CHAPITRE XKXV
Le devoir Le mariagé n’est pas uniquement une partie de plaisir ; aux gens sérieux, il apparaît sacré et redoutable.
Edouard, tout en ayant pleine con-
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An
inébranlable au monde : le dévouemen
et la religion. , Dites-moi que vous me comprenez,
que vous m'approuvez et que vous
im'aimez.
Votre fiancé, = Edouard.
Mon cher Edouard,
J'ai d’abord failli pleurer en lisant votre lettre : elle est si austère que je me demandais si elle est bien de vous.
Pardonnez-moi ce mouvement d’enfantillage.
Vous avez eu bien raison de m'’écrire comme vous l'avez fait; j'ai réfléchi profondément et cela m'a fait du bien. Aujourd’hui, je comprends mieux certaines choses; je vois plus clairement l'avenir et je n’en suis pas moins courageuse, et je vous aime encore davantage.
Vous me demandez mon approbation ; c’est par là que je veux commencer : oui, mon Edouard chéri, je vous comprends et je vous admire, je partage vos idées et surtout je vous aime.
Il n’y a pas de sacrifices que je ne sois prête à faire pour vous et je n’aurai pas de plus grand bonheur que de
vous prouver mon amour par mon dé--
vouement ; quant aux devoirs, vous me les indiquerez, maître chéri, et je les remplirai fidèlement.
Vous m'avez fait le tableau un peu sombre, sans doute pour m’inspirer de plus sérieuses réflexions; mais il ne m'effraie pas, quand même.
Vos défauts et vos caprices, mon Edouard, ne sont rien auprès de mes imperfections ; et je suis certaine de ne pas me tromper en choisissant l’homme que j'estime entre tous et que j'aimais secrètement depuis des ‘années.
Le labeur quotidien, j’y suis accoutumé et il me sera doux quand je tra- ‘vaillerai pour vous ; la fatigue, vos ten-
dresses la feront disparaître, et les jours ne me sembleront jamais trop longs à penser à vous.
Nous serons deux pour porter les responsabilités :.mon affection êt vos conseils suffiront à tout.
Je me réfugierai dans vos bras quand la vie sera trop lourde; vous me consolérez. L ;
Oui! nous aurons confiance l'un dans l’autre: vous serez tout pour moi et je serai tout pour vous.
Du fond du cœur, Edouard, je vous promets obéissance, amour, dévouement et fidélité.
Que Dieu qui voit mes intentions nous bénissent tous deux et m’accorde de vous rendre heureux.
Votre fiancée, Blanche.
Il: fallait, pour qu’Edouard et sa fiancée pussent s’écrire de telles choses qu'ils fussent au-dessus du commun des amoureux.
On sait, en effet, quelle est généralement l'attitude de deux amoureux ou prétendus amoureux, quand ils en sont rendus à cette phase de leurs amours.
Si la jeune fille est assez indépendante, elle enverra promener le prétendant qui se permettra de lui parler un langage aussi ferme et aussi juste; si elle est follement éprise —ou habile— elle acquiescera à tout ce qu'on lui dira, quitte À renier, ensuite, serments et mari.
Les idées élevées, la franchise et la confiance de nos deux fiancés sont l’exception et ne se rencontrent presque jamais.
Le seul moyen de prendre de l’empire sur une femme est de la traiter de haut, avec bonté mais comme une enfant, et de la mener où l’on veut sans qu'elle s’en doute.
Toute autre manière est inefficace.
et que la réalisati - Je n'envie pas . rêveurs, leur idéal aux
Mais il faut à diplomatie, | que tel qui qu'il voudrait de sa jouet de sa fiancée.
lanche, Edouard a-
Chère. Blanche,
Que vous me rendez heureux.
” Vous êtes bien telle
d’afque je croyais faires, plusieurs ne faisaiene que des et j'aurai du plaisir à être—comme apparitions Périodiques, On t Vous dites—votre maître et, néan. Maintenant Passer sur Ja Place-d’Ar: moins, votre humble esclave.
» Pour que le bonr puisse subsister
montréalais.
ais, ces conditions de sacrifice, de Les rares Passants Cherchaients je travail, de dévouement et de religion côté de } ‘ombre et se hâtaient à j’ remplies, quelle félicité sera Ja nô- y i j er ‘ ri
>» Blani toujours : quel rêve On en sera douce !
leurs chimères aux poêtes, ni leurs
ces,
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ct payaient g
Peu accou Vil'e, il suait sang
ses effets et en empilant dan se ceux qu'il se
aux savants ; Plus qu'un seul bien, et
Saint » au. bras l'un -de l'au.
tre, Blanche, en vérité, je crois que je serai près du ciel, EE: