‹ Les vieilleries lyonnaises de Nizier du Puitspelu [pseud.]Chapitre 32 sur 32 · POURQUOI LON AIME LE VIEUX LYON · texte numérisé non relu

POURQUOI LON AIME LE VIEUX LYON

convenir que le vieux pont avec ses maisons inégales et étagées, la trompe élégante et hardie de Gérard Désargues, ses piles robustes, ses roches, ses bêches couvertes en toUe, le vieux café Neptune suspendu sur Teau, que tout cela ne fût un tableau tout Êiit et ravissant. Dites donc à Michel Grobon , s'il vivait encore, d'aller peindre l'horrible pont qui lui a succédé, ses arches lourdes, formées d'arcs de cercle, à rayons diâFérents, dont la courbe est brusquement heurtée par la ligne verticale

des pieds-droits, ces tjrmpans écrasants Et ce quai haut et

droit, si monumental qu'il soit, et utile contre les inondations, pourra-t-U jamais, pour un artiste, valoir l'anse inclinée et arrondie de l'ancien quai Saint-Antoine, dont la Saône amollie venait caresser les basses marches.

Soyons d'ailleurs bon prince, et reconnaissons que le pittoresque, au sens étroit du mot, n'est pas la seule forme de l'art ; qu'il n'en est pas même une forme supérieure. Le noble et le superbe est quelque chose de plus que le pittoresque, mais le pittoresque est quelque chose de plus que le plat. Les vie Nuova et Novissima à Gênes, hpia:ç(a del Granduca à Florence, celle del Popolo à Rome sont belles, beaucoup plus belles que notre ancien pont de Pierre. Nous avons aussi de notre vieille cité, en ce genre de beauté, des choses qui, pour être d'une échelle moins grande, ne laissent pas d'avoir leur caractère. La Loge des Changes est une pièce achevée. L'ancienne maison du Chapitre, par Décrénice, est large, fière, et les hôtels de Varey et de Parcieux, rue du Peyrat, sont de la saine architecture, bien ordonnée, sincère. Sous le règne de Louis XVI, on

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remua i Lyon aotant de modlons que sous k r^ne de Napoléon in, mais cm les remua mieux* Non que ks architectes hvmt, i part eux, beaocoap plus habiles qoe les |ndcres, mais parce que les traditions, les habitudes de b vie, k milieu soda! étaient antres. La q>écnlation dk-mème devait £ûre et Eûsait mieox qu'à présent. Les maisons dn qoai Monsieur et de la place de b Charité, bities par IL Rigod de Terrebasse, ceDes du quai Saint-Oair par Rater et Millanots, b maison Tc^ozan, les maisons de b rue dn Pbt furent, comme ks rues Centrak, Impériak et de llmpératrice, Tol^et de spécubtions privées. G)mparez les unes et les autres. Mais voîd un étadon encore plus commode. Si vous avez seulement quarante ans, rappekz-vous b maison Milbnois, détruite par un incendie, et regardez ce qui est i b place !

Nos antiques maisons n'avaient quasi point de sculptures. Elles tiraient leur beauté de b simple ordonnance. Maintenant on s'imagine que couvrir une bçade de sculptures qui se touchent toutes, à b Êiçon de goujons dans une poêle, c'est b rendre riche. Outre que l'omement continu est comme l'éloquence continue : qu'il ennuie, c'est id le luxe du similor et du clinquant , qui, loin de dissimuler b nûsère en dessous, l'accuse. Mieux vaut une maison de canuts. Elle n'est pas mauvaise en soi, si elle dit ce qu'elle est.

Parmi toutes les rues Impériales de France, celle de Lyon est encore b moins fikheuse. L'extérieur, au regard des maisons de Paris, a quelque chose du monument. Même l'esprit du temps n'a pu extirper entièrement nos vieilles traditions lyon-

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naies. Mais, malgré tout, notre rue Impériale porte la marque, a les vices des entreprises industrielles. Une multiplicité d'étages, nécessaires pour le bon rendement^ comme disent les propriétaires lyonnais, enlève à ses maisons le caractère d'édifices sérieux, comme, par exemple, les bâtiments que Ton a cités plus haut. Les étages sont démesurément bas. Aujourd'hui, lorsqu'une femille riche veut un logement honorable, va-t-elle le chercher dans la rue Impériale ? Non ; elle fait réparer un appanement dans les vieilles maisons bâties au temps de Louis XV et Louis XVI. Là seulement elle peut trouver un diminutif de l'hôtel privé.

L'architecture de la rue Impériale, dans son ensemble, appartient d'ailleurs à un mauvais moment de l'histoire de l'art. On était en plein sous l'influence du style néo-grec, sec, maigre, dur, resserré, à cocardes et à parafes. Puitspelu en peut parler à l'aise, y ayant donné, comme un chacun. L'étude des Êiçades fut confiée à de jeunes architectes dont plus d'un est parvenu à la réputadon, mais qui, n'ayant pas qualité pour surveiller et diriger, ont vu s'accomplir dans l'exécution les n^ligences les plus impardonnables, les erreurs les plus monstrueuses. Ajoutez les vices inhérents à l'esprit d'entreprise. Voici des profils camards, étroits en hauteur : ils sont ainsi pour épargner la pierre. Telle maison a été conmiencée en pierre de Cruas. Au beau milieu de la construction, pris de remords de sa prodigalité, on l'a terminée, vaille que vaille, en pierre blanche. Dans telle autre, les toits à la Mansard dans les parties latérales, percés d'abord d'œîls-de-T)œuf pour les greniers, ont été pourvus de grosses mansardes en bois imitant la pierre, parce que de ces greniers on a fait des appartements : toujours l'histoire du rendement.

De même, il m'en souvient, on était parti en guerre pour £dre exécuter de belles .sculptures dans tous les tympans des pones d'allée. Les échaÊiuds y étaient, les modèles £dts. Tout à coup, repentir. Pourquoi ne pas Êiire cette économie ? Voilà les échafauds à bas, et les sculpteurs avec. L'aventure me rappelle mon excellent père Thierry, de Sainte-Foy, brave et vieux négociant lyonnais, dont il a été parlé au chapitre des Boules. Cétait un fidèle abonné du Réparattury le journal Intimiste du crû, il y a quelque quarante ans, et que rédigeait, avec talent et sincérité, un fort galant homme, M. Auguste Ducôin, aujourd'hui sous-directeur de la Compagnie de Terrenoire. Or est-il que le père Thierry donnait de fi3is à autre un beau dîner, et bien bon, je vous assure. Mais le lendemain, en Êice de l'addition, honteux de sa prodigalité, il courait, par mesure d'économie, se désabonner au Réparateur, où il se réabonnait régulièrement quinze jours après, ne pouvant s'en passer, non plus que de tabac. Puis, la mauvaise humeur était passée. Mais hélas ! la G)mpagnie de la rue Impériale, moins généreuse, ne s'est pas encore réabonnée au Réparateur, et les sculptures sont à l'état d'épannelage depuis vingt-cinq ans.

Ges traditions ne sont point perdues. Au passage des Terreaux, deux belles colonnes portaient les statues de Philiben Delorme et de Simon Maupin, qu'avait Élites Bonnet. Elles étaient en mauvaise pierre. Un jour, un bras tomba sur le trottoir, puis une tète. On se hâta de les descendre. Le bon public crut que c'était pour les mouler et les refeiire en pierre plus dure. Quelque sot! Depuis lors les colonnes représentent au naturel le quatrième officier du convoi de Malbrouk.

Les rares Êiçades de la rue Lnpèriale qui n'ont pas été défi-

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gurées par rexécution ont été déshonorées par le bariolage des enseignes dont elles sont couvertes ii tort et à travers. Des rezde-chaussée tout à jour, de minces colonnettes de fer rendues invisibles et supportant d'énormes masses de pierre, tout cela, qui réjouit l'œil du propriéuire, offense celui de l'honmie de goût et blesse la raison : car il &ut non seulement que les choses soient solides, mais encore qu'elles le paraissent. Dites qu'on ne pouvait pas Êiire autrement, je le veux bien ; mais, de grâce, avouez que c'est laid!

Passerons-nous à l'intérieur? Parlerons-nous de ces escaliers demi-ronds, tous sur le même plan, sans un palier de repos, sans un limon pour rassurer l'œil, avec des balustrades en fonte, à la £içon des maisons de canuts ? Les comparerez-vous, ces escaliers, à ceux de la Manécanterie, à ceux de la rue Royale, larges, sentant leur édifice public, à solides balustrades en fer forgé décoré d'ornements repoussés? Voyez l'allée, l'escalier, la cour, aux maisons n^ 3 du quai de la Charité, n^ 8 de la rue du Plat; voilà qui est de main d'architecte ! Et pourtant c'était de la vulgaire entreprise, comme au temps du second Empire. — Et les décorations d'appartements? Que l'on regarde les salons Louis XVI de toutes les maisons du temps. C'est de l'art. Les menuiseries de conmierce, les pâtisseries rocamboles clouées sur le bois, dans les maisons de la rue Impériale, ne sont pas même au niveau du rien, elles sont fort au dessous, étant très loin de valoir une paroi blanche.

