C. — Tête imberbe d’un inconnu. — Aspect à demi-barbare
(a) Berlin Antiquarium. Vas. Inv. 4827 (Winnefeld, p. 18, 3 et pl. III, S). Athènes. — Argile brun clair. Vernis rouge clair, bruni par place.
(D’après M. Pagenst., op. I., p. 168, correspond à une lampe égyptienne .du Musée Guimet.)
(b) Coll . Arndt. Munich (Winnefeld, p. 18, 4 a, pl. III, 4). Asie Mineure. — Très semblable au précédent. Même technique.
(c) Louvre (Winnefeld, p. 19, 4 b). Asie Mineure. • — Argile clair. Vernis rouge.
(d) Louvre (Winnefeld. p. 19, 4 c). Smyrne. — Vernis rouge.
(e) Berlin Antiquarium (Winnefeld, p. 19 S). Russie Méridionale. — Argile brun violet. Vernis brun clair.
(f) Louvre (Winnefeld, p. 19, 6). Smyrne ? — Vernis noir.
D. — Tête avec nez fortement recourbé. Louvre (Winnefeld, p. 19, 7). Smyrne. — Vernis noir, en partie rouge brûlé.
E. — Tête d’un souverain hellénistique. Berlin Antiquarium (Winnefeld, p. 19, 8, pl III, 2). Russie Méridionale. — Argile brun clair. Vernis rouge brun clair.
F. — Philosophe cynique.
Vêtu d’un manteau laissant l’épaule droite libre ; un bâton noueux à la main gauche ; la main droite semble souligner la parole. La tête est fort laide, et d’aspect bestial.
LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
Berlin Antiquarium. Terracott. Inv.' n° 7521 (Winneleld, p. 20, 12, pi. III, 3). Corinthe. — Argile brun clair assez grossière. A l’intérieur, vernis brun et rouge.
B. — Personnages isolés ou groupés, représentés en entier
19° — Hérahlès et Omphale. Moule. (Malmberg, op. L, pl. I, 1). Crimée. Bien que le diamètre soit plus grand qu’à l’ordinaire (0m12), on ne doit pas douter que ce relief, trop fin pour avoir jamais été un moule à gâteaux, ait servi à orner une grande coupe, ou le couvercle d’une pvxis analogue à celle du Musée de Lyon
Les deux personnages sont assis l’un en face de l’autre. Omphale est nue ; son voile ne couvre plus que la cuisse gauche. Les cheveux sont ramassés derrière le crâne en une touffe unique. La peau du lion de Némée, posée sur le rocher où elle est assise, lui sert de coussin ; elle est négligemment accoudée sur la tête du monstre. De la main gauche elle tend son fuseau au héros. Celui-ci n’est pas le héros musclé et grossier qu’on attendait ; son corps entièrement nu a les proportions harmonieuses et un peu molles d’un bel éphèbe ; sa tète fine est imberbe ; il est coiffé d’un « pilos » et sa massue est réduite aux modestes proportions d’un bâton de route posé simplement à portée de sa main contre le rocher. Assis sur son manteau dont un pan revientsur sa cuisse droite, le pied droit appuyé sur une élévation rocheuse, il contemple la reine, tendant son visage vers elle avec une expression passionnée, indifférent au geste narquois de celle-ci. Cette œuvre admirable, dont je regrette de n’avoir pu donner ici une reproduction, a toute la délicatesse et toute la fine précision des plus beaux reliefs de boîtes à miroir et des « emblèmes » de la vaisselle précieuse. Oui comparera avec notre Héraklès un personnage d’un pare-joue de casque en bronze, tout à fait identique, Arch. Iahrb ., 1887, pl. I (Cf. aussi un casque de Palestrina, Arch. Anz., 1910, p. 186 = S. Beinach, Reliefs, III, p. 159, 3).
20° — Hérahlès et Téléphe. — Fragment de moule (Malmberg, op. L, pl. I, 2). Crimée. — De grand diamètre (0m13).
A droite Héraklès barbu (visage mutilé) nu, la massue sur l’épaule gauche, une peau de lion tombant sur l’épaule et le bras droits. Auprès de lui, à gauche, une biche (brisée à moitié) ; sous la biche, on voit un fragment arrondi, que la cassure rend indistinct, mais où il faut reconnaître le jeune Téléphe.
