‹ Les vengeancesChapitre 16 sur 82 · MARIE-ANNE, MADAME LOZET · texte numérisé non relu

MARIE-ANNE, MADAME LOZET

Mad. LOZET— (Sortant de sa chambre au même instant que Marie-Anne entre.

Elle fait un pas en arrière de surprise.) Marie- Anne 1

MARIE- ANNE. — Lisette ! (Elle m pour V embrasser.)

. Mad. LOZET. — (se reculant un peu.) On dit que tu n'es pas une bonne personne

MARIE-ANNE. — Vas-tu faire la bégueule ? Ah ! c'est bon ! Tu me crois plus méchante que je ne le suis. Je viens pour te rendre service, et c'est comme cela que tu me reçois.

Mad. LOZET.— Quel service ?

MARIE-ANNE.— Je devrais m'en aller sans rien dire, pour t'apprendre à mieux traiter tes anciennes connaissances ; mais je vais mettre la vengeance de côté. C'est au sujet de ton enfant. Je viens t'avertir d'en avoir soin. Il y en a eu deux d'enlevés à Ste. Croix la semaine dernière.

Mad. LOZET.— Seigneur ! que dis tu là ?

MARIE-ANNE.— Oui, deux. On croit que c'est par un loup-garou. Car, il disparaît et prend la forme qu'il veut. Il est grand ; il a les cheveux rouges, c'est tout ce que l'on sait. On l'a vu ; on l'a suivL Au moment de l'arrêter, il a disparu; Tonkourou qui est jongleur, tu le sais, connaît le moyen de trouver ces gens-là qui enlèvent les enfants, et il peut retrouver les enfants aussi, quand ils ne sont pas morts. Des gens de Ste. Croix sont venus pour le consulter, et... (On entend le cri aigu de V enfant.) Maman !

Maman ! (Pendant que Marie-Anne parle, on voit Tonkourou caché derrière le grand arbre... Il avance la tête de temps en temps. Tout à coup il se précipite et enlève V enfant. On le voit fuir V enfant dans ses bras.

Mad. LOZET.— (poussant un cri) Seigneur ! mon enfant ! c'est le voleur, c'est le voleur d'enfants. (Elle se précipite à la porte, cherche son enfant et crie.) " Bébé ! Léon ! mon enfant ! mon enfant ! Marie- Anne, viens donc (elle la tire par le bras) viens donc !

MARIE-ANNE, (sort en disant)— Oui, allons-y pour mieux la tromper.

Mad. LOZET. — (apercevant le ravisseur sans le reconnaître et s'élançant sur ses pas.) Ah ! il emporte mon enfant ! Mon Dieu ! ôtez-lui donc mon enfant ! (Elit disparait et Von entend encore ses cris.)

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