Puisque ainsi est que la rue Impériale est ce qu'il y a eu de mieux en France sous le second Empire, celles des autres villes

sont abominables. Abominable cette rae Impériale de Marseille, avec ses casernes de vingt-cinq mètres de hant, ses escaliers en casse-cou, et cela dans une ville où Ton trouve les jolies maisons basses en £içon de petits hôtels, simples, honnêtes, du cours Belzunce et des allées de Meilhan. Et Avignon, n'a-t-il pas perdu toute sa phjrsionomie de ville papale, fisrmée, son caractère de poétique retraite, depuis qu'on lui a ouvert au flanc, en détruisant les beaux ombrages de son Jardin des Invalides, l'immense avenue banale qui relie la gare i la place de l'Horloge? Et les maisons, en sont-elles misérables, avec leur Ëiux luxe et leurs fourmilières de sculptures, au prix du moindre de ces hôtels qui peuplent à Avignon non pas même la belle Calade, mais les rues les plus retirées ?

n 7 a d'ailleurs quelque chose de particulièrement haïssable pour l'artiste dans ces embellissements, si nécessaires qu'ils fussent peut-être, c'est leur banalité. Où que l'on aille, i Paris, à Marseille, à Toulouse, à Rouen, à Avignon, je trouve toujours le même percement, la même rue Impériale, les mêmes maisons, les mêmes boutiques avec les mêmes glaces et les mêmes devantures. Ici, les spéculateurs ont gagné; li, ils se sont ruinés. Impossible de trouver d'autres diflférences. Rien n'est pire que ce qui se rencontre partout. Mais si je vois b rue Juiverie avec ses curieux hôtels de la Renaissance, k rue Saint- Jean avec ses demeures du xv* siècle, telle noble maison de la rue Tramassac, de la rue Puits-Gaillot, de la rue du Plat, de la rue du Peyrat, voilà qui n'est pas partout, voilà qui est bien nôtre. Cela, c'est la physionomie d'une ville. C'est sa « person-

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nalité, » comme on dit aujourd'hui. Or, je ne donnerais pas une pipe de tabac de ce qui n'a pas une personnalité, soit œuvre d'art, soit ville, soit homme.

Nos embellissements ont donc singulièrement altéré la phyâonomie de notre vieux Lyon. Le mieux qu'on en puisse dire, on l'a déjà dit : c'était la conséquence inévitable, quoique ficheuse, d'une chose utile. Pas moins, la conséquence existe.

Mais il y a quelque chose qui a plus changé que la physionomie matérielle, c'est la physionomie morale.

n est véritablement à déplorer que l'amour de la petite patrie dans la grande aille s'éteignant de plus en plus. L'amour du clocher est une pièce essentielle d'un ordre social durable, solidement établi, et Ton peut dire un élément du patriotisme plus général. Qui ne tient pas à son coin de terre est peu apte à tenir au pays tout entier. J'aime mieux ma ville que ta ville, j'aime mieux ma province que ta province, et par dessus tout j'aime mieux la France que ton pays. Telle doit être la devise.

Mais, pour que ce patriotisme local existe, il Ëiut que la ville dont vous êtes en£mt ait une existence propre, qu'elle se distingue des autres, qu'elle ait un passé, des traditions qui vous y rattachent; qu'elle ne soit pas une ville-omnibus, une ville passe-partout, un four où tout le monde met cuire.

Or, c'est là ce que nous autres vieux Lyonnais r^ettons : Lyon, du moins le Lyon que nous avons connu et aimé, n'existe plus. Comment vouloir qu'il en soit autrement ? Il y a soixante ans, Lyon comptait cent mille habitants. Il y en a aujourd'hui près de trois cent cinquante mille. G>mme ks

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femmes font moins d'eofmts que jamais^ c^est donc pins des deux tiers de la popokdon qni sont composés d'étiang^ m sol, aux souvenirs; n'ayant rien de fyonnais, ni les mœars, ni les traditions, ni le langage, ni le trait moral particulier.

Et remarquez qu'il y a soixante ans, Lyon n'était d^i plus ce qu'il avait été. Au xvm* stède, notre ville s'administrait elle-même par le G>nsalat; elle se gardait par ses compagnies urbaines. Elle avait son automnnie, comme cela se dit dans le jargon du jour. C'était la capitale du Lyonnois, c'est-i-dire d'une province dont les habitants étaient unis entre eux par une affinité de race et de langage. Lyon n'était d^i plus cela au commencement du siècle. Cependant, i cette époque encore, nous n'avions pour garnison qu'une compagnie appelée départementale, d'environ soixante hommes, et une vingtaine de gendarmes. Pas un £icdonnaire, hormis i la porte de la prison et à celle de la caserne. Cela peint les mœurs; cela montre que Lyon n'était pas le ramassis de gens nomades, sans aveu, qui y affluent de toutes parts. Encore à cette époque, la police était faite par des Lyonnais, qui endossaient l'uniforme pour veiller à tour de rôle.

Or vous aurez beau faire, beau dire, une population nomade, cosmopolite, sans passé, sans lien entre elle, ne vaudra jamais une population fixe, attachée au sol, autochtone, ayant, par la force même des choses, de ce qu'a la Emilie.

J'ose dire que le sentiment religieux entrait pour une part dans cette constitution de la patrie lyonnaise. Le diocèse, lui aussi, avait sa physionomie. Il n'était pas janséniste, mais du

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jansénisme il avait l'austérité et la gravité. Ce n'est pas lui qui eût donné dans Lourdes ou dans La Salette. Gallican, il était fidèle à toutes les vieilles traditions du noble pays de France. Aujourd'hui y en France , dans le clergé, du nord au midi, V Univers; V Univers, de l'orient à l'occident. Ce n'est ni varié, ni gai. Le caractère particulier du diocèse, comme celui de la ville, comme celui du citoyen, a disparu, noyé dans cet océan universel où chaque vague ressemble à une autre vague.

Mais même aujourd'hui, si vous voulez retrouver quelque peu du vieil esprit lyonnais, c'est encore dans certaines traditions paroissiales qu'il Éiut l'aller chercher. Ces bonnes âmes, fidèles à leur autel, gardent plus d'un souvenir. Il y a d'anciennes confréries, d'anciennes œuvres pies, qui sont nôtres, et ont du vieux sang lyonnais. Est-il quelque chose de plus touchant, par exemple, que cette association des Hospitaliers- Veilleurs, fondée par deux ouvriers en soie et un ouvrier tailleur, et qui, depuis cent vingt-sept ans, va dans les prisons et les Hôpitaux rendre aux prisonniers et aux malades de vulgaires services de toilette, peigner, faire la barbe, et enfin veiller chez eux les malades pauvres et infirmes ? Chose étrange, toutes nos sociétés pieuses, venues du dehors, ont eu, un jour ou l'autre, leur contact avec la politique et y ont gagné maint horion. De celle-là, nul ne s'est jamais plaint. C'est qu'il feut Êire la différence entre les œuvres de parti et les œuvres de piété pure; entre les œuvres qu'on sert, et les œmvres dont on se sert.

Laissez-nous donc le regret de notre vieux Lyon. Quoi

qu'on Ëisse ou dise, s'il avait quelque chose de moins que celai d'aujourd'hui, il avait aussi quelque chose de plus, et, il £iut bien le confesser, quelque chose de meilleur. Puis, croyez-le, il n'y a pas de société fonement constituée, apte à grandir, à durer, sans le culte des ancêtres, et le vieux Lyon est notre ancêtre. Gardons-en le culte, et que ma droite sèche, si jamais je t'oublie, ô ma ville natale !

à Pusage des bonnes gens qui ne sont pas natifs de Lyon POUR l'iktelugence de quelques mots

DE l'ouvrage

Abat-Jour, s. m. Soupirail de cave. En 1871 on boucha tous les abatjour, crainte qu'on n*y jetAt du pétrole. Quand nous étions petits, nous n'y jetions pas de pétrole, mais ils étaient bien commodes.

Ablager, v. a. Ravager, saccager. Au fîg. chasser avec bruit. Reprâente ahîaticare, d*ab1atum.

Abouchef , v. a« Renverser sens dessus dessous. Pain abouché, pain qu'on a mis à cuire en renversant la petite paillasse ronde dans laquelle est la pâte.

Abouaer, v. n. S'écrouler. La tour Pitrat abousa le 27 août 1828 :

Bàbolat, sais-tu la nouvelle ?

La tour Pitrat vient d'abouser,

(Vieille chinson.)

Parlant par respea, de houu. Abouser, tomber en bouse. Acculer, v. a. Éculer, Ce n'est point une corruption d'dculer; c'est au contraire écuhr qui esit une corruption d'acculer. Nous n'avons point eu de

Lu FiiOkrm lymnâiw H

iJO LES VIEILLERIE^ LYONNAISES

biendipuis que Us talons des souliers ont àé acculés et que les anàomUes ont pud la, etc,y disait tristement le boa Béroalde. Et Rabelais nous conte qoe Gn-

gantua étant petit, se cbaffimrcit le visage et aculoit ses souliers En 1635,

Monet disait encore : Acculer un soulier, lui abattre et fouler le talon. L'origixte est un vilain mot qu'il vaut mieux ne pas répéter. On a considéré le ttloa comme étant la chose en question du soulier.

Acoti, ie, adj. Se dit de qudqu*un d'engourdi , de mollasse, qui se tient acaoupi, serré. Je demandais à une jeune mariée de mes parentes si dk était heuretise avec son mari : « Il n'est pas méchant, me répondit-dle, mais il est si tellemem acuti, qu'on ne peut pas le dégrober du coin da poêle. Moi qui avais rêvé tm tarabiitel » — Peut-être de cotere pour contereu, d'où Diez tire l'espagnol cuiir, tanner. Gnnparez c des cheveux cutis », des cheveux agglomérés. Cette origine ayant été perdue de vue, on lit généralement dans acuti l'idée de quelqu'tm qui reste sur sa « croupe », comme dans accroupi.