VASES A MÉDAILLONS
Cf. une plaque métafflque avec sujet identique (S. Reinach, Rel., II, 262, et frise de Pergauie, Arch. Iahrb., 1900, pi. I, 12).
21° — Personnages sur des hippocampes.
A. — « Guttus avec anse à étrier ». Antiquarium Berlin (Furtwângler, Vasensamml. n° 2899). Grèce. — Panse à larges cannelures. Anse très haute.
Néréide assise sur un cheval marin (crinière en pointes ; corps de poisson) allant vers la gauche, levant le bras gauche avec le bout du manteau. Cf. un canthare d’argent de Kertch, Arch. Ariz., 1910, col. 220, fig. 19.
B. — Guttus, Brit. Mus. (Walters, Catal. Vas., IY, G 43). Rhodes.
(( Figure masculine barbue,, en chiton court, chlamyde flottant derrière et endromides, chevauchant un hippocampe. »
22° — Triton.
Deux exemplaires identiques : 1° (fig. 40) Mus. d’Athènes (Carapanos, Dodone, pl. 61, 8, p. III) ; 2° Dodone (importation criméenne, pense M. Rizzo, Rom. Mitt., XII, 1897, p. 291). L’un des exemplaires est resté gris par suite d'une cuisson insuffisante.
Personnage barbu, tête de face et corps de trois quarts, allant vers la droite. Le corps, à partir du ventre, se prolonge en une queue de poisson repliée. Il tend le bras droit horizontalement vers la droite et tient dans la main gauche un objet Tune rame ?).
23° — Muse et Eros.
A. — Fragment découpé. Antiquarium Berlin ('Pagenst., op. I.. p. 170 et pl. II b). Grèce. — Vernis rouge.
Une muse est assise à droite sur un rocher. Elle est vêtue d’un chiton transparent sous lequel se modèle son corps et d’un himation posé sur les jambes. Elle tient de la main droite une grande l>re qui repose sur son genou droit ; le corps légèrement rejeté en arrière, elle s’appuie de la main gauche sur le rocher et regarde un petit Eros qui, debout devant elle, s’appuie familièrement sur son genou droit. En arrière on voit une syrinx suspendue. Le sujet est traité avec une aisance aimable.
Cf. une figure du relief de l’Apothéose d’Homère, par Archélaos de Priène.
B. — Fragment d’une coupe (Ath. Mitt., 1908, p. 105, fig. 23). Imbros.
Fragment du même sujet. A gauche dans le fond, pend une draperie.
C. — (Fig. 41) Moule (Frôhner, Coll. Gréau, T. c. d’Asie Mineure, pl. XCII, 9). Asie Mineure.
LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
La Muse vêtue d’un chiton et d’un himation est assise à gauche, de profil, sur un siège recouvert d’un pan d’himation ; elle joue de la cithare. Un petit Eros appuyé sur un cippe, l'accompagne en soufflant dans une flûte (?),
Fig. 41. — Muse et Eros
(d'après Frôhner, Coll. Gréau, T. c. As. Min., pi. XCII, 9)
D. — Fragment de coupe (inéd.). Musée d’Eleusis. Proven. Eleusis. — Terre rose. Glaçure noire très brillante.
Il reste la partie inférieure d’une figure féminine assise et le bas d’un Eros qui s’appuie sur elle.
24° (Fig. 42). — Combat d’Eros et de Pan.
Plat. Antiquarium Berlin (Furtwângler, op. I., n° 2900 ; Bie, Arch. Iahrb., 1889, p. 129). Atalanté (Locride Opontienne). — Vernis rouge brûlé et écaillé.
Plat rond sans anse ; assez plat, avec un marli convexe, sur lequel sont des oves en relief. L’intérieur est entièrement rempli par nn relief assez haut.
