SCENE X
foule d’assaillants son pennon déchire... Leroi François 1 er , frappé d’admiration pour tant de courage et de constance , lui. crie : «Rendez-vous, sire chevalier, vous pouvez remettre votre vaillante épée au roi de France! — Si feraije donc , monseigneur, répond Giacomo, car la force me manque! » En disant cela, il inclinait son pennon pour en faire hommage au vainqueur. «Sire chevalier, reprit le roi, gardez ce témoin de votre vaillance, vous l’ajouterez désormais à vos armes, et le roi de France, de par son droit de vainqueur, au lieu de vous faire prisonnier, vous fait duc de Constance. » C’est depuis cette époque que les Soderini portèrent le titre de duc di Costanza, et eurent pour armes, d’argent au pennon déchiré de gueules, avec celle devise : Qud luceralius ed pukhrius... d’autant plos beau qu’il est plus déchiré!
El comment savez-vous cela?
MAURICE
Ma mère, madame la comtesse, était petite-fille du duc Lorenzo di Costanza.
LA MARQUISE
Ali!
BEATRIX
Et elle a épousé votre père qui s’appelait...
MAURICE
Maximilien Maurice, comte de Mauriac, et qui était mestre de camp au régiment de royal-comlois.
(Le marquis remonte.)
LA MARQUISE
Âh mais, il fallait donc dire cela tout de suite.
BEATRIX, franchement.
Vous devez me trouver bien ridicule et bien sotte, monsieur le comte?
MAURICE. ’
D’abord, madame la comtesse, je vous trouve spirituelle et charmante, et [mis... je ne sifis et neveux être que le citoyen Maurice, quant à présent simple lieutenant dans l’armée française.
LA MARQUISE, au marquis.
Mais il est charmant...
LE MARQUIS, bas.
Vous êtes folle! (A pari, avec colère.) Ce maudit Français les ensorcèle... (Haut.) Si vous vouliez, seigneur officier, avant la collation, visiter les jardins et les serres de la villa, je...
MAURICE
Très-volontiers, monsieur le marquis... Ces dames me feront-elles l’honneur...
* Beatrix, Maurice, le marquis, la marquise
LES VAINQUEURS DE LODI
BEATRIX, d’un air rêveur.
Excusez-moi, monsieur, mais je crois que ma présence est nécessaire ici.
LA MARQUISE
Et moi... monsieur... j’ai quelques soins à donner à ma toilette... car, en vérité, je suis un peu honteuse de vous avoir reçu en pareil négligé...
LE MARQUIS, à part.
Oh! les femmes! (A la marquise.) Que ne lui faites-vous des œillades... et ne lui demandez-vous un madrigal ou un sonnet, tout de suite. (Haut, à Maurice.) Monsieur, je suis à vos ordres... La villa del Dongo passe pour l’une des plus belles propriétés de toute la Lombardie; vous allez en juger, et j’espère... ‘
(Ils sortent par le fond.)