‹ Les vers intestinaux dans la pathologie infantileChapitre 50 sur 108 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

EXAMEN DES FÈCES.

Examen rnacroscopique. — Les vers minces ou de pelile taille (Trichocéphales, Ankylostomes) passent facilement inaperçus sans certaines précautions. Il faut, pour les mettre en évidence, laver les matières sur un tamis assez fin, de façon à entrainer tout ce qui n’est pas partie solide ou parasite. On peut aussi, après multiples décantations, répartir les malières très diluées dans une série de petites euvettes de porcelaine mi-partie noires et mi-partie blanches, comme on le fait en coprologie générale.

Examen microscopique. — L'examen microscopique des fèces permettra de reconnaître la présence des œufs de parasites et de déterminer l'espèce à laquelle ils appartiennent. Nous renvoyons aux traités spéciaux pour leur description.

A quel procédé recourir pour examiner une selle? Le plus simple,celui que nous avons toujours mis en œuvre, est l'examen direct d'une parcelle de matières, diluée dans un peu d'eau lorsque celles-ci sont trop dures. I suffit d'un peu d'habitude pour étaler cette parcelle avec la lamelle en couche suffisamment mince et uniforme. Les œufs brun rougeâtre ou jaunes du Trichocéphale sautent aux yeux dans la préparation la moins claire ; ceux de l’Ascaride, plus gros, sont caractéristiques, même lorsqu'ils ont perdu leur enveloppe albumineuse ; ceux de l’Oxyure, tout à fait incolores, caractérisés par une coque à contour double et réfringent, sont plus difficiles à identifier au milieu des matières et demandent plus d'attention. Nous avons en moyenne examiné cinq ou six préparations de chaque selle, parfois dix, el nous

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avons renouvelé cet examen à deux ou trois reprises chaque fois que cela nous a paru nécessaire eti que cela nous a été possible. La platine mobile du microscope permet un examen complet de la préparation, mais n'est pas absolument indispensable. Dans la règle, quand nous n'avons pas trouvé d'œufs dans la sixième ou septième préparation, c'est qu'il n'y en avait pas. Des examens ultérieurs confirmaient en général le précédent.

Comme le fait remarquer justement Stcherbak, la quantité d'œufs constatée est assez stable et le nombre trouvé aux différents examens varie peu.

Nous avons quelquefois utilisé la méthode de Teleman — agitation de quelques parcelles recueillies en divers points d'une selle dans un mélange à parties égales d'éther et d'acide chlorhydrique pur; filtration sur tamis de crin; centrifugation d'une minute : les œufs sont dans la couche inférieure du culot. — Ce procédé élégant, excellent pour un examen délicat, a l’inconvénient de nécessiter des manipulations qui, souvent répétées, prennent beaucoup de temps. A

Quant à la technique de French et Boycott, qui consiste à laver un peu de matières avec du sérum artificiel, à laisser déposer une demi-heure, à décanter, et à laver ainsi plusieurs fois de suite, elle est aussi peu pratique que possible.

Sans doute, cet examen donne les renseignements les plus utiles, mais il ne faut pas s'y fier d'une facon absolue : nous avons dit et répété que les Oxyures ne manifestaient qu'exceptionnellement leur présence à l'examen microscopique des selles ; de même les œufs de Ténias peuvent faire défaut alors que l'existence du parasite est certaine.

Enfin la présence d'œufs d'une espèce de parasites dans les selles ne donne aucune indication sur la localisation de ces parasites : nous ne saurions trop répéter combien il est erroné de diagnostliquer une appendicite à Trichocéphales parce qu'un sujet atteint d'appendicite a des œufs de Trichocéphales dans les selles.

Ceci bien établi, est-il possible d'apprécier, d'une façon même approximative, le degré d'infestation du sujet ? Quelques auteurs, Leichtenstern et Stcherback, en particulier, le prétendent ; des calculs relativement simples leur ont permis d'évaluer le nombre des Trichocéphales.

En ce qui concerne l'Ascaride, Brüning indique un procédé pratique pour se faire une opinion sur le nombre des individus hébergés : lorsque les œufs sont foncés, ont une coqueépaisse, un vitellus granuleux, il existe en même temps des mâles et des femelles, et on en fait expulser de 2 à 25 ; lorsque, au contraire, les œufs sont plus grands, plus clairs, plus longs, ont une coque plus mince et un contenu formé de gouttelettes graisseuses, c'est qu'il n'existe que des femelles non fécondées, etonn'en fait expulser qu'une ou deux.

Recherche du sang. — On emploiera la teinture de gaïac fraiche (réaction de Weber), la phénolphtaléine (réaction de Meyer) ou la benzidine. Toute autre cause d'hémorragies intestinales étant éliminée, Guiart prétend que la réaction est habituellement positive chez les porteurs de Trichocéphales. Cade et Garin ont appuyé ces conclusions en les amplifiant : chez 63 malades, les hémorragies discrètes décelées par la réaction de Meyer n'ont pu être attribuées à d'autre cause qu'à l'helminthiase (Trichocéphale seul ou associé dans la majorité des cas, Ascaride seul ou Ténia seul dans quelques cas). Nous avons cherché à vérifier ces faits en utilisant la réaction de Meyer, et nous ne sommes arrivé qu'à des résultats très contradictoires, qui ne nous permellaient pas de nous associer aux conclusions desauteurslyonnais. Bien souvent, en effet, des Oxyures méconnus pouvaient être accusés au même titre que les Trichocéphales décelés par l'examen des selles (G. Railliet, 1910).

Crislaux de Charcot-Leyden. — Bizzozero le premier en nota la présence dans les cas d'ankylostomiase ; ce fait fut confirmé par Perroncito ; seul Leichtenstern dit les avoir rencontrés dans toute espèce d'helminthiase. Cima, malgré desrecherches répétées, ne les a trouvés que dans quelques rares occasions ; cet auteur incline à croire qu'ils se trouvent plus facilement dans les selles avec mucosités. Pour notre compte, mais sans y avoir à la vérité prêlé une attention systématique au cours de nos examens de fèces, nous ne les avons rencontrés qu'exceptionnellement.

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