Combat d’Eros et de Pan. L’un et l’autre sont aux prises ; Pan est jeune (deux cornes naissantes) ; Eros, plus petit, lui a accroché, avec sa jambe, la jambe droite repliée qu’il enlève de terre ; il accroche aussi le bras droit de Pan, tandis que celui-
VASES A MÉDAILLONS
ci le saisit de la main gauche à l’aile gauche. La syrinx de Pan (à roseaux égaux) gît à terre ; à côté son « pedurn » (à peine recourbé à P extrémité). A droite est assise sur un rocher une spectatrice (Nymphe ou Aphrodite), le bas du corps enveloppé dans un manteau, le buste nu ; la main gauche est appuyée sur le rocher ; la droite s’élève, comme pour exciter Eros à l’attaque.
A rapprocher un certain nombre de sarcophages, une peinture murale de Pompéi, des mosaïques, représentant le même combat. Cf. Pagenst, op. L, p .57, n° 62 et pi. 10.
25° Eros et femme.
Musée de Ravestein ( Catal . Mus. Rav., n° 399 ter). Grèce ?
Au centre, en relief très léger, Eros volant près d’une femme debout et drapée qui tient son voile de la main droite et un coffret de ilia main gauche ; à droite et à gauche, figure effacée d’où le relief appliqué a sans doute disparu.
26° Groupe d’Eros.
Louvre (Pagenst., op. L, p. 12, n° 1). Asie Mineure.
Trois Eros en groupement pyramidant ; celui du haut vole, en tenant un vase.
27° Eros sur un dauphin.
A. — (Fig. 43) Fragment de moule (Exp. E. Sieylin, II, pl. LXIX, 4). Alexandrie.
Fig. 42. — Combat d’Ebos et de Pan (d’après Arch. Iahrb.. 1889, p. 129)
lfi
Eros est représenté de face (cheveux courts à mèches parallèles) tenant dans ses mains une loutrophore (?) enrubannée. Sous le dauphin, on aperçoit les vagues.
A comparer un Eros portant une épée, sur un relief de sarcophage, Jansson, Grabreliefs, pl. VII, I = S. Reinach, Reliefs II, 429, I.
B. — Coupe ( Arch . Anz., 1912, col. 341, n° 21). Kertch.
Eros jouant de la hre, à cheval sur un dauphin.
(d’après Ath. Mitt., 1901, p. 57, n° 14)
28° Eros et Aphrodite.
A. — Moule. (Malmberg, op. I., pl. I, 3 et p. 10, 11). Crimée.
Au centre, Eros, entièrement nu, les cheveux relevés en couronne ; il tire de l’arc, en visant vers le haut à droite. Derrière lui, une Aphrodite (Niké, d’après Malmberg), ailée, en chiton fin et collant, avec un himation drapé sur les jambes, dirige l’arc et le bras de l’enfant. En bas, à droite, un casque corinthien et un tertre (ou un trophée ?) sur lequel se dressait la cible.
Cf. un petit cachet de Sélinonte, Engelmann, Bilderatlas zu Ovid’s Metamorph., n° 55.
B. — Moulage. (Ath. Mitt., 1901, p. 52, n° 5). Athènes.
Reste d’une femme assise, vêtue d’un chiton et les genoux drapés dans un himation ; à côté d’elle on aperçoit les débris d’un petit personnage. Peut-être s’agit-il d’Aphrodite et d’Eros.
Le moulage, en terre à demi-crue, affecte dans le bord conservé
VASES A MÉDAILLONS
une forme arrondie. M. Watzinger, son éditeur, croit qu’il s’agit d’un moulage d’après une matrice pour miroir en relief. La forme ronde de cet objet me donnerait plutôt à penser qu’il s’agit de débris d’ « emblenm » rejetés parmi des déchets de fabrique. HL est possible d’ailleurs que ce moulage ait été fait sur une boîte à miroir. Cf. en effet une femme, dans une pose identique causant avec Eros, sur une boîte à miroir, Gaz. Arch., 1876, pl. 27.
29° Eros bachique.
A. — Moule. (Frôhner, Coll. Gréau, T. c. 3s. Min., pl. XCI, 3). Asie Mineure.
Au centre, une ainpliore dont la panse porte des cannelures ondulées, et d’où sortent des pampres. De chaque côté, un Eros danse en agitant un thyrse.
