‹ Les Vies Des Hommes Illustres Grecs Et RomainsChapitre 15 sur 43 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

falut mettre à bon esciant la main à la besongne, il se trouva un tressuffisant capitaine, ainsi que le tesmoignerent ses eJfectSy attendu que par voyes d armes toutes contraires il desfeit les deux plus puissans, plus redoubte:^^

s et plus grands princes qui fussent lors en tout V Orient. Car son entendement fut si vif, son soing si vigilant, et son courage si bon qu'il n'eut point besoing dulong apprentissage, ny de la grossière discipline d'usage. Et encore que je confesse qu il se soit trouvé des gouverneurs et capi-

10 taines, qui par la seule vigueur de leur nature aidée de longue rotine d'usage ont fait de belles et grandes choses. Ion ne me sçauroit aussi nier que s'il:^ eussent adjousté à ces dons de nature la cognoissance des lettres et la lecture des histoires, Ht^ rien eussent peu faire de beaucoup plus

1$ grandes, et qijiil'^ n'en eussent esté de beaucoup plus parfaits, Pource qu'à la perfection de ceste suffisance de bien gouverner en paix ou en guerre, il y a trois choses nécessairement requises, comme en toute autre excellence d'art ou de science, la nature, l'art et Vexer citation. La

20 nature, au propos que nous traittons, fournira d'un bon sens naturel, d'un corps bien composé pour endurer tout travail, et d'aune bonne voulunté de se faire valoir : l'art contribuera le jugement et la cognoissance acquise par les exemples et sages discours leus et releus es bonnes his-

2$ toires : et l'exercitation donnera la promptitude, l'asseurance et la facilité de les mettre à exécution. Car pi udence quoy qu'elle régisse l'action, est neantmoins vertu de Ventendementy qui enseigne le poinct du milieu, auquel consiste toute louable action entre deux vicieuses extrémité^

30 du peu et du trop : et qui s'attent à l'acquérir par rotine

1 5 : A : perfaits

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