Bull. Corr. Hell., 1913, p. 418 sqq
6. Schreiber, Exp. Sieglin, II, pl. LXVII, 1 et 4 ; Pagenstecher, Somml. Sieglin, p. 109, fig. 118 b.
ATELIERS D’ASIE MINEURE
vée de la toreutique alexandrine, par la technique, par le mode de décoration, par les formes et par les motifs ornementaux 7 .
L’argile est fine et bien épurée, sans paillettes de mica d’une pâte plus unie et plus grasse que celle des bols, elle rappelle assez l’argile attique. Le ton est ordinairement rose et uniforme pour toute l’épaisseur de la paroi ; mais, suivant les degrés de cuisson, il peut varier du jaune clair (très rarement) au rouge sombre.
La couverte, que nous appellerons « glaçure » par opposition à celle des bols mats dont il a été question plus hautr a l'éclat du vernis attique de la bonne époque ; et sans doute la composition en est-elle la même. Le ton, sur les exemplaires les mieux venus, est un beau rouge corallin, parfois bruni ou orangé ; c’est le même ton que présentaient certains vases attiques, aux parties de la surface qu’un coup de flamme avait oxydées. Mais ce qui n’était qu’accidentel dans la fabrication attique est devenu ici la règle. La méthode toutefois n’a jamais été parfaite, et ces vases n’ont que rarement une teinte uniforme. La couverte est parfois franchement noire dans la partie supérieure du vase et ce ton est séparé du ton rouge de la partie inférieure par une ligne de démarcation très nette ; cette particularité n’est certainement pas intentionnelle ; si elle l’eût été, on verrait la démarcation entre les deux tons coïncider avec une division dans la structure du vase ou dans le décor ; il s’agit ici d’un accident de cuisson : les vases étant emboîtés les uns dans les autres, il en résultait que la glaçure, suivant qu’elle, était exposée ou protégée, subissait inégalement les effets de la chaleur, de la flamme ou de la fumée.
Un lagvnos du Musée National d’Athènes (Inv. n° 2170) offre un caractère tout à fait exceptionnel. La présence,
1. Sous ces divers rapports, il faut rattacher à cette série un lécythe du Louvre (Inv. n° 3393) sans indication sûre de provenance, et un lagynos du Musée d’Athènes (Inv. n° 2170), sans provenance connue (= Leroux, Lagynos, n° 137).
Fig. 97. — Formes de Vases Pergaméniens
<1j V— X, d'après des exemplaires de Délos, Bull. Corr. Hell., 1913, p. 420, fig. 1 etsuiv. — Il, Athènes, Mus. Nat., Inv. 2170. — III, Louvre, Inv. 3393. — IV, Conze, Pergamon, beibl. 44).
ATELIERS D’ASIE MINEURE
dans son décor, d’un motif (Dionysos ivre soutenu par un Satyre) que l’on retrouve identique sur un vase à glaçure rouge, montre clairement que ce lagynos entre dans la série étudiée ici. Or l’argile en est grise, et la couverte est d’un noir de plombagine. Nous avons donc, grâce à cet exemplaire, un état antérieur à la cuisson définitive.
Comme on peut le voir par nos figures 97 et 98, les formes de ces vases sont, pour la plupart, d’un caractère unique. Les deux seules qu’on puisse rattacher à des types connus sont celles du lagynos (II) et du vase filtre (IX et pl. XVI, b). Le lécythe III, avec son col grêle et sa nanse
Fig. 98. — Calice a glaçure rouge (d'après Walters, Cat. Rom. Pott. Brit. il lus., pl. VIII, L. 35)
LA CÉRAMIQUE DE PERGAME
sphérique, ne ressemble que de loin au lécythe à reliefs hellénistique du type ordinaire (cf. fîg. 62, XI).
Parmi les autres formes, il en est, comme les vases I, IV, VIII, qui, même dans ce groupe, représentent des exceptions. Non moins exceptionnel est un petit support découvert à Délos 1. Les vases les plus nombreux sont du type « skyphos », avec ou sans anses (V, VI, VII et pl. XVI, a). On peut dire que le skypho-s est, dans cette série, ce qu’était le bol
Fig. 99. — Vases de Pergame. — Anses imitées du métal (I-V : Pergame. — VI-IX : Délos)
dans les séries précédemment étudiées. Une sorte de calice élancé et sans anses (X), dont certains exemplaires ont un galbe élégant (fig. 98), était également d’un usage assez répandu.
Certaines anses ont un caractère très particulier : les unes (pl. XVI, a) semblent formées de deux tiges flexibles réunies au moyen d’une goupille ; les autres sont des anneaux juxtaposés et réunis à l’aide d’une sorte de crampon (fîg. 99, IX) ; d’autres enfin, que nous retrouverons dans