TRAITÉS
par 100,000 habitmit
TRAITÉS pur 100,000 Inliitanls
Savoie
Bouches-du-R'hône. .
Isère
Seinc-el-Oise ....
Loire
Rhône
Lot-et-Garonne . . .
Hautes-Pyrénées. . .
Drôme
Lot
Pyrénées-Orientales.
Haulo-Savoio ....
Aude
Tarn-et-Garonne . .
Gard
Puy-de-Dôme ....
Basses-Pyrénées. . .
Voici par comparaison la liste des 20 départements où les cas de rage ont été minimum :
TRAITÉS par 100,000
TRAITÉS par 100,000
habitants
habitant*
Sarthe
Deux-Sèvres
Mayenne
Var
Orne
Maine-et-Loire. . . .
Calvados
Hautes-Alpes ....
Corse . i
Ariège
Doubs
Meuse .
Manche
Aube
Vendée
Nord
Vienne
Ardennes
Haute-Marne
D'une façon générale, il est à remarquer que le Nord, l'Est et} l'Ouest ont fourni peu de cas de rage. (Voir fig. 1.)
FWre L ~ Répartition, par départements, des personne* venne* h Unst.tu Pasteur pour subir le traitement antirabique. ' d
depuis t oi^Lf otT^T"'8 n'ayant PaS GnVOyé k msmt dateur, V ?f ' P de 3 P°rson»es pour 100,000 habitant. Barrés horizontalement, 20 départements n'en ayant oas envnvé ni, h - Barres verticalement, 26 départements en^n^ ^S Barres dans deux sens, 20 départements enfant én/oye de M 33
Si on "dmê T f 7 ' PnVOyé 47 SUI> 10°'000 habitats ' '
on admet, ce qui est approximatif, mais assez voisin de la vérité que
le nombre des traités est proportionnel au nombre des mordus, cette carte représente* la distribution des cas de rage à la surface do la France. On y voit la localisation singulière de cette affection dans les départements du Sud et du Sud-Est, pendant, que ceux de la Normandie, du Maine, de l'Anjou et du Poitou en sont à peu près exempts. Le chiffre élevé de la Seine semblé mettre en cause des questions de densité de population ; mais d'un autre côté, le déparlement du Nord, qui est indemne, proteste contre cette notion. Les questions de distance à parcourir pour arriver à l'Institut Pasteur ne sont pas non plus les seules à jouer un rôle, car les départements les plus voisins de nos frontières du sud sont les plus fréquemment représentés.
Le midi de la France, et en particulier les départements qui sont voisins de la vallée du Rhône et des Pyrénées, sont presque tous classés parmi les plus éprouvés. Le développement de la rage dans ces départements ne doit pas être attribué à la tempé rature ou aux conditions climatériques. Il lient à l'inobservance de la loi sur la police sanitaire *. Il est facile de constater par exemple que dans certaines régions la rage a considérablement diminué, grâce aux mesures de police et surtout à l'application de la loi prescrivant l'abatage des chiens mordus par des animaux enragés. Dans la Seine, par exemple, aux mois de février,
4.. Comme exemple de l'incurie des autorités municipales dans les campagnes et de l'ignorance de quelques cultivateurs quand il s'agit de rage, nous citerons le fait suivant :
Un cultivateur du Puy-de-Dôme, nommé F., avait une chienne qui disparaissait le 13 août 1888, après avoir mordu dans la ferme une vache, un bœuf et une génisse.
La vache fut prise de rage et mourut le 45 septembre.
Le bœuf et Ja génisse succombèrent également, le premier à la fin du mois de septembre, et la seconde le lor janvier 1889.
Cette chienne allaitait un petit chien, qui, vers le le: novembre 1888, changea de caractère, devint agressif, et mordit les enfants du fermier et sa femme. On le tua.
Un des jeunes enfants mourut de rage le 31 janvier suivant. Un chat de la ferme, mordu parle petit chien, succomba également à la rage le 23 novembre.
Après la mort de l'enfant, le médecin qui le soignait conseilla à M. F... de faire le voyage de Paris.
La famille entière se présenta donc aux inoculations le 3 février. Malgré tous ces accidents successifs, Je fermier et sa femme avaient encore la conviction que leurs animaux n'étaient point morts de la rage.