B. — (Fig. 44) Fragment de coupe. Musée d’Athènes ( Athen . Mitt., 1901, p. 57, n° 14). Athènes. — Argile rose. Vernis noir brûlé.
Un Eros ailé, debout, les reins cambrés. Il regarde en l’air, île sorte que le thyrse qu’il porte sur l’épaule pend vers le sol. Au manche du thyrse sont attachés deux larges rubans qui semblent retomber sur un cippe rectangulaire. Dans la main gauche, fortement rejetée en arrière, il tient un petit flacon.
C. — Grand plat à bord légèrement convexe, et à deux oreilles. 1, ouvre (Pagenst., op l . p. 171, pl. 2 c). Asie Mineure. — Vernis rouge.
Les deux oreilles du plat sont ornées de reliefs. Au centre, un thymiatérion ; de chaque côté, un bison ; au-dessus, un coquillage. Les bords sont dessinés par les contours de deux dauphins à queues repliées.
Dans le fond intérieur, un petit médajllon, encadré de flots incisés, portant en relief un Eros assis à terre, qui joue avec un canlhare. Sur le pourtour, des enroulements. Au haut et au bas, comme marque de fabrique, 1’ « acclamation » en relief :
EYTYXEI AAECXEI (?)
La disposition héraldique d’animaux se rencontre sur des oreilles de plat en argent ; Schreiber, Alexandrin. Toreutik, fig. 66, 73. — Pour l’Eros, ci. un relief de miroir, Bull. Corr. HelL, XXIV, 1900, pl. I, 2. — Pour l'inscription, cf. Bonn. lahrb., CXVI, 1907, p. 4.
- La forme du plat reproduit des plats en argent, Bonn. lahrb., CXVIII, 1909, pl. VIII, 2.
D. — Plat semblable. Louvre (Pagenst., op. L, p. 171). Smyrne. Même fabrique que le précédent. — Vernis rouge.
LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
Une femme couchée jouant de la cithare. A côté d’elle un Eros jouant de la double flûte. Inscription : E. AQN
EfrjOIEI.
30° Eros lyricine.
Fragment de coupe (inéd.). Musée d’Eleusis. Proven. Mégare (Fouilles de M. Phi'lios). — Terre grise, vernis noir très abîmé. — Relief très endommagé.
Un Eros de face, la tête inclinée à gauche, tient dans le creux du bras gauche une lyre.
31° Dionysos
Guttus. Brit. Mus. (Walters, Cat. Fas., IV, G 42). Rhodes.
« Dionysos, assis sur un rocher, imberbe, avec de longues boucles ; feuilles de lierre et draperie sous lui ; dans la main droite, im thyrse (?) ; dans la gauche, il élève une phiaile ; devant lui, un autre thyrse. »
32° Dionysos et Ariane.
A. — (Fig. 43 a). Fend de patère. (Pagenst., Ath. Mitt., 1912, p. 167, fîg. 17 = Brônsted, Voyages dans la Grèce, II, pd. IX). Athènes. — Glaçure rouge.
A l’extérieur, une rosace dans des cercles concentriques. A l’intérieur, Dionysos, imberbe, nu, une chlamyde sur l’épaule gauche ; la cuisse droite en avant, chaussé d’endromides basses ; il s’avance sur un rocher derrière lequel apparaît un autel (?). Sa main droite s’appuie sur un thyrse, il est soutenu à gauche par un Faune (cheveux hirsutes, pagne aux reins) gesticulant. Au fond, un Eros accroupi, dans la pose que nous avons vue sur les petites oenochoés du ive siècle, tend de la main droite une torche enflammée. Au bas, on voit la main droite d’un personnage tenant un voile. Au haut, restes de frondaison. Il s’agit évidemment de Dionysos en présence d’une Ariane endormie dévoilée par un Si'ène.
B. — (Fig. 45 b). Fragment de plat. Antiquarium de Berliu (Pagenst., Ibid, p. 168, et pl. 2 [ = Rom. Mitt., 1911, pl. XI, 2). Athènes. — Vernis rouge (asiatique, d’après M. Pagenst.).
Rapproché par M. Pagenstecher du fragment précédent, qu’il complète en partie.
