UNT-M «ITIN-DE-MAZERAT
Radegonde, Saint-Martin de-Mazerat (fig. 180), etc., possède, en avant du chœur ou de l'abside, une travée aux angles de laquelle s'élèvent de puissants dosserets intérieurs portant clocher. Cette travée fait figure de transept ; c'est un pseudo-transept.
La nef. — La longueur de nos églises est variable. Drouyn pensait que les travées de la nef étaient très rarement en nombre pair 1 . Dans deux églises à transept, la nef n'était pas plus longue que chacun des bras et l'ensemble rappelait une croix grecque : ces églises sont Saint-Denis-de-Piles (fig. 127) et Pondaurat, qui est du xive siècle. Les deux nefs ont été accrues d'une travée pendant le siècle dernier.
On peut rencontrer, comme à Daubèze et à Massugas (fig i64), des nefs plus étroites que le chœur, sans doute par suite de modifications; mais le contraire, nous l'avons vu, est beaucoup plus fréquent : la
partie Est de l'édifice est voûtée et, partant, plus resserrée; la nef, qui était rarement sous voûte, est plus ample : Saint-Martinde-Lerm a un chœur de 5m8a et une nef de 7"' 46 ; Mouliets, un chœur de 5m 54 et une nef de 7"' 58; Artigues, un chœur de 5"' 46 et une nef de 71" 76 ; Sainte-Gemme, un chœur de 5'"9o et une nef de 10 mètres. Cette largeur de nef est dépassée à Saint- Caprais (fig. i8oiîS), où j'ai mesuré io'"45, à Saint-Jean-de-Blaignac, 10"' 80, et nous savons par L. Drouyn :* que la nef de Quinsac atteignait des dimensions à peu près égales. Celle de Gironde a 11 mètres.
Le clocher. — Le clocher intéresse le plan de l'église, soit qu'il monte de fond, soit qu'il ait fallu renforcer la partie de l'édifice qui le porte. C'est ainsi que le pseudo transept de la région de Castillon s'explique par la présence du clocher, et en Bazadais, pour assurer les clochers-pignons contre le vent, qui tend à les renverser, on les a solidement assis sur un mur très épais (fig. 181) ou on les a munis de contreforts vigoureux. Cette préoccupation et le désir de multiplier les voussures dans les portes ont entraîné les constructeurs à donner au mur Ouest de certaines églises une telle force qu'elle surprend quelque peu : à Jugazan, ce mur n'a pas moins de 2'" 3o d'épaisseur.
Les clochers isolés sont-ils dus à une très ancienne tradition? Il semble plutôt qu'on doive les attribuer à des circonstances locales: le clocher de Saint-Émilion a été élevé au-dessus de l'église souterraine; celui de Saint-Michel de Bordeaux a été greffé sur un charnier préexistant.
1. Variétés girondines, t. 111, p. /jg. — 2. Variétés girondines, t. II, p. 90, note 6; Revue catholique, 1880, p. 3oo.
Brutails delin.