Affligé, s. m. Un estropié. Donner un sou à u» (^fiigi.

Affutiauz, s. m. pi. Affiquets, menus objets de travail ou de toilette. Fait sur le vieux français fust,

Agottiau, s. m. Écope. C'est le vieux français agottoQ, £ût sm gutta.

Allure, ée, adj. Se dit de quelqu'un dont on voit bien, à ses yeux, que sa tête n'est pas cuite. L'origine est dâuré, pour dûeurré, qui ne se laisse plus prendre au leurre. Cette origine ayant été perdue de vue, on a rapporté déluré à aUure, et on a trouvé bien plus naturel de dire allure, comme on dit d'un cheval fringant qu'il a de l'allure.

Ambre, s. f. Osier. jyAmeria, ville de l'Ombrie, célèbre par ses osiers. D'oè amerina (Georg. 1. I, v. 265). A ambre tiré d'un nom de ville, comp. Perpignan, manche de fouet.

Ame de peloton. Morceau de papier ou de carton sur lequel on enroule le fil. De ce que le carton est sous le fil conmie l'âme est dans le corps.

Anille, s. f. Béquille. De anaticula, petite cane. Comp. beC'-de<ane, manivelle en forme de béquille.

Appondre, v. a. 10 Ajouter. Appondre une corde, 20 Atteindre. Ce/usû appond à cent pas; cette femme appond à ma boutonnière, arrive à la hauteur de ma boutoimière. De ad-ponere, comme pondre de ponere.

Arbalète, voy. page 8, note i.

Arpaillette» s. f. Sorte de rame courte avec deux pointes au bout. Fait sur M'pe,

Arj», s. f. Griflfe. Mon père disait qu'il £dlait craindre quatre sottes

byGoogk

CUIDË-AKE 37 1

d*arpes : les arpes des diats, les arpes des procureurs, les arpes des femmes, les arpes du diable.

Arpion, s. m. Ergot. Dérive de arpe,

Axraper, v. n. Adhérer par une substance collante, M*man, je m'ai assis sur de la meksse^ ma chemise est arrapà. De arrapare pour ampère,

A tenant, express, adverbiale. Sans discontinuer. Chez mon oncle de Marnant, quand on était invité à dîner, on restait si longtemps à table qu'on dînait et qu'on soupait à tenant.

Bachu, s. m. G)f!re percé de trous et que l'on immerge pour y conserver le poisson vivant. Qjielquefob le bachu Êdt partie du bateau même. De hacca, « vas aquarium ».

Bagueter. v. a. Bagueter un habit y un tapis, le battre avec une baguette ou un martinet pour £ûre sortir la poussière.

B a iiMrièr e, s. f. Bouteille que l'on a remplie avec du vin du fond de la bardlle. C'est le sens de Rabelais : Qudques méchantes haissieres pour h vinaigre. De Ixdsser.

Bajaffle, s. m. Personne qui bajaffle. Subst. verbal de lajaffler.

Bajaffler, v. n. Parler, agir inconsidérément. Te ht^affles, tu dis des bêtises. Onomatopée d'une parole mâchonnante.

Baladotie. Fête haJadûire, vogue. Dérivé de haUarey parce qu'on y danse.

Balayette, s. L Petit balai. Comment un mot formé si naturellement n'est-il pas français ?

Balle, s. f. 10 Paume. 20 Berceau en osier, communément avec capote. 50 Balle à lessive, vaste corbeille de forme oblongue pour mettre le linge. Le sens primitif est celui de paume, à cause de la forme ronde. Puis le sens a passé aux autres objets à cause de leur forme arrondie.

Ballon, s. m. Uva crispa. Sorte de groseille énorme, à grain unique. A Paris ils le nomment groseille à maquereau. Le lyonnais au moins est honnête. De haUe.

Ballonlfe, s. f. Enveloppe âoréale de l'avoine, employée pour Êdre des paillasses, surtout pour les mamis. Les mamans prétendent qu'elle filtre beaucoup mieux les superfluités que la paille, qui se pourrit. De balle, au sens de balle des gndns, avec un suffixe ouffe, qui exprime le gonflement, le soufflé de la chose, comme dam pouf, touffe^

Banquettes» s. f. pi. Escarpins découverts extrêmement minces, dont

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rempdgiie est génénlemeot en étofie veloutée. De iivfwtte, à cause de Tabsence de talon, qui donne une analogie (lointaine) avec ime barque. I s. £ Voy. page 150, note t.

I s. £ Grand carré d^osier tressé, assez semblable an ujuv e ni e d'une balle, que, dans les mannm proprement tenues, 00 met sous le matelas parce qu*il attire les bardanes. An matin, b bonne le seooœ, et les bardanes tombent.

Btfdoifc, s. f. Hanneton. An fig. p eoo nne potette, lente, moDe, acntie. Un très spirituel académicien du Goorgnilloa s'appelle Marins Bordoirc. D'une onomatopée four, exprimant le bourdoonemeot (comp. hotur-d-iM)\ d'où hottr-d-oiri, hordoiri dans nos ctmpagnes, devenu à L3FOQ hardoirt.

BasMuiDe, s. f. Boue liquide. Subst. verbal de hûssomSkr, formé de jokîZ, lieu bourbeux, et du préfixe péjor atif has.

B au c h e» (de raves, de pommes de terre), s. f. pL Tiges et feuilles des végétaux. Reporte au latin du moyen Age halcba, kn-mème probabkmem idoitique il hlacbeSy plantes marécageuses, dont 00 r e tr o uv e le radical dans le celtique et dans les dialectes germaniques.

Benoni, s. m. Innocem, naît De betiét, avec un suffixe de âmtaîsie, pour lequel a aidé le Bemmi biUique.

Bicbeiée, s. f. Mesure agraire. Pour le Lyonnais, die est de 1293 mètres carrés. Ainsi nommée parce qu'elle r e pr é s ente la quantité de terrain suffisante pour y semer (et non pour y recueillir) un bichet de blé.

BIchet, s. m. Mesure de blé, variable selon les lieux et les époques. Aujourd'hui, dans le Lyoïmais, il équivaut à environ 53 litres. De hiàxt mesure de capacité, venu lui-même d'un bas latin Ko», tiré du germanique htcber, vieux haut allemand picbari, vase.

Bigorne, s. f. ^idume à deux pointes. De hîcomis. Cest aussi une béate, une cancome, une catoUe, une vieille dévote à mauvaise langue. Il est probable qu'il Êuit lire id bi^, avec un suffixe péjoratif par analogie avec conii,

B lanc hettt , s. f. Miche, vaUriana ciUoria. De ce que la miche est d'no TOt foncé.

Boodon, s. m. Tampon de bois servant à boucher la bonde d'une barrique. De hmâe.

BouUgant, ante, adj. Se dit de quelqu'un de remuant, tracassant. Je disais au père *** : « Vous ne mariez donc pas la Reine ?» — « M'en pariez pas : c P'pa, qu'elle m'a dit, je ne veux qu'un homme qui soye bien boul^ant (historique). » N'ayant jamais trouvé ses futurs assez bouligants, la Reine est restée garçon. — Participe de houHguer.

Bouliguer, v. a. Remuer, secouer, agiter. Ces pruneaux me houliguent U verUre, De buUkare, fréquentatif de huUire,

Bomcette» s. f. Miche, vaUriana ditùria, Littré y lit « petite bourse ». Mais en quoi la miche ressemble-t-elle i une petite bourse? J'aimerais nûeax y voir un dérivé de bourre : lourassetUy hoursette,

'Bàrpi (bô-ye), s. f. Jeune fille. Une heUe baye. En Savoie, bouille. Pourrait reporter à un bapicula, formé sur le celtique bacb, petit; d'où bacb^enes, jeune fille.

BiéchMy s. f. pi. Menus débris de végéuux, de bois. Je suppose que c'est une forme dénasalisée de branches, Q}iand j'étais petit, comme j'étais toujours potringue, on me Êdsait des infusions tant que dure dure. On avait beau ks passer i la passoire, je me plaignais toujours qu'il y eût des brâches au fond. A quoi ma mère de me répondre invariablement « qu'on ne les engraissait pas avec de Teau claire ».

Braises. Voyez page 342, ligne 23.

Bredouille, s. f. Ventre. Onomatopée des borborygmes.

Bretagne, s. f. Plaque de fonte qui se met au fond ^e Titre d'une cheminée pour défendre le mur de l'action du feu. La duchesse de Berry fut prise à Names, en 183 1, derrière une bretagne qui dissimulait une cachette, de trois pieds et demi de long sur dix-huit pouces de large. La duchesse resta là dix-sept heures avec trois personnes et une presse portative. Le supplice était horrible, mais le pis fiit que les gendarmes qui gardaient la pièce eurent froid et firent du feu. « La plaque devint presque rouge, dit la duchesse; ma robe, en contact avec elle, était déjà brûlée en plusieurs endroits, et nous fûmes heureux de pouvoir prévenir cet incendie avec nos

mouchoirs imbibés de pipi » Enfin il fallut se rendre. — Le mot est très

ancien à Lyon, car on le retrouve dans V Inventaire de Monet, 1636. Il n'existe pas ailleurs qu'à Lyon, à ma connaissance. Origine inconnue.