Un personnage imberbe, la tête couronnée de lauriers, un manteau enroulé autour du cou, est assis sous un olivier. Il repose la main gauche sur le genou et tend l’autre à terre vers un objet disparu. A l’arrière-plan, à gauche, un petit Eros accroupi dans la même attitude que celui du fragment précédent.
A rapprocher de ces deux fragments des représentations de sarcophages, S. Reinaeh, Reliefs, II, p. 197, 2.
VASES A MÉDAILLONS
33° Dionysos entre Bûchante et Satyre (ou Silène).
A. — Fond de coupe. Musée de Heidelberg (Pagenst., Calen. Reliefker, p. 10, pl. 2 e et Athen. Mitt., 1908, p. 122, n° 3). Athènes.
Le pied et la partie inférieure de la panse portent des rainures horizontales.
A l’intérieur, Dionysos, titubant, s’avance de face, les jambes écartées, entre une Bacchante qui l’attire à elle et un petite Sat\re sur l’épaule duquel il appuie le bras et qui s’arc-boute contre lui.
Fig. 45. — Dionysos devant Ariane endormie (a. — d’après Arch. Iahrb., 1912, p. 1 67, lig. 17. b. — d’après Rôm. Mitt.. 1911, pl. XI, 2.)
B. — (Fig. 46) Moule (Annali, 1870, pl. I = S. Reinach, Reliefs, ÎI, p. 343, 3). Athènes ?
Dionysos est couronné de pampres, vêtu d’un chiton court et chaussé de hautes endromides ; il s’appuie de la main droite sur un thyrse ; à son côté droit, un Silène barbu et ventru, sans autre vêtement qu’une écharpe, joue de Ta double flûte ; à sa gauche, une Bacchante à demi-nue, tenant dans la main gauche un thyrse, soutient de l’autre main le dieu dont la main repose sur son épaule.
LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
Cf. même sujet sur !e monument phallique de Délos, Bull. Corr. Bell, 1907, pl. 13.
C. — Moule. Musée de Berlin (signalé par Babelon, Bronz., p. 558). Le Pirée.
Dionysos soutenu par un Silène barbu.
Sujet presque identique à celui d’une boîte à miroir de la Bibl. Nat. (Babelon, n° 1355, p. 554).
Fig. 46. — Dionysos entre Ariane et Silène 'd’après Annali Inst., 1870, tav. d'agg. I)
34° — Dionysos enfant sur une panthère.
(Pl. VIII e) Fragment de coupe. Musée de Délos (Cat. vas. rel., n° 683). — Terre jaune pâle. Glaçure noire écaillée. — Le relief a été découpé et collé sur le fond.
Dionysos enfant, tenant un flambeau dans la main droite et un objet indistinct dans l’autre, chevauche une panthère qui retourne la tête vers lui.
Cf. un relief de Tripoli du Méandre, S. Reinach, Reliefs, II, p. 110, 6 = Rev. Arch., 1892, pl. 23 ; un skyphos de Boscoreale, Mon. Piot., V, pl. 5 ; un canthare d’argent de Pompéi, S. Reinach, Reliefs, I, p. 227, 3.
VASES A MÉDAILLONS
35° — Ménade dansant.
A. — Askos. Antiquarium de Berlin (Pagenst. , op. L, pl. II, n° 1 et pl. 3 a). Grèce.
Une Ménade vêtue du pépias, avec apoptygma serré dans une ceinture, danse en tournant sur la pointe des pieds. Son manteau, dont les deux pans sont enroulés autour de chacun de ses bras, décrit un arc en arrière. Il semble qu’elle fasse claquer des crotales dans sa main gauche étendue ; dans la main droite, elle tient un thyrse verticalement.
Pour la forme du vêtement flottant, comparer : des bas-reliefs, S. Reinach, Reliefs, II, p. 109, et p. 531, I ; un gobelet d’argent italien, S. Reinach, Ibid., II, p. 301, I ; une pyxis en argent de Thessalie, Athen. Mitt., 1912, pl. Y, I. Cf. aussi Hauser, Neuattisch. Rel., pl. II, nos 29 et 32.
