Inv. n
LES BOLS A GLAÇURE
de la sorte, si la présence, sur certains d’entre eux, de la glaçure rouge et si la signature de Dionysios, dont nous pouvons placer l’activité aux limites du i\e et du ni0 siècle (voir p. 322), ne nous engageaient à descendre plus près des dernières années du ive. Nous en avons d’ailleurs un indice dans , l’emploi simultané sur ces vases de C et de 2, de a> et de Q. Ainsi, dans leur ensemble, les vases à godrons représentent une série sensiblement contemporaine des « bols homériques » et qui, comme ceux-ci, dérive en ligne directe d’une vaisselle métallique purement grecque.
On peut sans doute ailler plus loin et admettre qu’entre nos vases et les « bols homériques » la parenté n’est pas uniquement d’ordre chronologique. Car, si au point de vue des provenances, ces vases se répartissent très inégalement entre trois régions, c’est à la Béotie qu’il y a peut-être lieu d’en rapporter l’origine.
Un spécimen a été recueilli à Athènes ; deux bols signés de Dionysios sont, l’un de Tanagra, l’autre de Thèbes ; un bol d’Aphroditos a été trouvé à Thèbes, un autre à Mégare ; le bol de Polémon vient d’Anthédon ; de Délos enfin proviennent un assez grand nombre d’exemplaires. — Iil n’est pas douteux qu’il a existé à. Délos des ateliers : on y a découvert le fragment d’un moule (PI. IX, d,). Mais, apparemment, ce n’est pas à Délos qu’il faut chercher le centre de diffusion. Délos qui, dans la suite, joua un rôle important dans la céramique à reliefs (Chap. XXI) ne semble pas en avoir été capable, à la fin du ive siècle et au commencement du siècle suivant ; elle n’était pas encore devenue le grand centre industriel et commercial qu’on la verra être sous les Ptolémées, les rois de Pergame et les Romains ; elle n’était encore qu’un marché ouvert aux fabriques étrangères ou à leurs succursales. A la même époque, Athènes paraît s’être spécialisée dans l’industrie des bols à décor varié et à corolle végétale ; jusqu’ici, l’on n'a retiré de son sol qu’un unique spécimen de bol à godrons. La Béotie au contraire, me semble désignée par la concordance des trouvailles, par
la signature de Dionysios dont l’atelier était sans doute installé quelque part en Béotie (p. 363) et peut-être aussi par l’alternance graphique, ’AippoStVcu et ’Aÿp'o’Sefrou 1 que l’on peut comparer avec Tipecytaç, pour Tâipscnaç, des « bols homériques» (p. 318). Enfin certains2, parmi les bols à godrons', présentent un ressaut du rebord au-dessus de la zone décorative, particularité spéciale, à ce qu’il semble, aux « bols homériques » .
La Béotie aurait donc été, à l’origine de la céramique à reliefs hellénistique, un facteur des plus importants dans la création et la diffusion de certains types : le décor à sujets narratifs, le décor à godrons vont désormais faire partie du répertoire de la céramique à reliefs, le premier défiguré et méconnaissable, et réduit à des figures isolées, le second réservé à la décoration des registres inférieurs.