Briques, s. f. pi. Morceaux. Ex, Madame est dans sa chambre ; la bonne est dans le corridor, à £ûre son service. On entend bing 1 La dame : « Ah, mon Dieu, je suis sûre que voilà mon thomas en mille briques 1 » Notre sens est le sens primitif du franc, briques,

Bronde, s. f. Brindille, jeune pousse, extrémité de rameau. Probablement de l'espagnol brota^ d'où broUy brode, bronde.

Bogne, s. m. Voyez page 170, ligne 20.

Cabelot, s. m. Petit tabouret. C'est le firançais escaheUe, avec un suffixe diminutif.

CaboMer» v. a. Bossuer. A Lyon on cabosse souventefois son bagne aux tentes des magasins quand elles sont baissées. Heureux si Ton ne se ùit pas une croque au front. De ïfosse^ avec le préfixe péjoratif ca.

Cabot, s. m. Chien de dévideuse, médiant roquet. Origine inconnue.

Cacaboeon (à), express, adverb. Accroupi. Composé de caca et de hoson : un verbe et un substantif. Demander l'exjdication aux nourrices.

Cache-maille, s. f. Tire-lire. Maille, en vieux français, signifiait liard. Donc c cacfae-liards ».

Ca cb e n, s. m. Noyau. De cacher^ parce que le noyau se cache dans le finit.

CadoUe, s. f. Petite hutte dans les champs. 20 Petit cabinet. 30 Cabane des bateaux. M. ***, qui s'était fidt bdtir un si beau chlteau à ËcaUy, disait, avec notre modestie lyonnaise : « Je m'ai fiiit bAtir une cadoUe. » De cotahtûum^ méchante étable, fosse avec xoiu

Caffi, ie, adj. Épais, tassé, bourré. Du pain caffi. Dans Caquire^ parodie de Z(ttre (1780), par M. de Combles, magistrat lyoïmais, on trouve ce mot (acte n , se. 3), mais ce n'est pas à propos de pain. Au fig. une femme cajfie^ une femme qui n'a point de biais, une gnoune, une catoUe. A Genève, dt^^ ce surempli it\ unUt cîafi de punaises (Humbert). Du cdtique : k3rmri dap^ clampy monceau.

Cafne, s. f. Paresse.

De temps en temps je prends la cogne, De temps en temps la cogne méprend,

(Vieille chanson.)

C'est le vieux finançais cogne, chienne, de l'italien cogne, de cams, Samt- Amand dit :

Vimis, la bonne cogne, aux pmRards affàUs.

Le président Bouhier raconte que « le duc de Roquelaure, soupant diex la duchesse de Bouillon, prit avec les doigts du sel dans la salière. Cela parut incivil à la duchesse, qui dit tout haut, en montrant la salière : « Voili^ la passée d'une grande b^e. » Le duc répondit vivement : « La bonne cagne, elle a le sentiment (l'odorat) bon. » Cela ne donne pas une très haute idée des bonnes manières de la grande noblesse du'xvn« siècle.

Canant, ante, adj. Agréable, délicieux. Mot forgé au x\ane siècle. Le primitif a dû être coner, se caner, marcher en se dandinant comme les canes, fiâner « agry&blement » (comp. se lenticaner). Une canante, une colombe, une connaissance, une bonne amie ; parce qu'une canante, dans les com-

mencements, c'est tout ce qu'il y a de plus canant, mais dans les commencements seulement.

Caquenano, s. m. Benêt, timide. Aucuns disent que Joseph était un caquenano. Moi je prétends qu'il fut un sage. Du mot lyonnais répondant au latin cacare, et de nano, expression enÊmtine pour lit. Traduisez.

Caquillon, s. m. Tout petit tonneau, conmiunément pour le vinaigre. Diminutif de caque,

Carpîère» s. f. Marchande de carpes, et, par extension, de poisson en général.

Casse» s. f. lo Poêle à frire. 20 Casserole. 50 Quelquefois le bassin pour puiser de l'eau dans le seau. Du vieux haut allemand che^, casserole.

Catulle, s. f. 10 Birloir (voy. page 10, note 2). — 20 Grumeau, saleté adhérente. De coHr. — 30 Bigote méticuleuse. C'est 20 au fig. Littéralement une femme qui colle comme une catolle. — 40 Grateron, gallium apparine. De ce que les fruits, pourvus de poil, adhèrent à la barbe et aux cheveux comme la catolle 2.

Cajron, s. m. Terme élégant pour éviter de dire cochon. On dit aussi Habillé de soies. Amis comme cayons, être très liés. Nous n'avons pas gardé les cayons ensemble y phrase noble qui se dit à quelqu'un qui s'émancipe trop avec vous. Origine obscure. M. Cornu dotme cacare^ mais pourquoi les cayons auraient-ils tiré ce nom d'un privilège qu'ils partagent avec tout le monde, et avec les philologues eux-mêmes ? Le languedocien caliou pourrait Êdre rattacher cayon ï, cagl, kalar, caillar qui , dans divers dialectes celtiques, signifient fiente, Êmge.

Cenpotet s. f. Barrique contenant cent pots. Comme les Lyonnais som de braves gens, ils font la bonne mesure, et la cenpote contient 105 litres environ.

Chaise à ad. Chaise toute petite fidsant caisse avec couvercle, et qui sert aux mamis à s'asseoir au coin de l'Atre.

Chant. Bois sur chant, briques sur chant ^ c'est-à-dire placés verticalement dans le sens de la largeur, par opposition à l'objet posé à plat. De canttu,

Chanée» s. f. Chêneau de toiture. De canalem, comme en témoigne le vieux lyonnais chanal^ puis chana, Comp. Montée de la Chana,

Chanin, ine, adj. Désagréable. Un air chanin que vo sofle su le cotivet, un vent coulis qui vous souffle sur la nuque. Mot à mot de chien , de caninum,

Chaïasson, s. m. Échelle à un seul montant pour la cueillette des fiiiits. Au temps de la récohe des bigarreaux, le bon cUré de Saint-Julien-Molin- Molette,^ dans son prône, recommandait toujours aux garçons de monter sur le charasson, et aux filles de rester en bas. De scah.

Chaucbert v. a. Fouler aux pieds. Chaucher la vendange. Au fig., chaudnr quelqu'un, le bourrer, le cogner. Le bon Ronsard, dans une de ses idylles, remploie dans un sens trq) indiscret pour être rappelé id.

Cliat (1^. C'est le nom donné au gone sur qui le sort £ût tomber le rôle désagréable et solitaire dans les jeux, par exemple au Diable boiteux. De ce qu'on chasse le gone comme un chat.

Chaudelet, s. m. Petit gAteau à Tanis et au raisin de Corinthe qui était fort bon. Jadis on en vendait par les rues. Je crob qu'on ne Eût plus de ces gAteaux. Que si vous voulez avoir un hachis délicieux, mettez-y un chaudelet, pourvu que vous coxmaissiez un pâtissier qui en £isse encore. Du vieux français cbaudel, gâteau qui se mangeait chaud, probablement.

ChavaMe, s. f. Synonyme de bauche. Des cbavasses de truffes. Au fig. cheveux. Ces dames se sont frises par la chavasse. Dérivé péjoratif de capiUuM,

Chelu, s. m. Voyez page 1 1, note 2.

CherillèrB, s. f. Ruban de fil. Dérive de cbevtUer, pris au sens général d'attacher, fixer.

Chinard, s. m. Os de l'édiine du porc; par extension, quartier du dos. Du vieux haut allem. sâna, aiguille, corps pointu. Comp. ^ne du dos,

Chirat, s. m. Monceau de pierres. Peut-être du celt. cam, amas de pierres, tumulus; peut-être de capra, l'amas de pierre représenunt une chèvre accroupie. Dans les Vosges, un amas de pierres s'appelle bouchot, de bouc. On dit en proverbe : Les pierres vont toujours au cbirai, pour l'eau va toujours à la rivière.

Clapoton, s. m. Pied de mouton. Une salade de clapotons. Au figuré, pied humain. Se laver les clapotons est un scnn qu'on doit prendre fi^uemment. Le mot de diapota se di»nt en pat(»s de tous les pieds fourchus, il peut venir du germanique Jdaiu, pied fourchu ; kloben, fendre.

Cleigeon, s. m. 10 Petit clerc, a» Laitue fiisée, cueillie lorsqu'elle n'a que trob ou quatre feuilles. Vient peut-être , dans ce dernier sens, de ce que ces laitues, au regard des grosses, sont considérées comme des petits dercs au regard d'un gros curé. ^

Clinquettes, s. f. pi. Os plats qu'on tire du bouilli, et avec quoi les gones font des dinquettes dont ils jouent aussi mélodieusement que les ladres du moyen Age fidsaient des leurs. On Êdt aussi des dinquettes avec des lamelles de bois ou deux morceaux d'assiette ; enfin, avec tout ce qui est musical. Forme nasalisée du vieux fiançais cliquettes,

Coqueluchon, s. m. Petit morceau saillant au sommet d'une fiarde, par extension au sommet d'un couverde de soupière, etc. Dans le gothique on

GUroE-ANE 377

met des coqueluchons au sommet des pignons, etc. Au fig., tête, parce que la tète est le coquduchon du corps. Taper sur h coquduchon se dit du vin qui monte à la tète. Dérivé de coquille. Le vieux ûranç. coquduchon, capuchon de moine, a influé sur la forme.