B. — Askos, Brit. Mus. (Walters, Cat. Vas., IV, G 64). Corfou. Ménade de face dansant, vêtue d’un long chiton et d’un himation
qu’elle ramène sur le bras droit ; elle tient un thyrse dans la main gauche,
36° — Silènes et Satyres.
A. — Guttus. Brit. Mus. (Walters. Cat. Vas., IV, G 41). Cyrénaïque.
« Silène (?) penché à droite, regardant en arrière, avec la main droite levée. » C’est le type du Silène « à%ôa%o%BÛM'f ».
B. — Guttus. Brit. Mus. (Walters, Cat. Pas., G 37). Teucheira. a Silène incliné à droite, avec le visage de face, un vase en
main ; sur le fond un palmier. Autour de cette figure, onze masques assez indistincts. »
Pour l’emploi d’une zone de masques, cf. la coupe dorée de Tarente (M. Mayer, la Coppa tarantina di Bari, pl. I et C.-R. pour 1876, IV, 9.
C. — Fragment. Louvre (inéd.). Asie Mineure. — Vernis noir. Satyre nu versant 'dans un cratère bachique le contenu d’une
outre qu’il porte sur son épaule (même type que fig. 101, n° 11 c). Le cratère, est tenu à droite par une femme, légèrement penchée en avant (même type que fig. 101, n° 10 h).
37° — Satyre et femme.
Patère plate sans pied ni anse. Musée de Bruxelles (Frôhner, Coll. Tyszkiewicz, pl. XLII). Argos Amphilochicon (Acarnanie).
Sur le bord, entre une bande extérieure d’oves soulignée de perles et une rangée intérieure de perles, alternent des rosaces et des crânes de boucs.
L’intérieur est occupé entièrement par une scène à deux personnages. A gauche, un satyre ithyphallique est assis sur un rocher
LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
couvert d’une draperie; un « pedum » est appuyé contre sa jambe droite : la main gauche repose en arrière sur le rocher, comme s’il allait se dresser pour se rapprocher d’une femme qu’il attire de la main droite. La femme résiste et se dérobe, la main droite retenant sur le sein son dernier voile. En arrière, sur un cippe, on voit une aiguière et, à côté, une draperie repliée.
D’après Frôhner, mythe de Zeus transformé en satyre pour séduire Antiope.
38° — Groupes obscènes.
A. — Coupe plate. Musée National d’Athènes (Nicole, Suppl., n° 1338). Tanagra. — Terre rose. Glaçure rouge du même ton que les vases à reliefs de Pergame.
Sous le groupe AKPÜ (et non OKP, Nicole).
B. — Conze, Pergamon, I, beibl. 44, 4.
Même groupe.
C. — Fond de croupe. Musée de Delphes (Perdrizet, Delphes, V, p. 179, n° 455). — Argile grise. Traces de vernis noir.
Groupe différent, à rapprocher d’un moule d’Arezzo, S. Reinach, Bel, III, 5, 2.
39° — Figures féminines indéterminées.
A. — Coupe. Coll. Schliemann. Musée de Berlin (II. Schmidt, Catal., n° 9575).
« Figure féminine nue, tournée à droite, autour de laquelle flottent des vêtements. »
B. — Coupe. Louvre (Pagenst , op. L, p. 12). Smyrne P
Le relief est disposé non pas en médaillon, mais sur une bande horizontale, diamétralement placée.
Une femme, le haut du corps nu, debout à gauche, saisit une amphore posée à terre vers laquelle s’avance un jeune homme qui en apporte une autre.
40° — Apollon et la Pythie delphique ?
Moule (Malmberg, op. L, p. 14 et 15 ; n° 6). Crimée.
A gauche, une femme demi-nue, assise sur un tabouret, sous lequel Malmberg croit distinguer un serpent enroulé, étend son voile en avant de son visage. En face d’elle, un jeune homme debout, nu jusqu’à mi-corps, son vêtement tombé sur la jambe droite repliée, est accoudé sur un objet très indistinct (autel ? trépied ?) et contemple attentivement la femme. Entre eux, dans le fond, s’élève un arbre (palmier P).
