ACTE IV, SCÈNE I. C
Lui seul il vous accuse! Ah! cette trahison Est horrible, inouïe, indigne de pardon.
Pâle, vous attendez l’arrêt qui va la suivre....
Ne craignez point... vivez... je vous condamne à vivre, A traîner dans les pleurs des jours empoisonnés Par tous les noirs chagrins que vous m’avez donnés. Puisse le digne objet d’une flamme si pure,
Volage comme vous et comme vous parjure,
Éveiller dans vos sens, de terreur dévorés,
Les jalouses fureurs dont vous me déchirez!
Puisse-t-il, méprisant vos larmes vengeresses,
"R 'pousser d’un sourire et glacer vos tendresses! Vous gémirez trop tard sur le sort d’un époux,
Si l chement trompé, proscrit, chassé par vous....
O faiaié beauté que j’aimai sans partage,
Q ai t ’honora jamais d’un plus constant hommage ? Mon lévoûment pour toi te fut-il bien connu?
Qu« ordre, quel désir n’ai-je pas prévenu?
Qu' ue me dois-tu pas, trop ingrate Amélie?
Li n m’as tout ravi : biens, honneur et patrie!
AMÉLIE
von, vous ne mourrez pas sur quelque bord lointain; Montfort va révoquer ce décret inhumain;
Montfort contre mes pleurs ne pourra se défendre.... Non, je cours à ses pieds ...
LORÉDANî
Eh! qu’oses-tu prétendre?
Tu pevut en m’exilant payer tou» mes bienfait»,
Vijnrs Sicil. 3*. édit. 5
Me perdre, m’immoler; mais m’avilir, jamais.
Mes maux sont ton ouvrage, ils seront ma vengeance; Toi, qtti fus sans pitié, souffre sans espérance.
Je puis t’abandonner; oui, je mourrai content,
J’ai corrompu ta joie ét te laisse en partant Ces remords assidus, eruels, inexorables,
Que l 'Éternel attache au bonheur des coupables.
A mes yeux plus long-temps tremble de te montrer; J’ignore où la fureur me pourrait égarer '
Réservée $ux douleurs dont ma faute est suivie,
Je ne méritais pas qu’il, m’arrachât la vie.
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