Cocu, s. m. Primula ojficinàUs, Espèce de primevère dont l'ombelle terminale est d'un jaune plus vif que la primevère à grandes fleurs. Dans nos campagnes on l'appelle IfrayirCUy c'est-à-dire, parlant par respea, « culotte de mari trompé ». D'après mon père, la politesse exige que l'on ne prononce pas le nom de cette fleur devant des messieurs que l'on ne connaît pas très bien. Le mot vient de la couleur de la fleur, manquablement, mais pourquoi le jaune a-t-il été choisi pour la représentation symbolique de cet état d'âme ? Cette question serait bien intéressante pour un concours académique.

Cofife, s. f. Enveloppe dure des graines. Probablement du vieux haut allemand chuppha, coiffe. Comp. coiffe du ventre, péritoine.

Coivette, s. f. Balayette. De couève, balai, lui-même de scopa.

Command. Être de bon command, être d'humeur commode , être Êidle à commander. Notre apprentisse était de si bon command qu'elle se laissait embrasser par tout le monde.

Commerce. Faire un commeru. Se dit, au sens péjoratif, d'une occupation répétée, ordinairement bruyante. Je ne sais pas quel commeru le minage voisin a fait toute la nuit, je n'ai rien pu dormir. Se dit aussi quelquefois d'occupations répétées non bruyantes : Qu'est qu'il est après faire, le Jules ? — Y Jfait des trous en terre qu'y bouche après. Y fait u commeru depuis u matin. Qpe d'hommes font le commerce du Jules 1

Conche, s. f. Pierre plate recreusée, placée sous l'évier et communiquant avec un tuyau de chute placé à l'extérieur. Chez mon maître d'apprentissage le mami était si bien élevé qu'il ne s'arrêtait jamais dans un autre coin que sur la conche. De concha.

Coquelle, s. f. Vase en fonte et à couvercle, dans lequel on met le rôti ii cuire. C'est le vieux flranç. doquelle, diminutif de cloche.

Corée, s. f. Poumon des animaux, mais plus spécialement du mouton, et, parlant par respect, du cayon. C'est ce qu'en poésie lyrique on nomme le mou. Dérivé du latin cor. La corée est ce qui tient au cœur, parlant au propre.

Coignole, s. f. Coignolon, s. m. Gosier. Arrosons-nous le corgncHon. De corne, pris au sens d'objet creux. Comp. cornet de poêle.

Cotivet, s. m. Nuque. Mon oncle de Momant avait le cotivet rouge. De xotîc, même sens.

Coodlèie, s. f. Appui de croisée. Dérivé expresâf de amde.

Couette ou Coite, s. f. Couverture piquée, garnie d'ouate ou de plume. Il est français, mais dans un sens difiérent.

Couronne, s. f. Pain en forme de couronne, manquablement.

Couvert, $. m. Toit. Métonymie pour couvrant.

Crap«ud, s. m. Voy. page 7, note 2.

Craquelin, s. m. Gâteau à l'eau, en forme de couronne, sec et craquant. D'où le nom. Quoique à Paris personne ne sache ce que c'est, il est au dictionnaire de l'Académie.

Crimer, v. n. Brûler sans flamme. LeîaU a crime au fond du pot. Probablement corruption de nmer, même sens, sous l'influence de cremany en patois cremé.

Crinser, v. n. Se dit des objets qui brûlent sans flamme, en se crispant. La femme : Pourquoi que ça sent la comt brûlée ? — Le mari : Je me suis crinsé les cheveux. De crin. Crinser, se crisper comme un crin.

Crosse, s. f. AnUle. D'un radical crx, qui se retrouve dans le gemunique et le celtique.

Croupeton. A croupeton. La même chose qu'à cacaboson. « Assises bas, à croppetons... A petit feu de chenevottes, » dit Villon. De croupe.

Cuchon, s. m. Tas, monceau. Y't(^àiont si soûls qu'en sortant du cabaret y sont tombés en cuchon. Du vieux ûanç. cuche, même sens, dont j'ignore l'origine.

Culot, s. m. Dernier né. De ce qu'il ne vient pas à la tête des autres. En Provence, c'est le cago-nis, pariant par respect, celui qui salit le nid ; image tirée d'une exacte observation d'histoire namreUe. En Gévaudan, gasta-gnis^ même sens, plus honnêtement exprimé. En Dauphiné, sarre-bouissouy celui qui ferme le buisson.

Débsgager, v. n. Partir, trousser bagage. V. a. Faire partir, évacuer. De bagage, comme bien s'accorde.

Dédse, s. f. Descente le long d'une rivière. De descensa.

Déponteler, v. a. Oter les ponteaux. Sur ponteau, voyez page 19, note i. Au fig. Avoir Festomac déponteler avoir très Êûm.

Dessempillé, ée, partie, de dessempUkr. Se dit des vêtements déchirés et en lambeaux. DessempiUer est sempiller avec un préfixe intensif. SempUler ou sampiJler est composé de /wTfe, lambeau, de petlea, et d'un préfixe péjoratif sem ou sam, qui a pris, en lyonnais et en provençal, le sens de secouer.

Doigts-de-motts» s. m. pi. Scorsonères. A cause de leur forme effilée et de leur couleur blanche. Image gradeuse pour exciter l'appétit.

Ddme de poêle. Gros couvercle en tôle, de forme cylindrique, qui sert à recouvrir la marmite sur le poêle pour Êidliter la cuisson. Dans les maisons riches, il monte et descend à Taide d'une poulie.

Doucette, s. f. La même chose que hourcetU, De ce que cette salade est douce, quand on y met peu de sd, très peu de poivre, pas de vinaigre et beaucoup d'huile.

Druge. Se plaindre de druge. Se plaindre que la mariée est trop belle. De drMgty s. f., pousse excessive, surabondante. Origine celtique. Kymri drud^ vigoureux.

Dubelloire, s. f. Cafetière en terre dite grès, avec passoire de même nature. Origine historique. Ces cafetières ont été inventées par du Belloy ou Dubelloy, corrompu en dubeHotre^ à l'aide du suffixe oire^ qui s'applique aux objets moyens d'action : passoire^ araignoire, etc.

Échiffre, échiffe, s. f. Ëcharde. Du vieux haut allemand SMvcro^ édat, fragment, anglab sbwe.

Ëdéné, ée, adj. Se dit d'un vaisseau dont les douves laissent filtrer le liquide. Au figuré, harassé, exténué. Mon cousin Toine, de Saint- Laurent, s'il n'avait pas bu ses six pots dans la journée, il était édéné le soir. Peut-être en rapport avec le vieux firançab c/tW, crible, ou du moins le primitif aurait été influencé par lui. Ce primitif pourrait être le vieux haut allemand klio^an^ fendre. Comparez le provençal d^Usi, même sens.

Écrabooillé, ée, partie. Écrasé, broyé. C'est le vieux franc, escbarbomllé, d'un radical carp^ qu'on retrouve dans carptre,

Éme, s. f. Jugement, intelligence. A Véme, au juger, à vue de nez. Acheter à Ténu, acheter à forfiût. S'écrivait jadis esme. « Et par ce Êdllirent les barons à leur esme, » dit Joinville. Subst. verbal éHaesHmare.

Bmpeinte, s. f. Rame de 30 ou 40 pieds de longueur, servant de gouvernail à l'arrière des bateaux et radeaux. J'aimerais autant monter une empeinte par un escalier à noyau se dit d'une besogne très difficultueuse. Uimpincta^ £ût sur impingere comme pinctum sur fîngere.

Empire. Câté de Vemptre^ c'est le territoire sur la rive gauche de la Saône ; câté du royaume^ c'est le territoire sur la rive droite. Ces appellations remontent au commencement du xi« siècle, alors que la rive gauche relevait de

Tempire d'ADemagne et U rive droite du rpytiime de France. EUes sont encore d*an usage courant chez les mariniers.

Enquiquiner, v. a. Fortement en...nuyer. Euphémisme de Êmtaisie, dicté par le sentiment des convenances, et dans lequd je ne croîs pas que le souvenir de Bouzon, dit Qjiiquine, entre pour rien.

Façuic, s. f. Voyez page 7, note i.

Faraud, aude, adj. Mis de hçcm cossue. Foin son faraud y £ûre le fier de ses beaux affiûres. Origine incertaine.

Farine jaune. Farine de mais. De la couleur, démonstrativement.

Fatiguer, v. a. Fatiguir la salade. Toucher jusqu'à ce que les feuilles soiem légèrement flétries. Les Lyonnais r^dmem mieux ainsi. Beaucoup préfèrent même la salade de la veille, qu'on dit alors cmU, Ne pas confondre avec la saJade cuite^ macédoine, ni avec la salade chaude, manière délicieuse d'accommoder le bouilli de la veille.

Fège, s. m. Fde. Se T<mger le fige, se maucœurer. Se dit spédalement d'un morceau de foie qu'on met en salade avec des dapotons. Il est alors féminin : Chiquer de la fige. Defidicum pour ficatum dans jecurficatum.

Fewu, s. m. Lourde piodie, très recourbée et i fer très large, qui sert à travailler les vignes. Defossorem,

Feuillette, s. f . Synonyme de cenpote. De pbiaktta,

Fiageôles, s. f. pi. Haricots, appelés aussi, dans le bigh-life, des gonfiesAf.,, Dcpbaseola,

Fiaxde, s. f. Voyez page 69, ligne 9.

