‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 27 sur 185 · ÉGLISE DE BOLL1AC · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE BOLL1AC

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La porte est la plus belle que l'art de cette époque ait produite en Gironde. Sur la voussure interne sont disposés quatre Anges; sur la quatrième, quatre Vertus foulant aux pieds des Vices; deux de ces Vertus portent à gauche, suspendu à la guiche, un écu rond du haut et couvrant la moitié du corps, pareil à l'écu de la fin du \uc siècle ou du commencement du xme; l'archivolte externe porte des scènes de chasse; le reste des voussures est couvert d'une flore stylisée. Les chapiteaux, tailloirs et corbeilles, forment une frise d'entrelacs et de feuillages entremêlés de personnages et d'animaux.

Le portail de Blasimon appartient à l'école poitevine; il ressemble fort aux portails bien connus d'Aulnay 1 ou de Parthenay2. Il faut rajouter à la liste de ces portes dont l'ornementation est inspirée de la Psychomachie3. L'exécution est remarquable : la statuaire est étirée, amincie à l'excès, plus que dans les arcades latérales du porche de Moissac, presque autant que dans certaines oeuvres bourguignonnes; pour ce motif peut-être, les corps immatériels des Vertus et des Anges produisent un effet surprenant. Quant à la sculpture décorative, la vigueur du modelé, la multiplicité des côtes et des perles donnent une extraordinaire impression de richesse et d'éclat.

Les pentures, dont la technique offre de l'intérêt, ont été publiées par Viollet-le-Duc-1.

Les bâtiments claustraux sont en ruine. Certaines parties forcent l'attention: dans une fausse porte, la tête de l'arc est ornée de deux tores entre lesquels sont rangés des losanges et l'archivolte d'extrados est semée de pointes de diamant. Tout à côté est un groupe de chapiteaux étrange et troublant : le bas de la corbeille porte des plissements, qui font songer à un buste de chair enfermé dans un corselet de toile.

Bouliac, arrondissement de Bordeaux, canton de Carbon- Blanc. — Eglise paroissiale. Vocable saint Siméon. Décimateur:

l'abbé de Bonlieu.

Celte église a une nef lambrissée, dont la charpente a été jadis apparente 5, un chœur et une abside voûtés, le premier en berceau, la seconde en cul-de-four. Les murs goutlerots de ce chœur et de cette abside ont été surélevés, vraisemblablement au xiv' siècle, pour loger les défenses entre voûte et toit, et les murs goutterots de la nef ont été surmontés d'un

parapet crénelé15. fig, vue de l'église de bol-uac.

i. R. de Lasteyrie, Gazette archéologique, 1886, pp. 28G et suiv. — 2. Bélisaire Ledain, La Oâtine historique et monumentale, pl. i4. — 3. Mâle, L'Art religieux du Mil' siècle, 2e éd., p. 129. — h. Dictionnaire d'architecture, l. VIII, p. 299. Ce sont les ferrures attribuées par \ iollel-lc-Duc à une localité du nom de Blazincourt, qui n'existe pas. — 5. Cirot de La Ville, L'église Saint-Seurin, p. 2G7. — 6. Compte-rendu des Monuments historiques, 1 855, p. 6, avec une coupe en travers, une élévation Nord, un plan et le détail d'une fenêtre de l'abside.

Bl'UtailS plïotOgr.

MONOGRAPHIES

Les fenêtres de la nef ont été modifiées ou restaurées, je ne sais pas au juste, au cours de travaux exécutés vers i865 et qui ont compris, entre autres, la construction d'un

clocher à flèche, à la place du clocher fortifié gothique. Sous le clocher s'ouvre ia porte romane.

Bouliac vaut surtout par la décoration .

Le chevet possède, à l'intérieur, des chapiteaux historiés curieux1 ; à l'extérieur, de jolies fenêtres et une corniche sur colonnes engagées et sur modillons. La corniche se poursuit sur

les faces Sud et Nord. La porte a trois paires de colonnetlcs; certains fuis, qui ont été refaits, reproduisent les cannelures en spirale ou en hâtons brisés que Drouyn signalait en i85o.

lirulails photogr.

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Cadarsac, arrondissement et canton de Libourne. Décimateur: le commandeur du Temple de Bordeaux.

Kglise paroissiale. Vocable: sainte Eulalic.

L'église de Cadarsac abrite une source dédiée à saint Antoine. Elle reproduit le type des églises bâties par l'ordre de Malte, mais avec une variante, qui provient de ce que l'édifice a

été, vers le déclin de la période gothique, agrandi d'une chapelle latérale et remanié.

La nef appartient aux environs de l'an 1200. C'est un vaisseau rectangulaire, couvert d'une voûte en berceau brisé sur doubleaux et divisé en trois travées, dont la longueur va en diminuant de l'Ouest à l'Est. Les colonnes engagées qui portent les doubleaux et délimitent les travées sont coiffées de chapiteaux à feuillages stylisés formant crochets. La voûte fut endommagée par le tremblement de terre du 10 août 1759% et les réparations de l'édifice figurent pour livres sur un état de l'exercice 1768^.

1. L, Drouyn, Choix des types, a gravé quatre de ces chapiteaux. — •>. Fonds de Malte, registres des visites de 1709 et 1773. — 3. C 37ijcj. Le bailli de Flcury avait l'ait réparer la voile du sanc tuaire (Fonds de Malte, registre des visites de 1772, fol. 63).

Fig. 43.

l'I \ \ DE L EGLISE DE CADARSAI

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