‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 115 sur 403 · LES MÊMES, CALAF · texte numérisé non relu

LES MÊMES, CALAF

CALAF, vivement.

Arrêtez! ô ciel! qu'allez-vous faire?

OURS-KAN

Punir un téméraire , Obéir à nos lois.

CALAF, bas.

Et tout perdre à la fois.

(montrant xVll-Baba.)

C'est une fortune certaine Que le ciel nous amène...

Sa rançon nous vaudra Celle d'un roi, car... c'est Ali-6aba!

TOUS , à uii-voix

Quoi! le fameux Ali-Baba!

OURS-KAN, bas.

Celui dont tout à l'heure

P4 ALI-BABA

Nous n'avons pu surprendre la demeure!

(Ils se parlent :bas.)

ALI-BABA, bas à saillie.

Qui les arrête?

DÉLIE, bas.

Ils parlent bas.

ALT-BABA et DÉLIE.

A notre sort nous n'échapperons pas!

OURS-KAN , bas à ses gens.

Silence!

(Les brigands se relirenldecôlé.) (à Ail-Baba.) Approche, maudit juif. .. infernal usurier ! Ta tête ici devrait payer Ton audace et ton insolence.

Ce n'est donc pas assez De tous tes trésors entassés!

A nos dépens ta soif du 2;ain s'exerce , Et c'est ainsi que tu fais le commerce ! Nous en aurons raison...

Tu ne nous quitteras qu'en payant ta rançon...

ALI -BABA, effrayé.

Gomment?

OURS-KAN

Et celle de t^ fille.

J'avais d'abord d'autres projets ; Mais avant tout nos intérêts.

ALI-BABA, prenant un air piteux.

D'un pauvre père de famille Que la misère accable... eh ! que veut-on encor?

OURS-KAN

De l'or! de l'or!

ACTK m, SjCKNK VII. 55

ALI-BABA

Je n'ai plus rion.

De l'or! de l'or!

La feinte est inutile.

ALI-BABA

Eh bien! en faisant un efl'ort...

Et s'il faut cent sequins...

OURS-KAN , vivement.

Il nous en faut cent mille !

CALAF

Deux cents!

OURS-KAN

Trois cents!

ALI-BABA, se n'crianl.

Trois cents !

OURS-KAN

Et sur-le-champ.

ALI-BABA, furieux, à Calaf.

Ah ! traître !

Pourquoi m'as-tu fait connaître?

(à Ours-Kan.)

Où prendre tant d'argent?

OURS-KAN

11 le faut... à l'instant...

Eh bien!...

1' JNJL.

ALI-BABA, d'un air dccid»'-.

Non, non, non, non, non, point d'aflaire! Tuez-moi là!

Je le préfère...

Du moins mon or me restera.

56 ALI-BABA

OL'RS-KAN , étonné.

y penses-ti

Non , point d'affaire !

CALAF

Quel entêté !

ALI-BABA

Tuez-moi làî

OURS-KAN

Mais songe donc...

ALI-BABA

Je le préfère...

Du moins mon or me restera.

DÉLIE

Eh quoi! pour vous sauver, mon père....

ALI-BABA

Je ne vaux pas mille sequins.

CALAF, lui monlranl Délie.

Et pour une fille si chère...

ALI-BABA, ému.

Je suis navré de ses chagrins...

(hésitant.)

Mais... mais... trois cent mille sequins! INon, non, non, non, non, point d'affaire!

Tuez-moi là !

Je le préfère. ..

Du moins mon or me restera.

ENSEMBLE

ALI-BABA. DÉLIE, à son père.

Tuf'z moi là ! je le préfère, CéJe/, cédez à ma prière :

Mon or du moins me restera! Songez (|u'iin refus nous perdra!

ACTEIII,SCENEVI1. 57

OURS-KAN et CALAF.

Quel entêté! crains ma colère!

Ton argent seul te sauvera !

ALI-BABA, désolé.

Ce qu'on m'a pris devrait sutBre...

Jusqu'à ces bannes de Moka!...

Mes cafés!...

OURS-KAN

On te les rendra...

Mais chez toi tu vas nous conduire, Dans ton château.

ALl-BABA, alarme.

Chez moi !

OURS-KAN

C'est là que nous voulons Compter ensemble et recevoir nos fonds.

ALI-BABA, furieux et hors de lui.

Dans mon château vous introduire !

Pour me voir pillé... dévasté!

Pour me réduire

A la mendicité...

Pour perdre en un instant ce qui ma tant coi'ité!..

(avec plus de force.)

Non, non, non, non, non. point d'affaire î

Tuez-moi là !

Je le préfère.. .

Du moins mon or me restera.

OURS-KAN , avec un geste de fureur.

Eh bien!..

CALAF, bas, en le retenant.

Prenez-y garde... il se laisserait faire,

OURS-KAN, se radoucissant.

Rassure-toi;

58 ALÏ-lîABA,

Je serai seul... jp n coin)cne avec moi Que mon caissier pour toucher notre urgent. Rien que nous deux... es-tu content?

ALI-BABA

l|ie^^ qup vous deux ?

Je r^iwe mieux...

Et les autres?...

OURS-RAj^jl , faisant pjgne à Tliamar.

Ils vont partir Pour tenter une autre aventure, Une affaire qui paraît sûre.

ALI-BABA, à part-

S'ils pouvaient n'en pas revenir!

orns-KAN.

Pendant ce temps.

Comme deux j^ons u^archai^ds Qui viepoept souper avec toi,

Tu nous Gçn.duis, Calaf et moi...

Tu nous paieras... nous couperons...

Et nos comptes faits... np«s partons.

ALI-BABA, Iiâsitanit.

Soit! S'il n'est pas d'autres moyens... Mais... jnais... (trois mille requins!...

CHŒUR, le menaçant.

Ah ! c'en est trop , décide-toi , Ou bien il y va de ta vie!...

DÉLIE , effrayée.

11 V con.seuf !••• oui» j I^Jfiin^S^ ^^ f^' ' ALI-BABA, ilcsalé.

Quoi ! par mon propre sang notre cause est trahie ! Tls sont tous contre moi!

ACTK III, SCflNE VIT. 5o

OURS-rKAJM , tws à TJiamar.

Vous entendez?... de la prudence!

THAMAR , basàOur.s-Kan.

Cloinpjtez siir JOotre obi^^^ssance, ENSEMBLE.

OURS-KAN et ÏHAMAR. CAlAF, A part.

De la prudence. Mais quel mystère?

Du silence, Quevontils faire?

Et le succès Si je pouvais

Couronne nos projets! Surprendre leurs projets!

(Timniar va pai-îer bas au chœur.)

OURS-KAN

Allons l amis, prenez vos armes.

(bas à Thamar.)

Par lin autre chemin...

THAMAR, bas.

J'ai compris les projet^.

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