Flape, adj. Flasque, mou, pendant. Jean de la Miche, Lionnois, dans son roman de la belle G>risandre, Lion sur le Rosne , chez Guillaume Gcero, à la Salamandre (rarissime), dit, page 142 : « Pour belle, elle l'estoit au vray, fors qu'elle avoit un petit les tetins âapes. » D'une racine germanique flap, exprimant une chose pendante.

Flème, s. f. Paresse. On dit plus élégamment cogne. De phligma.

Fleur-de-Rome, s. f. Jacinthe. Pourquoi de Rome?

Fleuret, s. m. Fil de bourre de soie. De ce que l'on a comparé la bourre autour du cocon à une fleur. Comp. fieur^ duvet d'un fruit.

GinDE-ANE 381

QaboaiUe, s. f. Boue un peu moiiis liquide que la bassouille. D'une ladne celtique et germanique M, qui signifie mare» avec un préfixe péjoratif^.

Oaga, s. m. Stéphanob. Probablement onomatopée imiutive du bégaiement des crétins. Je ne doute pas que les Stépbands n'aient aussi un mot aimable pour qualifier les Lyonnab.

Qaillot, s. m. Flaque d'eau bourbeuse. Les ordonnances du G)nsulat obligeaient les Lyonnais k porter les équevilles dans un grand fossé appelé le Grand Caillot. On dit en commun proverbe, parlant par respect : L'dne va toujours pisser au gttQlat, pour l'eau va toujours à la rivière, l'argent va toujours aux riches. Le mot viem-il du celtique Aat7, boue ?

Qttlan, s. m. Petite ficelle, bien tordue, pour ficeler les fiardes. Probablement corruption de gaJon,

Oandoiae, s. f. Plaisanterie, spécialement avec l'idée d'en fidre accroire. Au fig., plaisanterie un peu libre. Il n'est pas convenable de conter des gandoises aux apprentisses. Parait être une forme de gandin, bourde où l'on fait « poser » l'auditeur. Gandin parait être lui-même en relation avec le bas latin gammm, raillerie.

Qapian, s. m. Employé de l'octroi. Ne s'emploie pas dans un sens aimable. « Messieurs les Gapians, s'écriait l'abbé G)mlMdot, dans un sermon à la retraite pastorale du diocèse de Gap, vous êtes les douaniers du dd 1 » En relation avec gabelle. Le mot primidf a dû être gabion,

Qsidfr-fobe, s. f. Grande armoire de noyer où les ménagères serrent le Hnge. Qpand une dame dît à son mari : « Mon ami , je vais à la garderobe, » gardez-vous de l'entendre dans le sens que les médecins attachent à l'expression.

Qaaaooille, s. f. Boue un peu plus clapotante que la gabouille. De souû, lieu bourbeux, avec le préfixe péjoratif ga.

Ottudes, s. f. pi. Grains de mais. Soupe de gaudes, soupe de £mne jaune. De l'allemand wau, plante qui sert à teindre en jaune.

Q«viot, s. m. Petit Êûsceau de sarments liés ensemble. Se rattache à cavum, « ce que peut contenir la main ».

Qnoune, s. f. Personne sotte, niaise. Se rattache à mais, de nidum,

Qobille, s. f. Petite bille avec quoi jouent les gones. De gîobicula, diminutif de gkhula,

Qodelle, s. f. Qiez nous, blé grue, avec qud l'on fait de la soupe très bonne ; mais, en réalité, la godelle est une espèce particulière de blé. Probablement de gaude, parce qu'on a vu quelque rapport éloigné de forme ou de couleur avec la gaude.

382 LES VIEILLERIES LTO>mAlSES

Oosnant, s. m. Se précède ordinairement de Tépîthète de grand. Un grand gognant^ un gnmd d^ngandé. Pourrait se rattacher, comme d^égmr^ à un coxman, de aman^ au sens de boiter.

Qone, s. m. Voyez page 68.

Qongonner, v. n. Grommeler. Par extension, se plaindre, £ûre des reproches. Les femmes s(mt en partie toutes des gongonneuses. Onomatopée, comme dans le provençal, qui dit haumboutia.

Graflgner, v. a. Égratigner. Du vieux haut allemand crapho, crochet.

Qrès, s. m. Sorte de terre fine, vernie en brun dont sont Eûtes certaines poteries. Je suppose le nom tiré de quelque particularité de l'argile employée.

Qrèaillons, s. m. pi. Scories du charbon de terre. N<xi de grésil, mab de grisUIer, diminutif de griller.

Qrillet, s. f. Fleur du muguet de mai. De la ressemblance avec un grelot, le nom de grillet s*appliquant aussi chez nous au grelot des mulets.

Qiinaer, v. n. Forme de crinstr,

Qxobe, s. f. Grosse bûche. La grobe de NoH. Au figuré, quelqu*un de lourd, qui ne se remue pas facilement. Ma femme j autant une grobe t D'où se déjgroherf se décider à changer de place. De l'allemand grob, gros, épais, arrondi.

Qroln-d'âne, s. m. Cr^de à feuille de pissenlit, barkausia taraxijolia^ On prétend que le nom vient de ce que les Anes som friands de cette plante, mais la dérivation logique ne s'expliquerait pas. Le nom d(Ht plut6t être tiré de quelque rapport de ressemblance que je ne sus pas saisir.

GroUe, s. f. Vieux soulier acculé. Traîner la groUe, n'être pas milli<MH naire. Diminutif grcUon, Un groUon à soupape, un grollon qui prend l'eau. Origine inconnue. Peut-être du vieux provôiçal crdar, de corohdare, branler, remuer, le propre de la grolle étam de clapoter, de branler.

QroB-blé, s, m. Gaude. La formation s'entend de soi.

Quimbarde, s. f. Espèce de très gros camion à hauts rebords. Origine ignorée.

Hortolage, s. m. Herbage, légumes. UbortoLoicum.

Impanissuie, s. f. Ternissure à une pièce d'étofie de soie. Parait formé sur pannum (comparez panaire), Impanissure, tache par £aute d'avoir recouvert l'objet uché.

Ingne, s. f. Araignée, jyhiranea pour aranea.

Iviogne, s. m. Pivoine. De sa belle couleur nez de buveur au soleil.

Jider, v. n. Jaillir avec force. Du germanique gds^ mouvement violent ; d'où les gàsers d'Islande, sources jaillissantes.

Lcntibttidaner, y. n. et réfléchi. Flâner. Composé de 2m/ et de hardaner^ £ût sur bardant. Se lentibardaner, marcher lentement et agréablement à la façon d'une bardane qui se promène. D'ailleurs les bardanes ne sont pas des

CCTfs.

L entioine r , v. n. et réfléchi. Flâner. Composé de 2^ et de cmery Êdt sur cane. D'où lenticaner, marcher lentement et en se balançant comme une cane» parce que le flâneur se dandine.

Levrette, s. f. Mftche, vaUriana dUoria. Je ne vois d'autre raison de ce nom sinon qu'il n'y a pas de raison.

> s. m. Poupon. Fait sur ami avec répétition en£mtine, à l'initiale, de Vm médiale.

Menette, s. f. Anse. Mot à mot petite main.

AAanide, s. f. Métier de regroUeur. Il est de la manicle signifie, par extension, « il est de la partie ». De mamcle^ morceau de cuir dont les pejus se couvrent la main pour travailler, de manus.

Mafwacie. Travailler comme un massacre^ se dit de quelqu'un qui abat beaucoup d'ouvrage. Hercule, pour épouser les cinquante filles de Danaûs, dut travailler comme un massacre.

Matefaim, s. m. Crêpe. De mater et faim.

Melachon, s. m. Mdette du cayon. C'est mâette avec substitution d'un suffixe péjoratif.

Melette, s. f. Testicule du mouton. Se donne le plus souvent au chat. Pourtant il y a des chrétiens qui le mangent en fricassée. Comme un chat entre deux melettes, se dit de quelqu'un qui ne sait à quoi se décider. Peutêtre de l'italien mdotto, pomme, de malum.

Miche, s. f. P^ de luxe de demi-livre et une livre. Quoique le mot soit au dictionnaire de l'Académie, à Paris les boulangers ne savent pas ce que

c'est. La grosse miche rebondie, divisée en deux par une raie dans toute sa longueur, se désigne par un qualificatif particulier que je n'ose rapporter id, mais que tous mes lecteurs connaissent. D'une racine germanique nâk qui, à l'origine, avait la signification de fiurine fine.

Mimi. Foin mimi. Donner un baiser. Qjiand quelqu'un venait voir mon bourgeois, la bourgeoise appelait sa petite : « Guérite, viens-tu voire ?» La Guérite arrivait en mangeant une làûc de mêlasse. « Tes toute barbouillée I » Et la bourgeoise de cracher sur un coin de son moudioir et de fixxter le museau de la Guérite avec : « Allons, te voilà bien propre, £ûs mimi au monsieur 1 » Mimi est un mot forgé par répétition de syllabes, comme les mots enfantins, peut-être avec l'intention d'imiter le bruit du baiser sur chaque joue.

Miron, s. m. Chat. Ungrostmran. Une mironne, une chatte. Onomatopée du ronronnement.

Moft qui file (la). C'était, me disait mon père, une enseigne (j'ai oublié où) qui représentait la Mort filant. Elle faisait une grimace épouvantaUe, d'où, lorsqu'on se tord la bouche et les yeux, on appelle cela faire la Mort qui file.