Cette scène étrange représenterait, d’après Malmberg, Apollon et la Pythie.
VASES A MÉDAILLONS
41° — Groupe de combattants.
« Guttus avec anse à étrier ». Antiquarium de Berlin (Furtwàngler, Vas.ensamml., n° 2898). Grèce. — Très bon vernis.
La composition, disposée en frise, est bordée au-dessus par un rang d’oves.
A gauche se dresse l’extrémité d’un objet en spirale. Un jeune homme nu, bouclier au bras gauche, un manteau sur le bras droit, a saisi un ennemi par les cheveux et le menace de son épée ; l’autre complètement nu, déjà terrassé et désarmé, se protège contre l’assaillant avec son bouclier et son manteau.
D’après FurtwàngTer, très beau style qui présente quelques rapports avec les bronzes de Siris (Walters, Cat. bronz. Brit. Mus., pl. 8, n° 285) et rappelle un motif de la frise de Phigalie. Cf. aussi un relief célèbre sur un pare-joues de Dodone, Carapanos, Dodone, pl. 15.
42° — Grecs et Amazones.
Vase en forme de gourde ronde et plate. Musée National d’Athènes (Collignon-Couve, Cat. vas., n° 765, pl. II, fig. 72 = Nicole, Suppl., n° 1269). Tégée. — Terre brun clair. Lustre noir.
Quatre rondelles, qui rappellent les rosaces, d’un lécythe de Crimée (p. 142, n° 18) sont fixées sur le pourtour, à raison de deux de part et d’autre du col et de deux autres en guise de supports.
Sur chaque face, le fond est formé par des cannelures rayonnantes sur lesquelles est appliqué un groupe en relief découpé. Les deux groupes représentent le combat d’un Grec et d’une Amazone. Sur une face, on voit un guerrier barbu, nu, avec chliamyd'e flottante, casque en forme de pilos, bouclier ovale, qui frappe de sa lance une Amazone expirante, affalée à terre (epomis, bouclier oblong, endromides). Sur l’autre face, l’Amazone (epomis et chlamyde flottante) frappe de son épée un Grec nu (bouclier ovale, épée) étendu à terre et qui se protège de son bouclier. Au fond de chaque scène un cheval cabré.
Cf. mêmes sujets sur des pièces d’armures et de harnais, C.-B. pour 1865, pl. Y ; Arch. Anz., 1910, p 186 ; Walters, Cat. bronz. Br. Mus., n° 285, pl. VIII .
43° — Grotesque.
Fond de coupe (inéd.). Musée d’Eleusis. Proven. Eleusis. — Terre rose, glaçure noire, écaillée.
Un personnage nu, difforme, épaules hautes, bras contournés, abdomen déjeté, coiffé d’un pétase, avec un manteau sur les épaules.
Rappelle un moule d’Agrigente (Rizzo, Rom. Mitt., 1897, p. 278, n° 8).
44° — Groupement de motifs variés.
Grand plat à rebord aplati et large. Musée National d’Athènes (Pagenst., op. L, p. 10 et p. 21, fig. 4 = Nicole, Suppl., n° 1180). -- Reau vernis noir.
Sur le rebord, une bande de feuilles de lauriers en retouche blanche, encadrée de deux traits incisés.
Le décor intérieur comprend un médaillon central et deux zones circulaires, séparées par un double listel saillant.
Sur lie médaillon, Ganymède enlevé par l’aigle ; l’éphèbe se retourne, comme pour le repousser, vers l’aigle qui l’étreint. — Sur la première zone, alternativement (quatre fois) groupe de deux Eros tenant un lemnisque et marchant, et fleurons formés de deux calices 'superposés d’où se détachent des volutes. Sur la deuxième zone, alternativement (sept fois) un fleuron de tournesol (calice oval, quadrillé, et entouré de pétales et de volutes) et un Silène'; les Silènes sont gros et trapus, debout, brandissant d’une main un thyrse enrubanné et, de l’autre, tenant soit un canthare cannelé à pied haut, ou une loutrophore cannelée à haute anses, ou une couronne, ou une lyre.