Dans la ferme du Dommé P., la rage a donc pu sévir pendant 4 mois, s'être transmise en série et faire périr six animaux et un enfant, sans qu'aucune mesure ait été prise. Si la loi sanitaire avait été observée, après le départ de la chienne suspecte ou tout au moins après la mort de la vache, on aurait abattu le chien et le chat, et la vie de l'enfant eût été préservée.
LES VACCINATIONS ANTIRABIQUES. 21 mars 1888, la rage s'était accrue d'une façon considérable. La Préfecture de police s'en émut, des mesures rigoureuses furent édictées et aussitôt les cas devinrent moins fréquents. Il suffit, pour s'en convaincre, de consulter la courbe suivante (fig. 2) qui représente le nombre des personnes mordues dans le département de la Seine et traitées à l'Institut Pasteur pendant les trois dernières années.
Fig. 2.
Dans le département des Bouches-du-Rhône, et surtout à Marseille, le nombre des cas de rage allait toujours en augmentant. Il était de 60 en 1887 et de 90 en 1888. Ôn s'émut de cette aggravation, des mesures furent prises, et 29 personnes seulement se présentèrent aux vaccinations en 1889.
Bans l'Aisne, la Marne, les Vosges et le Cher, la rage a diminué d'une façon très notable. Dans d'autres régions, au contraire, elle a été en progressant. Nous avons pu quelquefois trouver la cause et suivre le développement de la rage dans certaines contrées. Voici un des faits les plus typiques, que nous relevons sur les registres de l'Institut Pasteur.
Au commencement de 1889, un chien enragé parcourait l'arrondissement de Gourdon et surtout celui de Figeac, il pénétrait dans le département de l'Aveyron où il était abattu le 13 janvier. Dès le mois de février, dans plusieurs communes de ces arron-
dissements, où l'on avait négligé d'appliquer les mesures légales, des chiens devinrent enragés et répandirent la maladie ; l'arrondissement de Figeac fut le plus éprouvé. Dans l'Aveyron, le nombre des cas de rage fut triplé; quant au département du Lot, la rage y devint 5 à 6 fois plus fréquente pour l'année 1889 que pour les années précédentes. Actuellement l'épidémie est en décroissance dans cette région. Dans la Haute-Garonne également, et surtout à Toulouse, l'accroissement a été rapide pour 1889.
Enfin, autour de Lyon, la rage paraît être en voie de croissance considérable.
L'Isère, qui avait donné 12 personnes en traitement pendant 1887, en donne 33 en 1888 et 59 en 1889. La Loire passe de 19 et 24 à 52.
Pour le Rhône le nombre des personnes envoyées a doublé depuis 6 mois, et il y a constamment des Lyonnais à l'Institut Pasteur.
Il est à désirer que les préfectures rappellent les maires à l'observation des règlements sanitaires, et exigent que ces magistrats fassent abattre tous les chiens mordus ou suspects.
Est-il possible de saisir une relation entre le nombre des cas de rage et la saison? Y a-t-il, suivant l'opinion généralement admise, plus de chiens enragés en été qu'en hiver? Pour faire la comparaison entre les différents mois de l'année, nous ne considérons, comme dans le paragraphe précédent, que la statistique française, et nous admettons que le nombre des cas de rage par mois est proportionnel au nombre des personnes traitées pendant la même période à l'Institut Pasteur.
Nous avons pris la moyenne du chiffre des Français traités pendant chacun des mois de 1887, 1888, 1889, et nous donnons ici la courbe représentant cette moyenne (fîg. 3).
Il y a un maximum à la fin de l'hiver et au commencement du printemps. Aux mois de juin et juillet, la rage diminue ; elle devient minima en septembre et octobre, pour augmenter ensuite jusqu'en février. Ces résultats ont été identiques pour chacune des trois années.
Mais il serait peut-être imprudent de les généraliser. Les
LES VACCINATIONS ANTIRABIQUES. 23 années suivantes montreront si l'oscillation manifestée par la courbe ci-dessous se continuera.
Nous pouvons cependant faire remarquer que l'accroissement de la rage qui, d'après l'opinion populaire, devait se trouver pendant les mois d'été, s'est au contraire toujours manifesté de février à mai.
Sceaux. — Imprimerie Charaire et fils