ACTE JU, SCÈNE V
Se reposant sur vous du poids d’un diadème ,
Le roi vous a-t-il fait plus roi qu’il n’est lui-même? D’où vient que son ministre, avec impunité,
Ose porter les mains sur notre liberté ?
PROCIDA
( à Montfort. )
Contenez-vous , mon fils. Quelle est l’injuste cause Du traitement étrange où mon retour m’expose ?
MONTFORT
Qui vous rend si hardi que de m’interroger?
PROCIDA
Apprenez-moi mon crime avant de me juger.
MONTFORT
Ennemi déclaré de ce naissant empire ,
Trop fier pour être utile, et trop faible pour nuire, Aux pieds des souverains rampant de cours en cours Vous avez contre nous mendié leur secours!
PROCIDA
Non, seigneur; mais j’ai vu la Sicile asservie,
Avec la liberté j’ai fui de ma patrie.
MONTFORT
Aujourd’hui dans son sein qui vous force à rentrer?
PROCIDA
J’ai voulu ta revoir avant que d’expirer.
MONTFORT
Quoi! pour livrer vos mains il d’indignes entraves!
PROC IDA
Pour vivre et mourir libre au milieu (les esclaves.
, .!• . • , il Il
< , MONTFORT
Vous perdez le respect, vieillard audacieux!
PR OC IDA
Je: ne sais qui de,’ nous l’a conservé le mieux. J’honore votre rang et le fais sans: bassesse ;
Mais ne devez-vous rien, seigneur, à ma vieillesse?
MDNTFORTi <; , .
Non, traître; je connais votre horrible dessein.
.i • : LO RÉDAN. . ,. f i,.- .
• " PROC.IDA
, Quel est-il?
M ON T FORT. ‘ ' ' " ’
Il sait tout!
De me percer le sein.
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Moi ?
MON TFORT. ( si Lorctiin. )
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Toi-même, toi seul. Ah! ce crime; est infâme; Jamais tant de noirceur n’aurait souillé ton âme.
On t’osait soupçonner, ma voix t’a défendu.
Que ton accusateur d’ün mot Soit confondu ;
Ta foi me suffira, j’en croirai ta réponse :
(Lui montrant Je billot,) 1f .. ,. t( . f .
Connais-tu le complot que cet écrit dénonce?
LORÉDAN
En croirai-je mes yeux? Tl est trop vrai....