‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 121 sur 185 · LES CLOCHERS POSES SUR L EGLISE · texte numérisé non relu

LES CLOCHERS POSES SUR L EGLISE

ÎOQ

avant-corps, et un peu en arrière le mur de façade se terminait par un clocher-pignon; sur l'avant-corps on a monté trois parois qui, reliées à la précédente, forment un clocher exigu Le plus souvent ces clochers ont été accolés à la façade, en avant de laquelle ils s'élèvent; il arrive cependant qu'ils sont sur le chœur, comme à Loupiac, ou même attenants à la façade, mais en arrière : c'est la disposition adoptée à Saint-Pey-de-Castets, où le mur Est du clocher s'appuie sur un arc handé au fond et en travers de la nef.

Les clochers posés sur l'église. — On peut ranger les clochers suivant bien des catégories différentes. L'une des classifications les plus rationnelles est basée sur les rapports du clocher avec l'église qu'il accompagne : clochers isolés, clochers partant de fond mais tangents à l'église, clochers montés sur l'église. Lorsque le clocher est superposé à l'église, une difficulté de construction se présente, provenant de ce qu'il est toujours moins long et généralement moins large que cette dernière: l'une des parois au moins porte donc sur les voûtes ou sur un arc. L'architecte de l'église de Bayas, laquelle est moderne, en vue d'alléger ce quatrième côté, l'a fait de planches et il l'a soutenu, dans la nef, par de fortes poutres. A Cazaugitat, le clocher occupe, non pas un bout, mais un angle de la nef, l'angle Nord- Ouest, et on a dû, pour le porter, construire un pilier. Ce sont des expédients. Une combinaison plus rationnelle et plus en faveur assoit le clocher sur les deux arcs doubleaux

du chœur, comme à Saint- Hilaire- du Bois 2, ou du faux transept, ce qui est plus fréquent.

Ces clochers posés sur l'église ont quelquefois une largeur suffisante pour que leurs murs latéraux s'appuient sur les murs mêmes de la nef ou sur les arcs du transept; Aillas, Saint- Martin-de-Laye, Saint-Denis-de-Piles (fig. 128), Montagne (fig. 86), Gardegan. Ils peuvent, dans ce cas, être nettement barlongs : Camarsac, Saint- Pey-de-Castets, Saînt-Sulpice, Cameyrac, La Tresne, etc. Dans d'autres églises, sans doute pour conserver au clocher un plan à peu près carré sans lui donner des dimensions démesurées, on a fait le premier étage du clocher plus étroit que la nef ou que le faux transept: les murs de flanc sont alors construits sur des arcs longitudinaux puissants et le parement extérieur de ces murs se relie par un glacis au parement extérieur des murs du rez-de-chaussée. Ce parti a été suivi dans une famille d'églises dont il a été parlé déjà et qui porte le clocher sur le faux transept : ïourtirac, Saint-Martinde-Mazerat (fig. 2o5), Saint-Vincent-de-Pertignas (fig. 257), Sainte- Badegonde. Ce dernier

Fig. 2W.

Brutails photogç, CLOCHER DE SA.I5T-AUBIK-DE-BLAIGHAC.

1. Dessins de L. Drouyn dans le Bulletin monumental, t. XXIV, p. 5oo-5o4. — 2. Ce clocher a été démoli et remplacé par un clocher-pignon qui est posé sur l'arc triomphal. Près de Saint-Hilaire, à Saint-Romain-de-Vignague, une paroi transversale charge l'arc triomphal et l'autre est à i"7o environ à l'Ouest de l'arc-doubleau oriental du chœur.

LA CONSTRUCTION : CLOCHERS, CRYPTES ET DIVERS

clocher a disparu1. Un glacis analogue se peut observer à Bayon (fig. 29) et à Saint-Romainde-la-Virvée, qui ont leur clocher à l'Ouest de la nef.

À propos des rapports du clocher avec l'église, il n'est pas superflu de signaler les trompes

placées à Barsac sur la façade, dans les angles rentrants de la tour et du mur et destinées à étrésillonner le clocher, à le solidariser avec le reste de la façade.

La Gironde ne possède pas de tour-lanterne ; ceux de ses clochers qui sont bâtis sur le transept ou sur le faux transept sont fermés du bas par une voûte qui est à peu près à la hauteur de celles de la nef et du chœur.

Les clochers isolés et les clochers accolés moîstant de fond. — Les clochers isolés peuvent être ouverts au rez-de-chaussée : celui de Saint-Émilion (fig. 1 33) a été clos après coup et l'ancien clocher de Saint- Michel de Bordeaux également. Parmi les clochers accolés à l'église, certains communiquent parfois avec elle par une simple porte : Sainte-Croix de Bordeaux (fig. 6), Villenave-d'Ornon (fig.i54), Saint-Macaire (fig. i4o), etc.

Le rez-de-chaussée du clocher d'Uzesle (fig. r 46) se réduit à un couloir et c'est le premier étage qui s'ouvre sur l'égl ise par une porte que dessert un escalier. Le bas du clocher, plus largement ouvert, forme chapelle à Cartelègue, à Gironde, à Saint- Ciers-de Canesse.

Le rez-de-chaussée des clochers constitue les deux bras du transept à Salignac; un bras à Cars (fig. 45), Villeneuve-de-Blaye (fig. 245), Saint-André de-Cubzac (fig. 121), Saint-Genès-de-Queuil, Saint-Médard-en Jallès, etc.; le chevet à Marcillac, Tresses (fig. 261), dans l'an cienne église de Macau (fig. 260) ; le porche, à Lormont, où le clocher s'élevait en i/|34 2, et en bien d'autres endroits.

On a utilise les salles de premier étage de certains clochers : on y a installé à Uzeste le trésor et à Saint-Macaire une chapelle, où il reste une piscine.

Fie. 245.

Iïrut;iils photogr.

CLOCHER DE VILLENEUVE, PRES iiLAYE.

Fig. 246.

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