ACTE IV
ENSEMBLE
Adieu, mon pays, je succombe Sans briser ta captivité!
Je meurs sans vengeance! et ma tombe Est celle de ta liberté!
DE MONTFORT
Que sous mon bras cède ou succombe Ce peuple toujours révolté!
De leur chef qu'aujourd'hui la tombe Soit celle de leur liberté !
HÉLÈNE
0 mon doux pays! je succombe, Pleurant sur ta captivité, Sans voir briller, avant ma tombe, Ni l'espoir ni la liberté !
HENRI
Qui, moi? souffrir qu'elle succombe !
Non! non ! c'est trop de cruauté !
Et je la suivrai dans la tombe, Ou j'obtiendrai sa liberté!
CHŒUR, en dehors.
De profundis ad te Clamavi, Domine!
HENRI
Qu'entend-je? ôciel!
MONTFORT
C'est leur heure dernière !
HENRI
Un pareil crime...
MONTFORT
Est mon devoir à moi !
Car mon devoir est de servir mon roi, Comme le tien, de repousser ton père.
PROCTDA y à Hdlène.
A genoux!... à genoux !... et prions, mon enfant, Car le ciel va s'ouvrir...
» HÉLÈNE
Et mon frère m'attend !
HENRI, à Montfort avec angoisse et lui montrant Hélène et Procida qui
viennent i!e s'agenouiller.
Par pitié! — sinon par justice, Vous suspendrez ce sanglant sacrifice!
DE MONTFORT, avec indignation.
Et de quel droit l'oses- tu demander?
Toi! coupable! tu viens pour eux intercéder!
Je ne dois rien... non, rien à leur complice !
(Avec tendresse.)
Mais à mon fils... je peux tout accorder, S'il le demande ! et s'il me dit : Mon père!
IIENRI.
0 ciel!
MONTFORT, montrant In peuplo qu'on a laisse entrer dans la coor de la citadelle et qui est rclenu par les hallebardes des soldats.
Tout un peuple en prière N'obtiendrait rien de moi !
Dis un mol! dis : Mon père!
Et leur grâce est à toi !
HÉLÈNE, qui vient de se relever, «'adressant à Henri.
Ne le dis pas, et laisse moi mourir!
HENRI, avec désespoir. '
Hélène !
HÉLÈNE
Dans ton repentir, Sois-moi fidèle au moins !
MONTFORT, avec forcée.
Dis : Mon père!
Et leur grâce est à toi !
HÉLÈNE, de même.
Ne le dis pas ! et je pardonne. . . moi !