LES MÊMES, CALAF
CALAF, vivement.
Arrêtez! ô ciel! qu'allez-vous faire?
OURS-KAN
Punir un téméraire , Obéir à nos lois.
CALAF, bas.
Et tout perdre à la fois.
(montrant xVll-Baba.)
C'est une fortune certaine Que le ciel nous amène...
Sa rançon nous vaudra Celle d'un roi, car... c'est Ali-6aba!
TOUS , à uii-voix
Quoi! le fameux Ali-Baba!
OURS-KAN, bas.
Celui dont tout à l'heure
P4 ALI-BABA
Nous n'avons pu surprendre la demeure!
(Ils se parlent :bas.)
ALI-BABA, bas à saillie.
Qui les arrête?
DÉLIE, bas.
Ils parlent bas.
ALT-BABA et DÉLIE.
A notre sort nous n'échapperons pas!
OURS-KAN , bas à ses gens.
Silence!
(Les brigands se relirenldecôlé.) (à Ail-Baba.) Approche, maudit juif. .. infernal usurier ! Ta tête ici devrait payer Ton audace et ton insolence.
Ce n'est donc pas assez De tous tes trésors entassés!
A nos dépens ta soif du 2;ain s'exerce , Et c'est ainsi que tu fais le commerce ! Nous en aurons raison...
Tu ne nous quitteras qu'en payant ta rançon...
ALI -BABA, effrayé.
Gomment?
OURS-KAN
Et celle de t^ fille.
J'avais d'abord d'autres projets ; Mais avant tout nos intérêts.
ALI-BABA, prenant un air piteux.
D'un pauvre père de famille Que la misère accable... eh ! que veut-on encor?
OURS-KAN
De l'or! de l'or!
ACTK m, SjCKNK VII. 55
ALI-BABA
Je n'ai plus rion.
De l'or! de l'or!
La feinte est inutile.
ALI-BABA
Eh bien! en faisant un efl'ort...
Et s'il faut cent sequins...
OURS-KAN , vivement.
Il nous en faut cent mille !
CALAF
Deux cents!
OURS-KAN
Trois cents!
ALI-BABA, se n'crianl.
Trois cents !
OURS-KAN
Et sur-le-champ.
ALI-BABA, furieux, à Calaf.
Ah ! traître !
Pourquoi m'as-tu fait connaître?
(à Ours-Kan.)
Où prendre tant d'argent?
OURS-KAN
11 le faut... à l'instant...
Eh bien!...
1' JNJL.
ALI-BABA, d'un air dccid»'-.
Non, non, non, non, non, point d'aflaire! Tuez-moi là!
Je le préfère...
Du moins mon or me restera.
56 ALI-BABA
OL'RS-KAN , étonné.
y penses-ti
Non , point d'affaire !
CALAF
Quel entêté !
ALI-BABA
Tuez-moi làî
OURS-KAN
Mais songe donc...
ALI-BABA
Je le préfère...
Du moins mon or me restera.
DÉLIE
Eh quoi! pour vous sauver, mon père....
ALI-BABA
Je ne vaux pas mille sequins.
CALAF, lui monlranl Délie.
Et pour une fille si chère...
ALI-BABA, ému.
Je suis navré de ses chagrins...
(hésitant.)
Mais... mais... trois cent mille sequins! INon, non, non, non, non, point d'affaire!
Tuez-moi là !
Je le préfère. ..
Du moins mon or me restera.
ENSEMBLE
ALI-BABA. DÉLIE, à son père.
Tuf'z moi là ! je le préfère, CéJe/, cédez à ma prière :
Mon or du moins me restera! Songez (|u'iin refus nous perdra!
ACTEIII,SCENEVI1. 57
OURS-KAN et CALAF.
Quel entêté! crains ma colère!
Ton argent seul te sauvera !
ALI-BABA, désolé.
Ce qu'on m'a pris devrait sutBre...
Jusqu'à ces bannes de Moka!...
Mes cafés!...
OURS-KAN
On te les rendra...
Mais chez toi tu vas nous conduire, Dans ton château.
ALl-BABA, alarme.
Chez moi !
OURS-KAN
C'est là que nous voulons Compter ensemble et recevoir nos fonds.
ALI-BABA, furieux et hors de lui.
Dans mon château vous introduire !
Pour me voir pillé... dévasté!
Pour me réduire
A la mendicité...
Pour perdre en un instant ce qui ma tant coi'ité!..
(avec plus de force.)
Non, non, non, non, non. point d'affaire î
Tuez-moi là !
Je le préfère.. .
Du moins mon or me restera.
OURS-KAN , avec un geste de fureur.
Eh bien!..
CALAF, bas, en le retenant.
Prenez-y garde... il se laisserait faire,
OURS-KAN, se radoucissant.
Rassure-toi;
58 ALÏ-lîABA,
Je serai seul... jp n coin)cne avec moi Que mon caissier pour toucher notre urgent. Rien que nous deux... es-tu content?
ALI-BABA
l|ie^^ qup vous deux ?
Je r^iwe mieux...
Et les autres?...
OURS-RAj^jl , faisant pjgne à Tliamar.
Ils vont partir Pour tenter une autre aventure, Une affaire qui paraît sûre.
ALI-BABA, à part-
S'ils pouvaient n'en pas revenir!
orns-KAN.
Pendant ce temps.
Comme deux j^ons u^archai^ds Qui viepoept souper avec toi,
Tu nous Gçn.duis, Calaf et moi...
Tu nous paieras... nous couperons...
Et nos comptes faits... np«s partons.
ALI-BABA, Iiâsitanit.
Soit! S'il n'est pas d'autres moyens... Mais... jnais... (trois mille requins!...
CHŒUR, le menaçant.
Ah ! c'en est trop , décide-toi , Ou bien il y va de ta vie!...
DÉLIE , effrayée.
11 V con.seuf !••• oui» j I^Jfiin^S^ ^^ f^' ' ALI-BABA, ilcsalé.
Quoi ! par mon propre sang notre cause est trahie ! Tls sont tous contre moi!
ACTK III, SCflNE VIT. 5o
OURS-rKAJM , tws à TJiamar.
Vous entendez?... de la prudence!
THAMAR , basàOur.s-Kan.
Cloinpjtez siir JOotre obi^^^ssance, ENSEMBLE.
OURS-KAN et ÏHAMAR. CAlAF, A part.
De la prudence. Mais quel mystère?
Du silence, Quevontils faire?
Et le succès Si je pouvais
Couronne nos projets! Surprendre leurs projets!
(Timniar va pai-îer bas au chœur.)
OURS-KAN
Allons l amis, prenez vos armes.
(bas à Thamar.)
Par lin autre chemin...
THAMAR, bas.
J'ai compris les projet^.