‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 45 sur 185 · V.RI : \ I I llli DU CHEVET · texte numérisé non relu

V.RI : \ I I llli DU CHEVET

1. On peut voir le développement de cette ornementation dans l'une des planches dont M. Piganeau a accompagné sa monographie de Moulis (Société archéologique, t. V, pp. û-27).

MONOGRAPHIES

doubles aussi leurs chapiteaux; dans L'abside, l'arcature supérieure a des colonnelles doubles et d'autres supports qui comprennent un pilastre accosté de colonnettes; les arcs inférieurs de l'abside se croisent, suivant une combinaison très usitée en Normandie. Ces arcs croisés

n'ont pas d'archivolte d'extrados et l'effet n'en est pas précisément heureux; ils retombent sur des chapiteaux tournés.

Les arcs du chevet de Moulis ont, en abondance, des bâtons brisés, dont l'usage est, on le sait, l'un des caractères de l'école normande. Le motif de la corniche supérieure — festons bordés d'un grain d'orge et rangés en deux files opposées — n'est pas d'un emploi courant dans nos pays. La sculpture des chapiteaux du chœur est non moins suggestive : certains félins, la façon dont ils se présentent et dont la musculature est traitée, ou certains oiseaux montés sur des quadrupèdes qu'ils becquettent, dénotent des inlluences orientales appréciables.

A l'extérieur, le chevet de Moulis est divisé en travées par des faisceaux de trois colonnes ou plutôt par une colonne engagée sur un pilastre dont les arêtes sont arrondies; au point où l'abside se raccorde au chœur, ce support est remplacé par un contrefort plat qui a deux ressauts du côté de l'Est. Les uns et les autres concourent avec des modillons à porter la corniche, qui ressaute au-dessus de la colonne, de façon à former tailloir sur le chapiteau. L'un des chapiteaux, visible sur la figure ci-contre, est décoré Fig. 8g. — \i i: de l'abside, d'arcalures portant des dômes à écailles. Un cordon

mouluré court à hauteur de l'appui des fenêtres, formant bague sur les divers supports. Les fenêtres, ébrasées vers l'intérieur, sont, sur leurs deux faces, accompagnées d'une paire de colonnettes.

La façade Ouest a deux étages: en bas, une porte à quatre voussures en plein-cintre, accostée de deux fausses portes petites et resserrées, le tout de style roman; en haut, trois arcs aveugles du \i\ siècle, avec archivoltes, impostes et tailloirs ornés de feuillages. Les pcntures de la porte ont été publiées par Viollet-le-Duc '. Le jambage Sud présente un bénitier à portée de la main droite des fidèles qui entrent dans l'église.

L'église de Moulis est surtout connue par ceux de ses détails qui sont empruntés à l'art normand; on y a vu une preuve de l'expansion de cet art dans nos pays. L'influence normande est réelle, mais elle est superficielle et médiocre : elle se borne à l'adoption d'un motif' — les arcs entrecroisés, — car les bâtons brisés sont fréquents dans les monuments girondins. Dans l'ensemble, l'église de Moulis n'est guère plus normande qu'orientale; elle est bordelaise3.

i. Dictionnaire d'architecture, t. VIII, p. sgg. Un devis de 1 853 prévoil une dépense de 65 franrs pour la « ferrure de la grande porte de l'église, si relie existante ne peut être utilisée». On m'a raconté, à Moulis, que les pentures ont été refaites sur le modèle des anciennes. — 2. Il y a des socles ronds dans l'arcature du chevet ; mais Drouyn dit dans ses Notes qu'ils ne sont pas anciens. — On trouvera une brève notice sur Moulis, avec plan, élévation Est et Ouest et coupe en long, dans le Comble-rendu des Monuments historiques de i8'ig, pp. 10 - 1 1 .

ÉGTjTSE de parsac

l'IG.

PUS l»R L EGLISE DE PARSAC.

Parsac, arrondissement de Libourne, canton de Lussac. — Eglise paroissiale. Vocable: Notre-Dame. Décimateur: le chapitre de Saint-Kmilion.

Notre-Dame de Parsac est une de ces églises que l'on a remaniées pour substituer des voûtes à une couverture plus légère. Elle a, d'ailleurs, été construite en plusieurs fois. Il n*est pas facile de déterminer l'ordre de ces divers travaux ; mais on peut affirmer que la nef a été après coup renforcée de piliers à l'intérieur, de contreforts à l'extérieur; que les murs de ladite nef ont été, à la même époque, exhaussés depuis la corniche inférieure jusqu'à la corniche supérieure.

Il est certain, également, que l'abside actuelle a remplacé une abside plus ancienne ou

peut-être un chevet plat. Enfin, le clocher, d'une autre date que la nef et que l'abside, est

vraisemblablement postérieur à la nef:

la gaucherie qui choque l'œil dans la face Nord de la tour s'expliquerait de la sorte, par la nécessité de se raccorder aux murs de flanc de l'église.

Les voûtes tournées sur la nef sont en berceau brisé à doubleaux.

Les piles élevées pour porter ces voûtes sont coiffées de chapiteaux cubiques. On remarque sur

le plan que les piles correspondent, mal aux fenêtres du côté Nord, plus étroites et plus hautes que la fenêtre du côté Sud, laquelle est d'apparence moderne.

BrulailS pholoiir.

Via. 91. — \ 1 iî de l'angle nord-ouest

Page 1