu'avant.

Ah ! vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu que de la quinzaine, Restaient quelques sous à peine, Et je m'suis dit qu’en buvant

On d’vient plus pauvre qu'avant.

Toujours comme maintenant Je veux rester tempérant, Je veux dire à ceux que j'aime :

Aujourd’hui faites de même, Et comme moi faible enfant Vous serez plus forts qu'avant.

BEC RARE RC CE RE RE TEE L'OUVRIERETLECABARETIER

Imité de Lafontaine

Un euvrier, tout frais endimanché, Venait de tirer sa quinzaine.

Un buvetier, par l'argent alléché, Voulant profiter de l’aubaine, Lui dit : « Mon brave travailleur, » Entrez donc un moment vous réjouir le cœur! » Six jours, au travail il faut être, » Mais le dimanche, on est son maître !

» On s’amuse et l’on rit comme un vrai bienheureux » ! A ces mots, l’ouvrier sourit et se redresse ; Il entre et fait le généreux.

Quand il eut dépensé tout son gain dans l'ivresse, L’hôte le chasse et dit: « Grand benêt d’ouvrier, » Apprends que tout cabaretier » Vit aux dépens du buveur qui l'écoute:

» Cette leçon vaut bien ta quinzaine, sans doute ». L'ouvrier, honteux et confus, Jura, mais ua peu tara, qu’on ne l'y prendrait plus.

(Semaine paroissiale de Bat)

PROBLEMES

1 Tous les matins, un ouvrier, en se rendant à l'ouvrage, s'arrête au cabaret pour y boire un verre de whisky, qui

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lui coûte $0.05. Deux fois Par semaine il paie la traite à un ami, ce qui fait, Pour chaque fois, une dépense de $0.10, au lieu de $0.05. Naturellement, cet Ouvrier ne va pas travailler le dimanche ni les fêtes d'obligation. On demande quel capital à 4% représente la dépense inutile de cet ouvrier par an ?

2 Un june homme, commis à la ville reçoit un traitement de $600.00. Son logement et sa pension lui coûtent $4.50 Par semaine. I] dépense en moyenne Par Seraaïne, en Coups d’appétit, en traites, en coups de gourmandise, $1.50.

En outre, comme à la ville il y à une foule d'occasions de gaspiller son argent, ce commis dépense pour son entretien, et ses amusements $150.00.

Enfin, il fait 5 fois par an, dans sa famille, un Voyage qui lui coûte $4.80.

Son frère, qui est sur une terre à la Campagne, gagne $1.50 par jour en moyenne ; son logement ne lui coûte rien, et sa pension lui coûte $10.00 par mois. Son entretien lui revient à $60.00 paran. Mais Pour celui-ci il y a, outre les dimanches, 20 jours de ch6mage dans l’année, On demande :

19 Quelle somme chacun des deux frères possède au bout de l’année ;

20 Quelle somme chacun des deux aura, au bout de dix ans, à intérêts simples à 3% ;

3° A intérêts composés à 4% ;

4° Est-il plus avantageux de rester à la campagne que d'aller travailler à la ville ?

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