Pour les fleurons, cf. Watzinger, Holzsarkoph., fig. 57. Pour le rapt de Ganymède, cf. un relief de miroir, Monumenti antichi, 1876, p. VIII, pl. 47, 2 = S. Reinach, Rel, II, p. 473, 14. Cf. également des hydries côtelées à timbres (Chap. XV).
45° — Monstre à corps de serpent.
Fond de coupe (Pagenst., Samml. Sieglin, p. 60, fig. 72). Alexandrie. — Glaçure rouge.
Génie (manque le haut du corps), dont, le corps se termine en serpent dressé sur un anneau, et tenant dans la main gauche une corne d’abondance.
46° — Langoustes.
A. — Coupe. Coll. Schliemann Rerlin (H. Schmidt, Catal. , n° 3989). Troie.
B. — Coupe. Antiquarium Berlin (Pagenst., Calen. Reliefher., p. 11, n° 5). Priène.
M. Pagenstecher fait remarque]’ que, bien que les deux motifs soient identiques, ils sont pourtant de dimensions un peu différentes. Cela tient sans doute à ce que l’un d’eux a été exécuté par surmoulage.
Cf. une gemme, Furtwângler, Antike Gemm., pl. 45, 59, et des coupes de Cales, Pagenst., op. /., n° 80 et pl. II.
VASES A MÉDAILLONS
Avant d’aller plus avant dans l’étude des vases énumérés ci-dessus, il est nécessaire de définir la place qu’ils occupent par rapport à la vaisselle métallique ; car les rapprochements si nombreux que nous avons pu faire, au fur et à mesure de la description, entre ces vases et des vases d’argent ou de bronze, prouvent les rapports étroits d’un art avec l’autre ; d’une manière plus précise, il faut évidemment les rattacher dans leur ensemble, à cette vaisselle de métal à « emblemata », c’est-à-dire à médaillons décoratifs appliqués, dont parlent certains textes et que nous fait connaître un assez grand nombre de spécimens 1.
Pour ce qui est de la forme, il est à noter que la coupe à profil conique 2 ou le plat peu profond à bord évasé et concave 3 sont usuels dans la vaisselle de métal ; pareillement la phiale à omphalos du Musée d’Athènes (n° 44) paraît bien être une copie des belles phiales en argent, à omphaloi dorés et entourés de palmettes, d’enroulements et de motifs divers4. Enfin, le type si exceptionnel du vase aplati à contour circulaire (n° 42) n’est sans doute rien autre qu’une imitation des boîtes à miroir en bronze. Mais doit-on attribuer aussi aux « askoi » une origine métallique P Alors que le « guttus » italien avec sa panse cannelée et son anse en anneau suggère un prototype de métal, la forme même de 1’ <( askos » à étrier et à panse lisse n’offre rien de semblable ; ce vase appartient à un type purement céramique,
1. E. von Stern. ein Athenamedaillon aus Olbia ; Arcli. Ans., XXV, 1910, col. 220, fig. 19 (Kertch) ; Antiq. Bosph. Cimmérien, XXXVIII, 5, 6 ; Arch. Anz., XXI, 1906, col. 110 (Kouban) ; Arch. Ans., XXIII, 1908, col. 155, fig. 3, fig. 22 ; Winnefeld, 68s Berl. Wincks-progr. (Miletopolis) ; Pemice, 58s Berl. H cks-pr. (Hermoupolis) ; Arch. Anz., XIX, 1901, col. 43 et suiv., n° 1, 2, 6 iKarnak) ; Arch. Anz., XXII, 1907, col. 365-367, fig. 5, 6 (Mit-Bàhiné) ; M. Maver, La coppa tarantina di argento dorato Museo Bari ; Evans, Syracusan médaillons, p. 317 { Numisrn . Chron., 1891) ; Mon. Piot, V, pl. 12, 29, etc. (Boscoréale) ; Arch. Anz., XII, 1897, p. 125 et suiv. fig. 12, 13 (Hilclesheim) ; S. Beinach, Reliefs, I, p. 68, 77 et Babelon. Le Trésor de Berthouville, pl. V-VIII, et XV.
2. Athen. Mitt., XXVI, 1901, p. 90 ; Not. Scavi, 1896, p. 376, fig. I.