‹ Les ventres dorés; pièce en cinq actesChapitre 1 sur 25 · DES VOIX · texte numérisé non relu

DES VOIX

Un groupe! Faites un groupe, maintenant, Brianne.

BRIANNE

Placez-vous, alors... (Se tournant vers la scène.) Si Son Excellence ElMansour voulait nous faire le plaisir de figurer dans ce groupe. {£1 Mansour acquiesce de la tête et remonte.)

MADAME FARNIER, à madame de Boudé. Lui montrant un écusson sur la cheminée.

Ce sont les armoiries des ducs de Lérins à qui appartenait le château de Bellevue ?

MADAME DE HOUDÉ

Non, ma chère, ce sont les armes du baron.

MADAME FARNIER

Qu'est-ce qu'elles représentent?

MADAME DE HOUDÉ

Mon mari me l'a dit.*, attendez donc... Ah I

oui... Le baron porte: d'argent à trois tans de gueules.

MADAME FARMEi;

De gueules? Je ne trouve pas.

MADAME DE HOUDÉ

Mais si... rouge.

MADAME FARNIER

Oli ! pardon... .le comprenais...

MADAME DE LL'DRE, appelant les dames.

Venez donc voir Brianne. Il prend son rôle de photographe au sérieux.

MADAME FARXIER, à madame de Ludre.

Mais où est donc le baron? Je ne l'ai pas aperçu.

MADAME DE LL'DRE

Il travaille, peut-être.

MADAME FARNIER

Aujourd'hui? Avec tous ses invités?

MADAME DE LUDRE

Il en est bien capable.

MADAME DE HOUDÉ

Oh ! oui... Figurez-vous qu'un soir, chez lui, place Vendôme, pendant un grand diner, ayant reçu une dépêche, il partit pour Berlin.

MADAME FARNIER

Et ses invités?

LES VEMIÎES DORES

MADAME DE HOUDE

Ses invités?... Ah! ma chère... Ils étaient tous, tous persuadés que... [Le reste delà phrase se perd Les dames s'éloignent en riant.)

W Cousin. Cesl un jeune avocat. — // eau sait avec Jadin. — // s^ approche du marquis dWngerville.

M* COUSIN

Cher ami... (/)'An^eryi/Ze se retourne. Cousin fait les présentations.) M. Jadin, banquier à Lyon. M. le marquis dWngerville, un des administrateurs de la « Nouvelle Afrique ».

d'angerville, jadin

Ravi... monsieur... Enchanté...

d'angerville

De Thau nous a parlé de vous au Conseil. Eh bien, avez-vous eu beaucoup de souscripteurs pour cette émission, la troisième, qui sera la dernière, je l'espère?

jadin

Beaucoup. Des boutiquiers, des petits commerçants, des petits rentiers, gens prudents d'ordinaire. Mais on a une telle confiance dans la « Nouvelle Afrique ». Il est vrai qu'une société ayant à sa tète un président comme le baron de

Thau, un administrateur délégué comme M. Vernières...

D ANGERVILLE

Ah! le baron de Thau est un homme supérieur! Une intelligence des affaires! Un coup d'œil! N'est-ce pas, M"" Cousin?

COUSIN

Certainement. Mon patron, M^ Vergniaud, qui connaît bien les financiers, puisqu'il défend la plupart de ces messieurs en correctionnelle, M* Vergniaud me disait, hier encore, qu'il n'y a pas à Paris deux hommes comparables au baron. Il est depuis vingt ans dans les affaires : il n'a pas eu un procès scandaleux ; c'est un grand financier, et c'est aussi un honnête homme,

.lADiN, à d'Angerville.

Dites-moi, on prétend qu'on a découvert des mines d'or en Mauritanie?

d'angerville, réservé.

Hé ! Hé !

JADIN

C'est une grosse nouvelle et qui ferait une forte hausse sur vos actions si elle était confirmée.

d'angerville Je ne suis pas autorisé à parler.

JADIN

Mais on peut interpréter votre silence 1 {Regardant au fond.) Tiens... n'est-ce pas un de mes collègues?

d'angerville

Oui, M. Robert Vernières, le frère de notre administrateur délégué.

JADIN

Oh! vous permettez... {Cris et rires dans le fond. Les deux hommes se serrent la main. Cousin et Jadin s'éloignent )

Pauline, J8 ans, s'est approchée depuis un moment de d' Angerville ; elle attendait que Jadin se fût éloigné.

PAULINE

Petit père!

Qu'est-ce que tu veux, fillette ?

PAULINE

Regarde par là !

d'angerville Où?

PAULINE

Là... au fond. . Qu'est ce que tu vois?

d'angerville Un groupe d'invités du baron de Tiiau que Brianne va photographier.

PAULINE

Mais... cette dame... à droite... est-ce que ce n'est pas la princesse de Holsbeclv ?

d'angerville Oui... Tu la connais bien.

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