MutueUe (la). Nom donné aux écoles de la Société d'instruction primaire, parce que l'instruction s'y donnait sous la forme de l'enseignemem mutud.

Nalgu, s. m. Cest le sobriquet que l'on donnait aux bouchers, et qu'on leur donne encore quelquefois. De ce que jadis les bouchers avaiem sans cesse à la bouche l'exdamation rnupi, nâidiu, du vieux firançais nus aia Diu,

Pacân, s. m. Un rustre, un grossier. Dcpagamim,

Pailk ne , PaiUasse de houJanger, grande corbeille ayant la forme d'une calotte sphérique, où les mitrons portent le pain. De paille, le jonc tressé étant considéré comme une sorte de paille.

Piiiacau , s. m. Échalas. Vieilli à Lyon, tnais encore usité dans nos campagnes. D^paxeUuM,

Puiaire, s. m. Grande peau dont le canut recouvre la façure pour ne pas la ternir en travaillant. De panarium fait sur pannum.

Panet, s. m. Grappes de millet. De pankum,

Parey, s. f. Muraille. De parietem.

GUIDE-ÂKE 385

Pttteret, s. m. Hache de boucher, couteau à paitager la viande. De partare pour partùi.

PMtomde, s. f. Racine jaune, carotte. Dans la jaunisse on boit du jus de pastonade râpée, parce que c'est jaune. H semble pourtant plus naturel que de boire jaune rende jaune, comme de boire du vin rouge donne le nez rouge. De pastitiaca,

PMet, ette, adj. Lent, lambin, minutîeui. Un homme patet^ un ouvragé pata. Ceui qui veulent trop bien parier disent tm ouvragé paUtique^ mais c'est une Êiute. Diminutif /ahic&Mt. Depatittus^ Eût sur paH.

Pftti, s. m. Jabot des volatiles. Par extension estomac humain. Se mettre qmn^ matefaims sur le pati. De pastarium, £ût smpastum. Pati, ce qui renferme ce qui a été pah.

Pfttfooille, s. f. Boue dont l'épaisseur tient le milieu entre la gabouiUe et la piautre. C'est le françab patouiUe.

Psitte, s. f. Chifibn. Marchands depattes^ chiffonnier. Patte à briquet, patte qu'on £dt brûler dans le briquet et qu'on étouffe pour en £dre de l'amadou. Marchand de patte à briquet^ marchand de blanc et de rouennerie. Patte à relaver f chiffon mouillé qu'on tiem au coin de l'évier et qui sert à rdaver la vaissdle. Patte momlUe^ correction des mamis. On leur applique quelques coups de la patte à relaver sur le derrière. Vis criem comme des perdus, quoique cela ne leur £isse aucun mal. Qjiand ib ont l'âge de raison on passe an robinet. Peut-être du gothique /afi20, robe.

Pège. s. f. Poix.

Savetier^ qu'as-4u?

J'ai ta pige aUf etc.

(Vieille chanton).

Dt pica ]pouT picem.

P^Q» s. m. Regrolleur. De pège.

Ponélle, s. f. Très grand bateau k bords rectangulaires et qui a deux empeintes. De ^tncO^, parce que le bateau était en pin. Comp.^imtf, navire, et sapine, bateau qui sert au transport du sable et des pierres.

Peioentte, s. f. Vrille. Avoir les yeux en trous de perceretU, c'est le contraire d'avoir les yeux en houles de loto. Dt percer.

Pirrier ou porte-manteso, s. m. Gésier des volatiles. Dans le premier cas, de ce'qu'on y trouve souvent des pierres. Dans le second, de ce qu'étant cuit, il a la forme de l'anden porte-mameau du cavalier. Petettes, s. f. pi. Vesces. Ainsi nommées par convenance. De ^sum.

38e LSS VIEILLERIES LYONNAISES

PMafiner, v. a. Gter, abîmer, gaspiller. UnefimipaspeU^fur Us iims dm bon Dieu, c'est-à-dire gâter le pain, le fromage blanc. Dt putidam faum.

Petas, s. m. Pièce de raccommodage. Le raccommodage lui-même. Les dames qui portent des robes petassées sont des épouses précieuses. Cest une preuve d'économie et d'absence de coquetterie. Du bas latin pdacùsm, augmentatif de petium, dont l'origine est discutée.

Petite rave. Radis rouge.

Piautie, s. f. Boue tinmte. Origine inconnue. On ne peut cependant s'empêcher de rapprocher le vieux français empiârer, empêtrer.

Picarlat, s. m. Paquet de trois morceaux de branches refendues, longs, et attachés par quelques brins de paille. On avait quatre picarlats pour un sou. L'usage s'en est perdu. On les a remplacés par de petits paquets de morceaux de sapin courts. Origine obscure. La seconde partie du mot parah être car(fe)Iat, du provençal escarUlat, fendu en quatre. La première pourrait être piium, français pieu,

Picameuz, euae, adj. Qpi a de la piqueme.

Picou, s. m. Pédoncule, queue d'un fruit. Le même que le vietix français pécoul, quenouille de lit, peut-être de pedem coli, pied de cdonne.

Pied-lailli ou pas-failli, s. m. Défiiut d'une ét<^, jnovenant de ce qu'un ouvrier a pris une marche pour l'autre. Arrive surtout dans les armures.

Piottstre, s. m. Un pétras, un lourd et grossier. Semble être un sim^de assemblage de syllabes péjoratives. Le £ût est qu'en entendant ce nom de fnoustre, il ne se présente pas à l'imagination quelque chose de caphaélique.

Piqueme, s. f. Cire des yeux. De pica, pège. On a comparé l'humeur à de la pège au lieu de la comparer à de la dre, comme en fruçais. L'armoricain a de même pikous, chassieux, de pA, poix.

Pistoufle, s. m. Gros homme essoufflé. Parait un assemblage de syllabes péjoratives exprimant la lourdeur et l'essouflement. Comp. le normand patouf, même sens, et le provençal petoufias, grosse femme.

Pitrogner^ v. a. Patiner de £içon malpropre et grossière. D ne Êiut pas laisser les enfants pitrogner le pain. MU« *** disait le soir de ses noces à son mari qui voulait l'embrasser : « Monsieur, aurez-vous bientôt fini de me pitrogner? » (historique). De pisturire, pétrir, avec un suffixe cgner qui n'exprime pas la grâce.

Plot, s. m. Bloc de bois d'une très forte épaisseur sur lequel les naigus coupent la viande. Donrnrcomtne unpiot. Les plots, en effet, ne doivent pas être des camarades de lit très bougeons. D'une Tiànephc, qui se retrouve dans le celtique et dans le bas allemand, et qui signifie bloc de bois.

Poids goarmands, s. m. pi. Sorte de pois dont la cosse est tendre et se mange. Je crois qu'en français ils appellent cela des pois goulus. Cest la même idée que la n6tre. pignore si c'est parce que ces pob sont gourmands de funûer ou gourmands de beurre.

Polisse. Fairt la pdtisse, jouer par les rues et sur les places quand on est petit gone. Subst. verbal de polissonner.

Pontemu. Voyez page 19, note i.

Ponteler^ v. a. Mettre des ponteaux.

Pontiaude, s. f. Grosse femme à chairs fermes. Peut-être de pont. On a eu ridée de quelque chose de lourd et de serré conune un pont. A l'époque où le mot a été ôéé on ne £ûsait ni ponts suspendus ni ponts en fer, et un pont représente toujours une lourde masse de maçonnerie.

Poquer, v. a. Voyez page 85, ligne 13.

Portée, s. f. Divi^on de la chaîne d'une étoffe, qui comprend 80 fils. Probablement £ût par analogie avec la portée du cordier, c'est-à-dire le faisceau de fils que l'on peut étendre dans toute la longueur de l'atelier pour l'oordir dans une opération unique.

Postnme, s. f. C'est le vieux français apostume, que le françab moderne a corrompu en aposthiu. Une postumede neuf mois ^ une grossesse.

Potringue, s. f. Chétif, de constitution maladive. De ptûtem^ bouillie, puis médedne liquide, puis médicament en général. La seconde partie ritigaf peut répondre au dauphinois ringay diarrhée, de rî^are,

PoufiBasse, s. f. Grosse fenune à chairs flapes. D'un radical pouf qui exprime l'enflure, comme le pont exprime au contraire, le serré, le tassé. D'où la différence entre la pontiaude et la poufHasse.

Poule-grasse, s. f. La même chose que la bourcette. On donne aussi ce nom à une sorte de chou-rave. Comme le patois dit grâssi-polaUli ^ je ne serais pas étonné que le mot primitif fût engraisse-poulaUle, corrompu en grass^poulttûky transformé pour les besoins de la syntaxe en pouïe-grasse. Se rappeler qu'en Beaujolais on engraisse la volaille avec de l'ortie pilée mêlée à de la pomme de terre. Si l'on a employé la mâche au même usage, le mot serait expliqué.

Po u trôns, s. f. 10 Tête de carton sur laquelle les modistes font leurs bonnets. Par extension, grosse poupée. Se dit aussi des femmes légères, même si elles ne sont pas grosses. Du vieux français poutrey jument. Dont suit que le mot n'est pas une mignardise.

P îssso n , s. f. Pic ou pal en fer. Probablement métathèse de perçon , de percer.

Racine Jaune. Pastonade.

Radke, s. f. Brioche. Vieilli. Peut-être de radaHddy de radiata^ la radice, en Morvan, étant un gâteau rayé en quadrille, comme notre tourte.

