LE CABARET
Rien ne dit : « Entrée interdite » !
Sur le seuil de cette maison, Et cependant l’on y débite, La nuit et le jour, du poison.
Pour ce logis plein d’épouvante, Il faudrait, comme pour l'enfer, Une enseigne écrite par Dante Avec une plume de fer.
On devrait lire sur la porte :
« Passant, ne franchis pas ce seuil, » Car de ce lieu-ci l’on n’emporte » Que déshonneur, misère et deuil ».
Ne pénètre pas dans cet antre, On y perd le corps et l'esprit :
Intelligent et brave on entre,
Et l’on sort stupide et flétri.
Si tu veux rester honnête homme, Résiste à l'attrait du poison,
Car ce bouge-ci n’est, en somme, Que l’école de la prison |