‹ Les vers intestinaux dans la pathologie infantileChapitre 37 sur 108 · PATHOGÉNIE DES ANÉMIES VERMINEUSES · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE DES ANÉMIES VERMINEUSES

Les vers intestinaux peuvent produire les anémies par plusieurs procédés.

1° Action spoliatrice. — Le Trichocéphale et l'Ankylostome, se fixant sur la muqueuse, détermineraient de petites hémorragies qui, répétées, finiraient par entraîner un état d'anémie plus ou

moins prononcée. Ces hémorragies seraiént très discrètes, cliniquement inappréciables en général, et seulement décelables par les réaclions chimiques ; elles ne seraient pas toujours proportionnelles au nombre de parasites. Cette hypothèse, très plausible au premier abord, ne salisfait pas pleinement l'esprit; elle n'est d’ailleurs pas valable pour le Bothriocéphale.

2° Action toxique. — Aussi a-t-on invoqué l'influence de toxines hémolysantes sécrétées par les vers. Mais pourquoi ces loxines ne manifesteraient-elles pas leurs effets sur tous les sujets infestés par les parasites? Se produiraient-elles seulement dans certaines conditions? dans quelles condilions? autant de problèmes à résoudre.

C'est pourtant cette action qui paraît primordiale dans l'anémie bothriocéphalique, l’action spoliatrice du parasite étant à peu près nulle : on assure en effet que les Loxines sécrétées par le Bothriocéphale peuvent encore faire sentir leur influence après la mort et même après l'expulsion du ver.

3 Action traumalique el inoculatrice. — En raison de l'insuffisance des deux hypothèses précédentes, d’aucuns attribuent un rôle important à l'inoculalion légère, mais constante, des microbes de la flore intestinale au moment de la fixation des vers : il en résulterait un état de subinfection qui se traduirait par l'anémie. On note en effet, dans la plupart des cas, un léger mouvement fébrile.

4° Nous ne devons pas non plus perdre de vue que ces anémies s'accompagnent habituellement de troubles digestifs, à forme d'entérile assez prononcée, dans la trichocéphalose par exemple. Or on sait la relation intime qui existe, chez les enfants en particulier, entre les troubles gastro-intestinaux et l’anémie (Léon Tixier).

Il est probable que chacune de ces hypothèses contient une part de vérité. Néanmoins, on s'explique mal la rareté relative de ces accidents, étant donné lenombre des sujels parasités. Il intervient évidemment d'autres facteurs, que nous ignorons encore.

Il y a longtemps qu'on a fait la distinction entre ankylostomés el ankylostomiasés, c'est-à-dire entre les sujets porteurs d'Ankylostomes et ceux qui éprouvent préjudice du fait de ces parasites, Sans doute, Weinberg et Léger protestent contre cette division ;

à leur sens, quel que soit le nombre des parasites, tout individu qui en héberge résorbe sans cesse des substances hémotoxiques. Mais, si scientifiquement exact que soit le fait, la distinction ne s'en impose pas moins au point de vue clinique.

De même il y a lieu, avec Guido Guidi, d'établir une distinction entre trichocéphalés et trichocéphalosés.

Probablement doit-on faire entrer en jeu les conditions d’hygiène et de résistance individuelles de chaque sujet. Pour Île Bothriocéphale, il intervient en outre une question de climat ou de latitude : l'anémie, assez commune sur les bords de la Baltique, est exceptionnelle en Suisse. Enfin il faut peut-être tenir compte aussi de l’activité plus grande des organes hématopoiétiques dans le jeune âge, les enfants élant bien plus atteints que les adultes (11 enfants sur les 16 cas d’anémie trichocéphalienne rapportés par Guido Guidi).

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