Raffouler, v. n. Gongonner, ronchonner. Probablement une onomatopée. En Rouergue, roJoUfa sigmfie grogner doucement, en parlant, par res pea, des habillés de soies.

Ranctae, s. f. Rang, rangée. Forme féminine de fwig.

Rapsodage, s. m. Raccommodage. De rapsodery &it sur rapsodie, Qp(»que cette source savante soit pour étonner, j*ai peine à croire que le mot ait été tiré directement de ^<H, de ^^xxeiv, coudre ensemble.

Rate-volage, s. f. Chauve-souris. Mot composé, équivalent à sourisvolante.

Rentores. RftUuns de bas. Pieds de bas neufe rentes (pour entés) sur de vieilles jambes.

Reprocher, v. n. Donner des renvob d'estomac. VaU me reproche. Cette métaphore est très élégante. Pourtant il semble plutôt que ce soit l'estomac qui Êisse des observations.

Revendeur. Rpvetideur dégages, Mardiand de bric à brac. De ce qu'autrefois on rencontrait chez eux b^ucoup d'objets mis en gage chez les usuriers.

Ridairo. C'est le mot patob. A Lyon ruUur, Cdui-d est Eût sur rider ^ qui est une gracieuse onomaû>pée.

Riote^ s. f. Lien d'oder. De retorta^ objet tordu.

Rite> s. f. Étoupe, filasse qu'on enroule autour du piston des seringues pour qu'elles ne perdent pas le liquide. Du moyen haut allemand Kste, paquet de lin broyé.

Rognons. Avoir les rognons couverts, être riche. Métaphore empruntée an règne animal. Qjiant un cayon est bien gras, parlant par respea, il est immanquable qu'il ait les rognons couverts.

Ronchonner, v. n. Raffouler, grogner, gongonner, en y ajoutant l'idée de rabâcher. Fait sur l'onomatopée ron.

Rondin, s. m. Veste ronde.

Ronquille. Jouer à ronquiîle. Jeu d'en£mts qui se joue avec des pesouts. Forme nasalisée, tirée de roquer.

Roquer, v. a. Heurter, choquer. Une dame : «Pai débaroulé par les escaliers; je me suis roqué le bas du dos si tellement fort que je m'en suis bât des bleus au front. » Probablement du picard croker, acaocher, saisir, de croc.

Rouennier, s. m. Marchand de mouchoirs de poche et autres toiloies Êibriquées à Rouen.

R6tie, s. f. Tartine. Une râiie de mêlasse y une rôtie de confiture. Les rôties de crasse de beurre, quand on fondait du beurre à la maison, étaient délicieuses. De rôtir y parce que primitivement le nom s'appliquait à des tranches grillées; puis il s'est appliqué à toute espèce de trandies recouvertes de quelque diose de bon.

Roape, s. f. 10 Grand et long pardessus à larges manches. 20 Manteau de roulier. On avait, au xvi« siècle, le mot roupUUy même sens, qui £dt remonter à un simple roup$y probablement de l'espagnol ropa^ harde.

Sade, adj. des deux genres. Sain, salubre, bon au goût. Une poire sade. Desapidum,

Santcmiller, v. a. Agiter dans l'eau, spécialement dans l'eau sale. Du type qui a Eût somUety avec une particule son, sen^ qui exprime l'idée d'agiter de c6té et d'autre. Voy. dessempilU,

Sanon, s. m. Sciure de bob. On s'en sert pour sécher l'encre. De serrare, sder.

Saume, s. f. Anesse. Du bas latin sagma, bit ou paquet placé sur le bât.

Savoret, s. m. Os que le naigu ajoute il la viande pour augmenter le poids à payer. De saporem, parce que l'os donne censément de la saveur au bouillon.

Secoyu, secohu, s. m. Panier i salade. Répond à succutatorium,

Sellea-de-Gobeit. Sel de Glauber (historique). Il n'y a pas de mots qui soient plus facilement défigurés par nos canuts que les termes de médecine. Un de mes amb en avait relevé quelques-uns pendant qu'il était interne à l'hôpital de la Croix-Rousse : a Un vésicatoire sur l'os qui pue (occiput) ; cautériser avec de la mitraille d'argent (du nitrate d'argent) ; avec de la sur- Êice des Indes (du sulfate de zinc); avoir un cataplasme humiliant (émollient) sur le domaine (l'abdomen) ; prendre du sirop de pépins cuits à Naples (du sirop d'ipécacuanha). » Ces corruptions de termes inconnus , par rapprochement de son avec des mots connus, sont individuelles, mais la ressemblance des sons a aussi formé des mots qui ont pris rang dans le dialeae. Nous appelons ine-vieux , l'orvet (anguis fragilisa AnwiUum , d'anguis , a donné omtW, oitnvt, aniviu, dont on a £dt le fi'ançais Ane-vièux. A Craponnç, la salamandre aquatique porte le nom bizarre d*urina par la transformation suivante : vieux français balbranj plongeon, alabrena , alaurinay laurinUy lourina^ lurina et Vurina,

Sempille, s. f. Guenille, au propre et au figuré. As-te vu la Dodon avec u sordat ? — Ab, sempiUe I Voyez dessempilU.

Seifent, s. m. Ustensile en fer qui sert à tenir serrés l'un contre l'autre deux morceaux de bois pendant le temps nécessaire au séchage de la colle qui les fait adhérer. De sergent, en vieux français serviteur, comme le vàUty outil de menuiserie. Sergent est quelquefois corrompu en serre^nts par les ouvriers trop fins.

Servante, s. f. Ustenâle en fer que l'on attache à la crémaillère et où Too asseoit la poêle. Sur le choix de ce terme, comparez sergent,

Sévelée, s. f. Vidlli à Lyon, mais se dit encore dans toutes nos campagnes. Louis Garel a intitulé le recueil de ses poésies : la Sivdie, De sepelata, de sepem.

Soigner, v. a. Guetter. Que fais-tu là? ^Je soigne venir Fommbus.

Soleil, s. m. HÛianthos, tournesol. De la forme rayonnante de la fleur, qui ressemble exactement au soleil tel qu'il est repr^enté sur nos vieilles gravures.

Solette, s. f. La partie du bas correspondant à la plante du pied. De solea.

Sommier, s. f. Grosse poutre. Fait sur saume, inesse, parce que le sommier porte comme l'Anesse. Comp. poutre, jument.

Suspente, s. f. Soupente. On a nommé primitivement soupente le £iuxplancher qui était sous la pente du toit. Le faux-plancher du canut étant au contraire au dessus du plancher de l'étage, il a pris naturellement le nom de suspente, la dgnification de pente ayant été perdue de vue.

TàrâbAte, s. m. et f. Personne remuante, bouligante, turbulente. Mon Dieu que dt enfant est donc tdrdhdtel Du vieux français rabast, nom donné au bruit ùàt par les esprits et qui vient peut-être du latin du moyen âge Rahes. Rahes est une traduction du nom du lutin en Scandinavie.

Tavelle, s. f. p Bille de bois lisse sur laquelle les plieurs pour la soie enroulent les chaînes des pièces ; 20 Mie dont les voituriers se servent en façon de levier. De tabella, au sens d'ais, planchette longue.

Tinte-bien> s. m. Petit cadre en bois sur quatre pieds à roulettes, à l'aide de quoi marchent les mamis qui ne peuvent encore marcher sans liâères. Forme lyonnaise de tiens-toi^hien,

TirpiUe, s. f. Parties musculaires de la viande, qu'il £iut tirpiller pour les manger, si l'on peut. J'entendais un jour un bon canut crier par la fenêtre à sa femme qui allait à la boucherie : Fêne, prins de porpepernos et de tirpille per lo :(ifants ! Subst. verbal de tirpiller, composé de tirer etpeiUe, lambeau. Tirpiller, tirer de Êiçon à mettre en lambeaux.

GUroE-ANE 391

Tdpette, s. f. Petite fiole longue de pharmade (agiter avant de s'en servir). Du vieui haut allemand toph^ pot.

Toton, s. m. Petit joujou qu'on Eût tourner avec deux doigts. Il était formé d'un dé, traversé par une tige. Le joueur gagnait le nombre de points marqués sur la Êice où le toton tombait. Sur une fisu:e il y avait un T, qui signifiait que le joueur gagnait tout : UAum\ d'où toUm.

Trancanoir, s. m. Grand dévidoir horizontal, usité en fiibrique. De trancaner, dévider, de l'ital. stracatmare^ mot à mot Élire passer le fil sur une autre cannelle.

Ttmverse, s. f. Vent d'ouest. De ce qu'il passe en travers de la plaine du Forez.

Trois-pieds, s. m. Ustensile en fer pour placer la marmite. De ce qu'il n'a pas quatre pieds.

Truffes, s. f. pi. Ponmies de terre. De tubra pour tuher. Le nom a été appliqué par suite de la ressemblance des pommes et des truffes.

Virolet, s. m. i» Toton avec une rondelle au lieu d'un dé. 20 Petit moulin qui tourne sur une grosse noix où s'enroule un fil pour fiûre virer le moulin. 50 Autre sens que je ne puis honnêtement indiquer. Id l'étymologie doit être le limousin vtVo/, os sacrum, d'où la dépendance viroUt.

Vooxgines, voigines, s. f. pi. Sdons d'osiers et de saules au bord des eaux. Par extension les lieux où croissent des vourgines. De inrga.

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